Je me souviens… Je me souviens d’un débat sur l’identité nationale. Je me souviens surtout de son intitulé. Je m’en souviens mais j’ai tout oublié. Je me souviens que cela semblait important mais je ne sais pas pourquoi. Je me souviens qu’il y avait de bons français et que l’on ferait tout pour que les autres le deviennent. Mais qui s’en souvient ?
Est-ce pour cela que JF Copé juge important de lancer un débat sur la laïcité comme l’on jette une pierre dans une vitrine ? Que nous dit JFC « Il s'agit d'un débat qui est initié par l'UMP, qui porte sur la laïcité, qui a d'ailleurs toujours porté sur la laïcité ». Pourquoi ce sujet plutôt que la politique fiscale, la politique étrangère, la politique éducative, citoyenneté et précarité…JFC nous répond qu’il « initie » des débats sur des sujets qui préoccupent les français. S’il y en a bien un qui sait ce qui nous préoccupe c’est JFC. Il nous connait tellement bien le JFC qu’il sait que ce n’est pas la laïcité qui nous préoccupe. A l’origine de son initiation il précisait "Nous allons organiser un débat autour de la thématique qui est la suivante : comment organiser l'exercice des cultes religieux. (...) Ce débat comportera deux parties, une première sur les cultes religieux en France et leur compatibilité avec les lois de la République, et une deuxième partie sur la question de l'islam de France. Comment organiser l'exercice des cultes religieux." Mais quels sont donc ces cultes religieux qui ne sont pas organisés ? Comme tout bon énarque, le JFC nous le fait en deux parties. D’abord les cultes religieux et ensuite… Et il ajoute qu’il s’agit de "poser un certain nombre de problèmes de fond sur l'exercice des cultes religieux, singulièrement le culte musulman, et sa compatibilité avec les lois laïques de la République" Singulièrement, dit-il. Il s'agit encore et toujours de désigner.
Pour ce qui me concerne, je sais que JFC est en campagne électorale depuis trois ans pour l’élection de 2017.
Et pour terminer, qui a dit:
" Moi, je veux aller plus loin : je ne veux pas de minarets, pas d'appels à la prière dans l'espace public, pas de prières dans la rue".
mercredi 2 mars 2011
mardi 1 mars 2011
Erosion
Une seule pensée et tout se désagrège
Les rires, les caresses ont quitté la plage
Comme le sable emporté par la vague
Je cède, me laisse envahir par la fatigue
Le vent me rappelle que je suis en vie
Ce n’était peut-être qu’un simple cri
Une lumière sur une vie d’illusions
Je laisse au large s’éloigner mes passions
Soudain plus rien n’a d’importance
Toutes les couleurs perdent leurs nuances
S’effacent mes désirs et mes promesses
Je sais qu’un jour je ne chercherai plus sans cesse
Les rires, les caresses ont quitté la plage
Comme le sable emporté par la vague
Je cède, me laisse envahir par la fatigue
Le vent me rappelle que je suis en vie
Ce n’était peut-être qu’un simple cri
Une lumière sur une vie d’illusions
Je laisse au large s’éloigner mes passions
Soudain plus rien n’a d’importance
Toutes les couleurs perdent leurs nuances
S’effacent mes désirs et mes promesses
Je sais qu’un jour je ne chercherai plus sans cesse
lundi 14 février 2011
Y a pas de raison
Notre premier ministre, de passage à Riyad, a tenu à justifier ses vacances en famille passées en Egypte au frais d'un dictateur en affirmant :
"Le président Mitterrand s'est rendu à de nombreuses reprises à l'invitation de M. Moubarak en Egypte, le président Chirac s'est rendue à de nombreuses reprises à l'invitation de M. Moubarak en Egypte, le président Sarkozy s'est rendu en Egypte à l'invitation de M. Moubarak"
Puisque les autres l'on fait, pourquoi pas moi et on ne peut surtout rien me reprocher.
La règle, à maintes fois rappelées par nos dirigeants, est de ne jamais évoquer nos affaires intérieures à l'étranger. Et pourtant...
"Le président Mitterrand s'est rendu à de nombreuses reprises à l'invitation de M. Moubarak en Egypte, le président Chirac s'est rendue à de nombreuses reprises à l'invitation de M. Moubarak en Egypte, le président Sarkozy s'est rendu en Egypte à l'invitation de M. Moubarak"
Puisque les autres l'on fait, pourquoi pas moi et on ne peut surtout rien me reprocher.
La règle, à maintes fois rappelées par nos dirigeants, est de ne jamais évoquer nos affaires intérieures à l'étranger. Et pourtant...
jeudi 3 février 2011
A tous les hommes du même sexe

Je me demande toujours à quoi je pense sous la douche. C'est en prenant la serviette, le corps encore luisant, que je me dis que j'y serai attentif la prochaine fois. J'ai fini par croire que je ne pensais à rien. Je n'en suis pas convaincu. En revanche, je sais ce que je fais sous la douche. Je pense vous l'avoir déjà raconté. Le temps passé sous le jet est principalement consacré à me laver. Je savonne mon corps, quoi d'autre, toujours dans le même ordre. Le torse, le ventre, les dessous de bras que je préfère à aisselle, les bras et ensuite j'attaque le centre névralgique de mon intimité. Attaquer est peut-être un terme un peu brutal mais d'aucuns, dont je ne fais plus partie, considère leur sexe comme une sorte d'arme de jouissance massive. Alors que...
