samedi 29 décembre 2007

Plaisir (délicieux) 1ére partie



Il est aujourd'hui aisé d'être un rebelle doublé d'un pervers. Les interdictions et les obligations foisonnent. Par exemple, un bon citoyen est un citoyen qui consomme, qui profite de toutes les heures d'ouverture des magasins, samedis, dimanches, nocturnes, jours fériés. Le citoyen de notre république laïque prie, prie pour que les magasins soient encore ouverts, prie pour que les stocks ne soient pas épuisés comme lui peut l'être en cette fin de journée où, anxieux dans l'ascenseur qui le ramène au parking (moins deux ou moins trois, allée rouge ou verte?), il récapitule à voix haute ce qu'il a acheté, associant chaque achat à un prénom tout en guettant le signe de tête approbateur de son conjoint (je te préviens, je n'y retourne pas!).


Il m'arrive donc parfois d'endosser le rôle du rebelle, ce qu'en temps normal je ne suis pas. La meilleure période est bien sûr celle de Noël mais le samedi est tout au long de l'année un moment propice à l'expression de la rebellion. Le centre ville (et non le centre bourg) et le centre commercial (et non la supérette et son kiosque à journaux) sont les lieux à privilégier si l'on souhaite retirer toute la satisfaction qu'une telle démarche recelle en son sein. Je vous concède que c'est avant tout un plaisir solitaire mais qui, contrairement à d'autres (les hommes me comprendront), est un plaisir qui se prolonge avec une égale intensité.

Il s'agit donc, pour le citoyen de notre laïque république, de traverser les temples et autres cathédrales de la consommation et d'en ressortir sans avoir rien acheté. Avantage non négligeable, cette activité peut être exercée par tout un chacun, sans préparation aucune et peut même s'improviser à tout moment de la journée. Deux options techniques sont offertes. Soit vous laissez à la maison, conseillé la première fois, tout moyen de paiement, soit vous vous munissez de votre carte de crédit. Cette deuxième option permet de se dire "si je le voulais je pourrais acheter". Une fois ce choix effectué, il ne vous reste plus qu'à vous glisser dans la peau de Mad Max au pays du consumérisme.

dimanche 23 décembre 2007

Remarquable



Le mercredi 19 décembre 2007 restera à jamais une date fondatrice de la science universelle. Il y a eu la roue, l'écriture, l'imprimerie, la relativité restreinte, la générale, la loi universelle de la gravitation, l'héliocentrisme et ce 19 décembre nous avons eu Jean-Baptiste qui nous a démontré que l'humain est à la science ce que l'oeuf est à la poule.

Pour tout vous dire je suis allé à sa soutenance de thèse avant tout pour lui faire plaisir car l'histoire de la perturbation phonique sur le jet aquatique ne m'a jamais passionné, à telle enseigne que je m'étais muni de mon lecteur mp3, prêt à accomplir ce bienveillant dodelinement de la tête qu'accompagnerait un sourire d'approbation.

Et bien non, je n'ai rien fait fait de tout cela, subjugué que j'ai été dès la première seconde. Jean-Baptiste a bien évidement fait preuve d'une maitrise scientifique et technique mais il a surtout réussi à me captiver, à tel point que sa goutte a fait déborder le vase de ma passion. Et oui, je n'avais d'yeux que pour ce divin docteur. J'avais l'impression que c'était à moi qu'il s'adressait. Chacun des mots qu'il prononçait trouvait sens et, seconde après seconde, complétait le puzzle qui, une fois constitué, transformerait l'énigme en révélation. Jean-Baptiste m'a rendu plus intelligent. Jusqu'à ce 19 décembre, il faisait l'objet de mon admiration. Depuis, toutes choses égales par ailleurs, il partage avec Robert le sommet de mon Panthéon.

Une fois terminée la démonstration, les membres du jury, comme sonnés par l'évidence, n'ont pu, pour certains, que bafouiller quelques critiques balayées avec élégance par Jean-Baptiste, les autres risquant des questions qui, à peine formulées, faisaient l'objet d'une réponse définitive, Jean-Baptiste finissant de mettre k.o cette brochette de mandarins dont les regards traduisaient le respect et l'humilité retrouvée.