Alors que là n'est pas l'essentiel. Si l'on en croit les témoignages suivants, on constate que certains en ont pris conscience. .«Parfois, j’ai l’impression que ma queue ne sert plus à rien», «A quoi bon l’avoir grosse si elle ne procure aucun plaisir?», «Quand on voit les statistiques sur l’orgasme féminin, ça fait débander direct…»
Ces hommes qui ont compris que “La pénétration peut être source de plaisir, voire d’orgasme pour les femmes, mais ce n’est ni systématique ni obligatoire, contrairement à ce qui était affirmé avant que l’accès à l’information en matière de sexualité se démocratise (…) Une langue un peu habile, des doigts judicieusement placés ou un sextoy bien conçu apportent confirmation que le clitoris est bien la star de l’orgasme féminin.”
A suivre
Il revient au galop
Ce matin, à l'heure où ne blanchit plus la campagne, j'attendais le bus dans l'abri bus, lieu dans lequel le nombre d'activités proposées est réduit. Il est possible de lire et de relire les horaires, les tarifs. Vous avez tout le loisir de découvrir l'itinéraire sur le plan. Vous pouvez compter le nombre de mégots, de chewing gum écrasés. Il peut aussi être intéressant de détailler les autres usagers. Certains amènent leur propre activité. Vous avez les fumeurs, les cracheurs, les deux en un qui cumulent. Plus rares et plus personnels, il m'est arrivé de côtoyer des pourvoyeurs et pourvoyeuses de flatulences et autres manifestations de digestion en bonne voie. L'occupation la plus pratiquée est l'observation attentive de l'horizon avec l'espoir d'y voir apparaître le bus.
Ce matin rien de tout cela. J'étais seul à attendre. Lorsqu'il en est ainsi, je regarde le panneau publicitaire, qui se trouve sur la partie droite de l'abri. L'affiche du jour vantait une crème Nivéa du nom de "Pure et natural". Il faut prononcer pioure puisqu'il s'agit d'une campagne internationale, l'anglais s'impose donc. Mais je lis et comprends pure et naturel. Je me suis demandé quel était le sens du mot naturel et j'ai trouvé "qui n'est pas modifié par l'intervention de l'homme" Faut-il comprendre que cette crème existe telle quelle dans la nature? Je me suis ensuite intéressé à pure qui veut dire "sans mélange, sain, propre, non pollué, non vicié" Donc, Nivéa récolte la crème dans la nature et la conditionne dans un milieu aseptisé.
Mais, continuant ma lecture, je découvre que la crème pioure et naturelle est à 95% d'origine naturelle (94% dans la version anglaise). 95%. Si Nivéa tient à ce que nous le sachions c'est que c'est certainement remarquable. Pourtant, sitôt lu une question s'impose: qu'en est-il des 5%? Si je comprends bien, ces 5% ne sont pas naturel, ce qui veut dire que la crème n'est ni pioure ni natural. Je me suis ensuite penché sur l'appellation "d'origine". Cela veut dire que la crème provient à 95% de la nature sans que l'on puisse pour autant dire que ces 95% n'ont pas été transformés donc dénaturés.
Les mots ont un sens.
Ce matin rien de tout cela. J'étais seul à attendre. Lorsqu'il en est ainsi, je regarde le panneau publicitaire, qui se trouve sur la partie droite de l'abri. L'affiche du jour vantait une crème Nivéa du nom de "Pure et natural". Il faut prononcer pioure puisqu'il s'agit d'une campagne internationale, l'anglais s'impose donc. Mais je lis et comprends pure et naturel. Je me suis demandé quel était le sens du mot naturel et j'ai trouvé "qui n'est pas modifié par l'intervention de l'homme" Faut-il comprendre que cette crème existe telle quelle dans la nature? Je me suis ensuite intéressé à pure qui veut dire "sans mélange, sain, propre, non pollué, non vicié" Donc, Nivéa récolte la crème dans la nature et la conditionne dans un milieu aseptisé.
Mais, continuant ma lecture, je découvre que la crème pioure et naturelle est à 95% d'origine naturelle (94% dans la version anglaise). 95%. Si Nivéa tient à ce que nous le sachions c'est que c'est certainement remarquable. Pourtant, sitôt lu une question s'impose: qu'en est-il des 5%? Si je comprends bien, ces 5% ne sont pas naturel, ce qui veut dire que la crème n'est ni pioure ni natural. Je me suis ensuite penché sur l'appellation "d'origine". Cela veut dire que la crème provient à 95% de la nature sans que l'on puisse pour autant dire que ces 95% n'ont pas été transformés donc dénaturés.
Les mots ont un sens.
vendredi 28 janvier 2011
Encore elle
Le matin était de sortie. J’étais encore dans mon sommeil. Une mouche passait et repassait devant mes yeux. Une mouche de bonne taille qui volait sans bruit. Elle semblait hésiter à se poser. Je ne bougeais pas, dissimulant l’intérêt que je lui portais. Sur la table étaient disposées les denrées du petit déjeuner. Pots confiture, échantillons de ces mêmes confitures qui, faute d’avoir pu atteindre la tartine, s’étaient écrasés sur la nappe. Un pot de miel que j’hésitais à ouvrir. Je me fondais dans cet ensemble comme un élément d’une nature morte dont, je l’espérais, ferait bientôt partie l’insecte. Pendant ce temps mon thé refroidissait. Comme vous le savez, autant nous ne sommes jamais pressés le soir, autant le matin, chaque activité est minutée. Je n’avais plus beaucoup de temps à consacrer à la mouche sauf à grignoter le temps consacré à plonger le sec dans le mouillé. Et, allez savoir pourquoi, ma vigilance de prédateur fut détournée de son objet par une information émanant de la radio.
Pendant que la mouche cherchait encore un point de chute, notre ministre des affaires qui lui sont étrangères déclarait que la situation en Egypte réclamait un peu plus de démocratie. Si sa connaissance de la situation en Egypte était de la même qualité que celle concernant la société tunisienne, je mettais en doute sa capacité à émettre le moindre jugement pertinent. Mais surtout "un peu plus de démocratie". Quel peut être le sens de cette phrase si jamais elle en possède un. Un peu plus de démocratie comme elle dirait un peu plus de sucre comme si il suffisait d'un peu plus de démocratie pour que la dictature de Moubarak soit moins amère. Un peu plus de démocratie. Les égyptiens seraient certainement contents de se savoir qu'il bénéficiaient déjà d'un peu de démocratie. Comme nous avons les pays en voie de développement, nous avons maintenant les pays un peu démocratiques. Mme Alliot-Marie venait sûrement de découvrir la dictature démocratique.
Pendant que la mouche cherchait encore un point de chute, notre ministre des affaires qui lui sont étrangères déclarait que la situation en Egypte réclamait un peu plus de démocratie. Si sa connaissance de la situation en Egypte était de la même qualité que celle concernant la société tunisienne, je mettais en doute sa capacité à émettre le moindre jugement pertinent. Mais surtout "un peu plus de démocratie". Quel peut être le sens de cette phrase si jamais elle en possède un. Un peu plus de démocratie comme elle dirait un peu plus de sucre comme si il suffisait d'un peu plus de démocratie pour que la dictature de Moubarak soit moins amère. Un peu plus de démocratie. Les égyptiens seraient certainement contents de se savoir qu'il bénéficiaient déjà d'un peu de démocratie. Comme nous avons les pays en voie de développement, nous avons maintenant les pays un peu démocratiques. Mme Alliot-Marie venait sûrement de découvrir la dictature démocratique.
mardi 18 janvier 2011
Barreau
Nous n’avons pas bien mesuré le degré d’exaspération du peuple tunisien. Ainsi s'est justifiée Mme Alliot Marie. Voici un peuple qui vivait sous une dictature depuis des décennies, qui subissait la rapacité, la violence, le mépris de la belle-famille du dictateur, la répression, l'arbitraire du pouvoir, qui vivait dans la peur, la frustration et peut-être la haine des gouvernants étrangers qui se déplaçaient pour louer la fibre sociale du dictateur, pour le féliciter de ses efforts de démocratisation qui allaient dans le bon sens, qui distribuaient les éloges à ce chantre de l'émancipation de la femme. C'est ce peuple là qui a continué à manifester malgré la répression, malgré les morts et Mme Alliot n'a pas été en capacité de mesurer quoi déjà? Ah oui, le degré d'exaspération. Mme Alliot-Marie a-t-elle un thermomètre qui permet de mesurer le degré d'exaspération des peuples? Et pour effectuer la mesure où place-t-elle ce thermomètre?
Mme Alliot-Marie ne semble pas comprendre qu'un peuple n'est pas une entité abstraite ou un concept juridique à l'encontre de qui la violence d'un Etat serait justifiée, acceptable dès l'instant où elle serait jugée proportionnée et pourquoi pas raisonnable. Mme Alliot-Marie ignore-t-elle que la répression n'a pas besoin de tuer pour faire souffrir? Mme Alliot-Marie est-elle capable de faire preuve de compassion, pense-t-elle qu'elle ferait preuve d'ingérence si elle s'associait à la douleur d'un peuple, de femmes et d'hommes qui ont relevé la tête pour reconquérir leur liberté, leur dignité?
Mme Alliot-Marie ne semble pas comprendre qu'un peuple n'est pas une entité abstraite ou un concept juridique à l'encontre de qui la violence d'un Etat serait justifiée, acceptable dès l'instant où elle serait jugée proportionnée et pourquoi pas raisonnable. Mme Alliot-Marie ignore-t-elle que la répression n'a pas besoin de tuer pour faire souffrir? Mme Alliot-Marie est-elle capable de faire preuve de compassion, pense-t-elle qu'elle ferait preuve d'ingérence si elle s'associait à la douleur d'un peuple, de femmes et d'hommes qui ont relevé la tête pour reconquérir leur liberté, leur dignité?
lundi 17 janvier 2011
d'anévrisme

En ce qui concerne la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie (1), qui avait proposé à la Tunisie le savoir-faire de la France pour "régler les situations sécuritaires", M. Guaino a déclaré : "Je crois qu'elle l'a fait sans mauvaise intention du tout, à partir d'une analyse qui était la sienne." Quant à savoir si elle doit présenter des excuses, "vous lui poserez la question", a-t-il dit.
Je n'ai rien à ajouter si ce n'est que dans cet entretien du jour M. Guaino a admis qu'"il y ait pu avoir des maladresses ou des incompréhensions", de la part de la France face à la crise en Tunisie.
(1) "Il y avait des tirs à balles réelles, des morts. Pour que de telles situations ne se reproduisent pas dans l'avenir, j'ai donc dit que nous étions prêts à aider à former les forces de l'ordre tunisiennes, comme nous le faisons pour d'autres pays, au maintien de l'ordre en veillant à la préservation des vies"
Rupture

En 1991, François Mitterrand en visite à Tunis, déclare : "La Tunisie est un pays accueillant et les Français qui aiment venir en Tunisie pour leurs vacances auraient bien tort de s'écarter de ce chemin. C'est un pays où l'on peut vivre dans des conditions de confort et d'agrément très grandes."
En 1995, c'est le président Chirac qui rend hommage à Ben Ali, affirmant qu'il a engagé son pays "sur la voie de la modernisation, de la démocratie et de la paix sociale en ouvrant le Parlement aux représentants de divers courants d'opinion" et loue son "audace économique et sociale".
En 2008, Nicolas Sarkozy confie "Certains sont bien sévères avec la Tunisie, qui développe sur bien des points l'ouverture et la tolérance, l'espace des libertés progresse".
On remarquera que sur la photo, Ben Ali tient fermement les doigts de notre président.
mardi 11 janvier 2011
La femme de trente ans
Voici le dernier discours en date qui m'a été demandé par une mère pour l'anniversaire de sa fille. Peu d'humour mais de l'amour. A hu et amour. Comme un fleuve charriant les sentiments de toute une vie. Ouverture du barrage et attention aux larmes de fond.
Tendre Aurélie, si tu me permets de t’appeler Aurélie, nous sommes là aujourd’hui pour fêter ton anniversaire. C’est un rappel pour ceux qui se demandent pourquoi on les a amenés ici. Tu es née il y a de ça plusieurs années, un 4 janvier. Si il fallait être plus précis, je pourrais l’être puisque j’étais présente. Toi aussi Aurélie tu étais là mais je crois savoir que tes souvenirs sont plus flous mais pour une fois, tu n’étais pas en retard. Te laisser rejoindre le monde en ce 4 janvier fut mon premier cri de mère. Un cri de peur de te voir ainsi déjà t’éloigner un peu mais surtout un cri d’amour pour toi, pour ce monde avec qui j’acceptais de te partager. Oui, je sais, je n’avais pas le choix. Je donnais vie à cet amour que j’avais si longtemps gardé en moi. Comme pour fêter la féminité de cette naissance, quelques mois plus tard de cette même année, une vague de couleur rose submergea la France. Ceci pour donner un indice.
C’est comme si je te connaissais depuis toujours. Je n’ai pourtant appris à te connaître qu’au long des jours. Chaque jour est un nouveau livre qui me parle de toi. Je laisse le temps sécher l’encre de chaque lettre, de chaque mot, de chaque phrase, de chaque page. J’en relis certaines, d’autres sont à jamais imprimées dans ma mémoire mais, même si j’en avais le pouvoir, je n’ai pas envie de changer ne serait-ce qu’un mot même si je dois t’avouer que j’ai parfois eu la tentation d’utiliser une gomme. En feuilletant ces livres je rencontre des pages froissées, d’autres qui ont été arrachées et puis remises, certaines sont traversées par des ratures. Ce sont les pages de ta vie, traversées par d’autres vies. Des pages couvertes de mots écrits à l’encre des sentiments, des épreuves, des doutes, des espoirs.
Ne sachant pas trop comment faire, je me suis dans un premier temps dit que j’allais tout simplement raconter ta vie. Le début, le milieu et la fin...provisoire. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence que trois minutes seraient pour moi trop courtes et qu’une heure serait pour vous trop...long. C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir les livres et de lire les pages choisies par le hasard de ma mémoire.
Chapitre 1 capillaire
Mamie, Barbie, mise en plis
Marquant une page de ton enfance, souple et soyeux, un cheveu de ton arrière grand-mère brille. Il représente cette chevelure que tu aimais coiffer. C’était la rencontre de deux extrémités du temps qui se terminait par un amas de cheveux que tu appelais un chignon. Avec ta mamie, vous ignoriez le temps, vous le laissiez s’écouler pour qu’il vous rapproche. Comme si elle en avait enfin terminé avec sa vie d’adulte, elle jouait avec toi à la poupée Barbie.
J’ai toujours eu cette impression que tu jouais avec le temps, que tu en jouais, que tu te jouais de lui.
Chapitre 2 Amour
Architecture, lecture, murs
A force d’être chez toi, tu as souhaité être chez vous, mais le chemin est long. Un jour, comme sur l’écran de ta vie, dans le studio est arrivé Serge mais ce n’était pas du cinéma. Il est pourtant devenu ton héros, comme si à la loterie de la vie tu avais coché le nombre d’or. Comme un héros romantique à la Balzac, Serge en te découvrant a cueilli le lys dans la vallée. A l’étroit à trois, après un passage à St Cyr l’Ecole occasionné par l’apparition de Stan, vous avez fait l’acquisition de votre nid où peut s’épanouir votre amour.
Chapitre 3
Cheminée, adoré, bébé
Vous étiez deux. Mais allez savoir pourquoi, une fois deux, très rapidement on ne pense plus qu’à être trois. Pour vous multiplier, vous n’avez plus fait qu’un. Et c’est ainsi, qu’entouré d’un ruban bleu et d’affection, est arrivé ce chérubin Stanislas, présent du 25 décembre. Contrairement à ces jouets que l’on casse, de Stanislas jamais on ne se lasse. Depuis que Stanislas fait partie de notre famille, le mercredi est pour moi, sa jeune mamie, devenu un jour que j’attends toujours avec impatience. Le jour du petit fils et de la mamie, un jour d’amour, de bonheur, de joie, de sourire, de bras qui serrent fort, de regards complices, un de ces jours que l’on voudrait sans fin. Aurélie et Serge, je vous remercie pour ces mercredis. Vivement la semaine des quatre mercredis
Chapitre 4 Aurélie, ma fille,
Pour ce chapitre, je n’ai pas choisi de mot. Quand je prononce ton prénom, je suis heureuse. J’ai le souvenir des histoires que le soir je te lisais. Je t’offrais ces mots qui allaient t’accompagner vers le sommeil. Mes baisers sur ta joue étaient l’épilogue des contes et légendes. J’allais sortir de ta chambre quand, une fois, deux fois, trois fois tu me demandais de relire cet épilogue. Nous le connaissions par cœur mais nous le révisions sans cesse avec ce plaisir dont nous ne pouvions ni ne voulions nous passer. Même si les mots ne sont qu’une pâle traduction de mes sentiments, je veux que tu saches que ma vie ne serait rien sans toi, que tu éclaires chacun de mes jours qui se lèvent. Je suis heureuse et fière d’être ta maman, heureuse d’avoir la chance d’avoir une fille telle que toi.
Ta vie est aujourd’hui un pas de trois. Tu ne marches plus sur la pointe mais d’un pas assuré. Tu as dessiné les perspectives de ta vie. Le bonheur n’est plus à l’horizon, il est dans tes mains, dans ton cœur, dans ton regard. Il me rapproche de toi.
Même si je te préfère proche, tu vas partir en voyage au soleil et pour que tu puisses choisir l’endroit où ce soleil t’accueillera, chacun pourra déposer sa rayonnante enveloppe dans le coffret prévu à cet effet.
Tendre Aurélie, si tu me permets de t’appeler Aurélie, nous sommes là aujourd’hui pour fêter ton anniversaire. C’est un rappel pour ceux qui se demandent pourquoi on les a amenés ici. Tu es née il y a de ça plusieurs années, un 4 janvier. Si il fallait être plus précis, je pourrais l’être puisque j’étais présente. Toi aussi Aurélie tu étais là mais je crois savoir que tes souvenirs sont plus flous mais pour une fois, tu n’étais pas en retard. Te laisser rejoindre le monde en ce 4 janvier fut mon premier cri de mère. Un cri de peur de te voir ainsi déjà t’éloigner un peu mais surtout un cri d’amour pour toi, pour ce monde avec qui j’acceptais de te partager. Oui, je sais, je n’avais pas le choix. Je donnais vie à cet amour que j’avais si longtemps gardé en moi. Comme pour fêter la féminité de cette naissance, quelques mois plus tard de cette même année, une vague de couleur rose submergea la France. Ceci pour donner un indice.
C’est comme si je te connaissais depuis toujours. Je n’ai pourtant appris à te connaître qu’au long des jours. Chaque jour est un nouveau livre qui me parle de toi. Je laisse le temps sécher l’encre de chaque lettre, de chaque mot, de chaque phrase, de chaque page. J’en relis certaines, d’autres sont à jamais imprimées dans ma mémoire mais, même si j’en avais le pouvoir, je n’ai pas envie de changer ne serait-ce qu’un mot même si je dois t’avouer que j’ai parfois eu la tentation d’utiliser une gomme. En feuilletant ces livres je rencontre des pages froissées, d’autres qui ont été arrachées et puis remises, certaines sont traversées par des ratures. Ce sont les pages de ta vie, traversées par d’autres vies. Des pages couvertes de mots écrits à l’encre des sentiments, des épreuves, des doutes, des espoirs.
Ne sachant pas trop comment faire, je me suis dans un premier temps dit que j’allais tout simplement raconter ta vie. Le début, le milieu et la fin...provisoire. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence que trois minutes seraient pour moi trop courtes et qu’une heure serait pour vous trop...long. C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir les livres et de lire les pages choisies par le hasard de ma mémoire.
Chapitre 1 capillaire
Mamie, Barbie, mise en plis
Marquant une page de ton enfance, souple et soyeux, un cheveu de ton arrière grand-mère brille. Il représente cette chevelure que tu aimais coiffer. C’était la rencontre de deux extrémités du temps qui se terminait par un amas de cheveux que tu appelais un chignon. Avec ta mamie, vous ignoriez le temps, vous le laissiez s’écouler pour qu’il vous rapproche. Comme si elle en avait enfin terminé avec sa vie d’adulte, elle jouait avec toi à la poupée Barbie.
J’ai toujours eu cette impression que tu jouais avec le temps, que tu en jouais, que tu te jouais de lui.
Chapitre 2 Amour
Architecture, lecture, murs
A force d’être chez toi, tu as souhaité être chez vous, mais le chemin est long. Un jour, comme sur l’écran de ta vie, dans le studio est arrivé Serge mais ce n’était pas du cinéma. Il est pourtant devenu ton héros, comme si à la loterie de la vie tu avais coché le nombre d’or. Comme un héros romantique à la Balzac, Serge en te découvrant a cueilli le lys dans la vallée. A l’étroit à trois, après un passage à St Cyr l’Ecole occasionné par l’apparition de Stan, vous avez fait l’acquisition de votre nid où peut s’épanouir votre amour.
Chapitre 3
Cheminée, adoré, bébé
Vous étiez deux. Mais allez savoir pourquoi, une fois deux, très rapidement on ne pense plus qu’à être trois. Pour vous multiplier, vous n’avez plus fait qu’un. Et c’est ainsi, qu’entouré d’un ruban bleu et d’affection, est arrivé ce chérubin Stanislas, présent du 25 décembre. Contrairement à ces jouets que l’on casse, de Stanislas jamais on ne se lasse. Depuis que Stanislas fait partie de notre famille, le mercredi est pour moi, sa jeune mamie, devenu un jour que j’attends toujours avec impatience. Le jour du petit fils et de la mamie, un jour d’amour, de bonheur, de joie, de sourire, de bras qui serrent fort, de regards complices, un de ces jours que l’on voudrait sans fin. Aurélie et Serge, je vous remercie pour ces mercredis. Vivement la semaine des quatre mercredis
Chapitre 4 Aurélie, ma fille,
Pour ce chapitre, je n’ai pas choisi de mot. Quand je prononce ton prénom, je suis heureuse. J’ai le souvenir des histoires que le soir je te lisais. Je t’offrais ces mots qui allaient t’accompagner vers le sommeil. Mes baisers sur ta joue étaient l’épilogue des contes et légendes. J’allais sortir de ta chambre quand, une fois, deux fois, trois fois tu me demandais de relire cet épilogue. Nous le connaissions par cœur mais nous le révisions sans cesse avec ce plaisir dont nous ne pouvions ni ne voulions nous passer. Même si les mots ne sont qu’une pâle traduction de mes sentiments, je veux que tu saches que ma vie ne serait rien sans toi, que tu éclaires chacun de mes jours qui se lèvent. Je suis heureuse et fière d’être ta maman, heureuse d’avoir la chance d’avoir une fille telle que toi.
Ta vie est aujourd’hui un pas de trois. Tu ne marches plus sur la pointe mais d’un pas assuré. Tu as dessiné les perspectives de ta vie. Le bonheur n’est plus à l’horizon, il est dans tes mains, dans ton cœur, dans ton regard. Il me rapproche de toi.
Même si je te préfère proche, tu vas partir en voyage au soleil et pour que tu puisses choisir l’endroit où ce soleil t’accueillera, chacun pourra déposer sa rayonnante enveloppe dans le coffret prévu à cet effet.
samedi 8 janvier 2011
Que veux-je?
C'est la question qu'un soir je me suis posé. J'étais affalé dans le canapé et je regardais la télé, un état et une action qui sont indissociables. Pourquoi me suis-je demandé ce que je voulais?
Sur l'écran est apparu le directeur du FMI. Il pénétrait dans un couloir qui le menait vers une réunion. Son aspect général donnait l'impression que, trente secondes auparavant, il sautait sa collaboratrice avant que sa secrétaire ne l'interrompe pour le rappeler à ses obligations professionnelles. Les pants d'un manteau lui battaient les flancs. Tout en lui semblait dire "Regardez comme je suis cool. On ne dirait pas que je suis directeur du FMI, hein?" Un sourire de proximité accompagnait une démarche guimauve sensée dans son esprit symboliser l'assurance décontractée au service de l'économie mondiale. Je m'attendais à ce qu'il balance aux journalistes "Salut les mecs, ça baigne?".
Allez savoir pourquoi, mais si l'occasion se présentait, plutôt que lui, je ne voterais pas pour lui.
Sur l'écran est apparu le directeur du FMI. Il pénétrait dans un couloir qui le menait vers une réunion. Son aspect général donnait l'impression que, trente secondes auparavant, il sautait sa collaboratrice avant que sa secrétaire ne l'interrompe pour le rappeler à ses obligations professionnelles. Les pants d'un manteau lui battaient les flancs. Tout en lui semblait dire "Regardez comme je suis cool. On ne dirait pas que je suis directeur du FMI, hein?" Un sourire de proximité accompagnait une démarche guimauve sensée dans son esprit symboliser l'assurance décontractée au service de l'économie mondiale. Je m'attendais à ce qu'il balance aux journalistes "Salut les mecs, ça baigne?".
Allez savoir pourquoi, mais si l'occasion se présentait, plutôt que lui, je ne voterais pas pour lui.
jeudi 6 janvier 2011
Ce dont j'ai envie
Allez savoir pourquoi, j'aime ne pas satisfaire mes envies. En écrivant cette phrase, j'ai tout de suite identifié la confusion qu'elle pourrait engendrer. Mes envies regroupent tout ce dont je n'ai pas besoin. Cela peut se traduire par la traversée d'un centre commercial dont je ressors sans avoir rien acheté. Reste à déterminer ce dont je n'ai pas besoin.
mercredi 5 janvier 2011
La mémoire qui...
J’ai des souvenirs qui n’existent pas. A l'occasion des fêtes, j'ai voulu me souvenir des Noël de mon enfance. Le sapin, les jouets, le père Noël, le papier cadeaux, les chocolats, les déceptions. Au début, je me suis dit qu'ils étaient certainement rangés quelque part. J'ai cherché mais j'ai dû me résigner. Je n'ai rien retrouvé. Tout avait disparu comme si ma mémoire n'avait pas jugé utile de garder ces souvenirs. C'est peut-être un moment de bruits et de fureur, une sorte de gloubi-boulga de sentiments, d'images, de lumières et de sons. Face à cette confusion, la mémoire renonce.
lundi 27 décembre 2010
L'un dans l'autre
Il n'aura pas échappé à votre sagacité que chacun de nous fait partie d'une catégorie. Une catégorie à laquelle sont reliées des sous catégories. C'est à cela que je pensais en détaillant les données statistiques concernant la demande d'emploi. Entre 16 et 62 ans nous sommes un actif ou un chômeur. Nous sommes un chômeur de moins ou de plus d'un an, autrement appelés DELD. Nous sommes DELD de 1 à 2 ans, de 2 à 3 ans ou de plus de 3 ans. Nous sommes un homme ou une femme. Nous sommes une femme qui vit en couple ou qui est isolée. Nous sommes une femme isolée qui touche le RSA OU L'ASS, qui est qualifiée ou non qualifiée, qui a plus ou moins de 50 ans. Nous faisons donc partie de ce que l'on appelle le public prioritaire (1). Ce qui veut dire que nous faisons partie d'une sous catégorie pour qui ont été mis en place, au cours des dernières décennies, des plans, des mesures et autres actions spécifiques selon la sous catégorie à laquelle nous appartenons. Selon la conjoncture, les changements de gouvernement, la proximité d'élection, nous pouvons être amenés à changer de sous catégorie mais rarement de catégorie. Il nous faut donc être très vigilant car un changement de catégorie peut nous être fatal. Nous sommes tellement de choses à la fois, versés de sous catégorie en sous catégorie qu'en fin de cette cascade statistique nous ne sommes plus grand chose, voire plus rien. En haut de cette cascade nous sommes une masse de plusieurs millions qui faisons ou non la une du journal télévisé. Nous avons ou pas l'honneur de faire l'objet d'une déclaration ministérielle ou d'un communiqué du même nom. Nous apprenons que nous sommes plus nombreux ou moins nombreux que la dernière fois. On nous informe parfois que, si nous sommes plus nombreux que lors de la précédente livraison statistique, nous aurions été encore plus nombreux si des bonnes mesures n'avaient pas été prises. Et là, nous nous disons que nous avons eu de la chance.
dimanche 26 décembre 2010
Bonbons
Jeudi, je suis allé écouter Second Floor. Vous allez me dire "Encore!". Si telle est votre réaction, c'est que vous ne les avez jamais entendus.
Pour des raisons diverses et variées, j'aime Robert Plant et Led Zeppelin, les Amis de la Sainte Sixtus et Second Floor.
Comme toujours avec Second Floor, on commence au rez de chaussée et on termine dans les étages avec un bonbon dans la bouche. C'est à chaque fois un bonbon qui vous rappelle quelque chose sans que vous sachiez quoi. Vous l'avez sur le bout de la langue mais la mémoire ne vous revient pas. Vous finissez par vous dire, que celui là, c'est la première fois que vous l'avez en bouche.







Pour des raisons diverses et variées, j'aime Robert Plant et Led Zeppelin, les Amis de la Sainte Sixtus et Second Floor.
Comme toujours avec Second Floor, on commence au rez de chaussée et on termine dans les étages avec un bonbon dans la bouche. C'est à chaque fois un bonbon qui vous rappelle quelque chose sans que vous sachiez quoi. Vous l'avez sur le bout de la langue mais la mémoire ne vous revient pas. Vous finissez par vous dire, que celui là, c'est la première fois que vous l'avez en bouche.







lundi 20 décembre 2010
Draps (dans de beaux)
Ce matin comme souvent, putain d’habitude, je me suis levé. Sortir, quitter, s’extraire de son lit est rarement une décision mûrement réfléchie. Je ne me dis jamais « Tiens, je vais me lever pour aller travailler. » Je le fais et je passe à autre chose.
En me glissant hors du lit, je ne me doutais pas de ce qui allait m’arriver. Le sachant, je n’aurais malgré tout rien changé.
Je quitte la chambre muni de tout l'attirail vestimentaire qui doit être composé de sept unités. C'est une action que j'accomplis souvent dans le noir. J'ai toujours le bon nombre mais c'est une fois à la lumière du couloir que je peux vérifier si j'ai la grille gagnante. C'est une sorte de tirage au sort, surtout en fin de semaine où tout s'accumule sur la chaise et sur le sol. Si une partie de la sélection peut se faire à l'odeur, il existe une marge d'erreur. Je peux me retrouver avec des chaussettes dépareillées. Je vous épargne le reste.
Je dépose le tout dans la salle de bain, je prends ma douche, en sors et me sèche. Et allez savoir pourquoi, vêtu de rien je retourne dans la chambre noire. A peine y ai-je pénétré que j'entends une voix me glisser à l'oreille "Viens te recoucher". Contre toute attente, sans attendre je cède à cette glissade. La peau encore imprégnée de la fraîcheur du matin, mon corps disparaît sous la couette. Et là, ravissement, frissons, pulsion, pulsations, fusion, hésitation. Comme si je découvrais ce corps chaud qui a fait naître la tentation. Si je n'y prends garde, pourquoi le ferais-je, je vais être englouti, me diluer.
Il est toujours à l'affût. A la moindre occasion, il refait surface, s'impose. Mais qu'il est bon de sombrer, de céder au désir.
En me glissant hors du lit, je ne me doutais pas de ce qui allait m’arriver. Le sachant, je n’aurais malgré tout rien changé.
Je quitte la chambre muni de tout l'attirail vestimentaire qui doit être composé de sept unités. C'est une action que j'accomplis souvent dans le noir. J'ai toujours le bon nombre mais c'est une fois à la lumière du couloir que je peux vérifier si j'ai la grille gagnante. C'est une sorte de tirage au sort, surtout en fin de semaine où tout s'accumule sur la chaise et sur le sol. Si une partie de la sélection peut se faire à l'odeur, il existe une marge d'erreur. Je peux me retrouver avec des chaussettes dépareillées. Je vous épargne le reste.
Je dépose le tout dans la salle de bain, je prends ma douche, en sors et me sèche. Et allez savoir pourquoi, vêtu de rien je retourne dans la chambre noire. A peine y ai-je pénétré que j'entends une voix me glisser à l'oreille "Viens te recoucher". Contre toute attente, sans attendre je cède à cette glissade. La peau encore imprégnée de la fraîcheur du matin, mon corps disparaît sous la couette. Et là, ravissement, frissons, pulsion, pulsations, fusion, hésitation. Comme si je découvrais ce corps chaud qui a fait naître la tentation. Si je n'y prends garde, pourquoi le ferais-je, je vais être englouti, me diluer.
Il est toujours à l'affût. A la moindre occasion, il refait surface, s'impose. Mais qu'il est bon de sombrer, de céder au désir.
mercredi 15 décembre 2010
Idée cadeau
dimanche 12 décembre 2010
vision (3)
Le ciel a attiré mon attention. Le ciel de l'Est, de l'extrême Est. L'horizon qui se trouve le plus à l'Est. Comme une transparence sucrée, une onde rose débordait par dessus la forêt qui recouvre les falaises. Plus le regard se projetait vers l'ouest, plus le ciel se faisait sombre jusqu'à disparaître dans la nuit. Comme si, dissimulé par l'horizon, un dieu tirait vers lui une couverture. Comme pour vérifier que j'étais toujours dans la bonne direction, je plaçai provisoirement mon regard droit devant. S'encadrait dans mon champ un immeuble, surmonté de trois cheminées, d'où se détachaient des fenêtres éclairées, comme les hublots de cabines d'un paquebot qui donnait l'impression de larguer les amarres.
Tout en le vivant, j'avais décidé que c'était un moment unique. La prochaine fois serait à nouveau la première.
J'avais oublié que l'on pouvait mettre tant de temps pour traverser un pont.
Tout en le vivant, j'avais décidé que c'était un moment unique. La prochaine fois serait à nouveau la première.
J'avais oublié que l'on pouvait mettre tant de temps pour traverser un pont.
vendredi 10 décembre 2010
Vision (2)
Je traversais donc le pont pour passer de l'autre côté. L'autre côté où parfois nous attend la mort. Mais pour le coup ce n'était pas le cas. Le sol sombre et bombé brillait comme si un ciel de nuit s'était écrasé sur le bitume. C'est ce que je me suis dit sur le moment. Je piétinais les étoiles. La nuit était encore présente mais je sentais qu'elle avait envie de partir. La nuit se retire toujours en douceur mais comme souvent l'hiver, c'est avant que nous quittions le lit. je me suis demandé si, de temps en temps, la nuit n'aimerait pas être le jour. Elle laisse parfois des traces de son passage comme cette lune qui traîne sa pâle lassitude dans la clarté insistante.
J'étais donc sur le pont, sur le point de traverser. A vrai dire j'étais déjà engagé de quelques pas. J'avais encore tout loisir de faire demi-tour. C'est une illusion du matin. Si je voulais je tournerais le dos à l'autre rive. Allez savoir pourquoi je ne le fais jamais.
J'étais donc sur le pont, sur le point de traverser. A vrai dire j'étais déjà engagé de quelques pas. J'avais encore tout loisir de faire demi-tour. C'est une illusion du matin. Si je voulais je tournerais le dos à l'autre rive. Allez savoir pourquoi je ne le fais jamais.
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