Je n'aurais qu'un regret, qu'il n'est pas une fois été fait référence à la goniométrie qui je le concède est une matière ardue mais injustement ignorée. Ainsi, l'angle de propagation de la source phonique a-t-elle une influence sur la nature et l'ampleur de la perturbation du jet, car je le rappelle, il ne faut pas confondre résultat calculé et résultat mesuré.

Pour terminer, il ne m'a pas échappé que la thèse de Jean-Baptiste recélait en son sein un érotisme que ne manquaient pas de confirmer croquis et vidéos.
Chaque mot était une note née des cordes de ton esprit.

Chapeau!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

jeudi 20 décembre 2007

Coupable(s)



Aujourd'hui un témoignage de Martin. Vous en jugerez par vous-même, mais il me paraît un tantinet pleurnichard et moralisateur. Martin, nous vous écoutons.

"Comme peut-être certains parmi vous, dès la nouvelle connue, j'y suis allé franco, sans retenue, j'ai sauté dessus à pieds joints, j'ai fait part de mon indignation, je me suis joint au concert de réprobations. Avec les autres, j'ai jeté la pierre, j'ai crié au scandale. Je tenais mon coupable et je n'allais pas le lâcher. Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de Christine Boutin, était jeté dans la cour des lamentations. Il était coupable et responsable. Dans le domaine du logement, comme dans d'autres, les responsables de la pénurie sont toujours ceux d'avant, ce qui est frustrant pour le citoyen, alors que ceux du moment, eux, vont mettre le paquet et se font fort de rattraper le retard. Il arrive que ceux du moment soient ceux d'avant mais bien décidés à ce que ça change. Si vous leur parlez de ce qui n'a pas été fait par le passé, ils vous répondent que ce qui les intéresse c'est l'avenir et que les français ne les ont pas élus pour parler du passé. Donc je tenais mon coupable.
Bien sûr, il affirmait avoir oublié le montant de son loyer, bien sûr, il justifiait l'avantage dont il bénéficiait par le fait que d'autres, et non des moindres, en bénéficiaient aussi, bien sûr il affirmait le 16 novembre dernier "Qu'aujourd'hui se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être, et que se trouvent dans la rue des gens qui devraient être dans les HLM, je considère que c'est un véritable scandale.", mais le bras droit de la ministre avait bon dos. Nous faisons tous partie de la même société. Election après élection nous élisons ceux qui vont décider et agir en notre nom. Alors je vous propose que nous partagions à due proportion cette culpabilité."

Merci Martin. Bel effort pour nous faire porter le chapeau mais je tiens à rappeler que notre vie est ce que nous en avons fait et que nous sommes tous logés à la même enseigne. Il ne faudrait pas oublier non plus que Nicolas Sarkozy a été élu avec 53% des voix.

mardi 18 décembre 2007

J'ai honte

Depuis quelque temps, je vais au bureau à pied. Comme je suis fonctionnaire et que j'ai le sens de la retenue, je dis au bureau et non au travail. Chemin faisant, ma pensée se nourrit de choses et d'autres, d'autres choses. C'est ainsi que parfois je me sens tout chose jusqu'à devenir petit.
Ce matin, accompagnant chaque pas, ma pensée s'est penchée pendant quelques minutes sur la vie sexuelle de notre président. Je me demandais si, comme c'est le cas pour les autres sujets, il avait mis les choses sur la table.

lundi 17 décembre 2007

Minnie



Ce matin, un journaliste bien informé m'a appris que non seulement Carla Bruni était une artiste de renommée internationale mais qu'en plus elle était de sensibilité de gauche. Moins glamour, il n'a pu s'empêcher de préciser que même dans ce domaine notre président pratiquait l'ouverture.

lundi 10 décembre 2007

Robert et moi (boom limonade 4)



Donc pour pouvoir aborder Hélène dans ce que vous pensez être des conditions favorables, vous avez décidé d'organiser une boom. Vous voici au pied du mur. Comme vous êtes un piètre danseur, vous estimez que le slow est la meilleure porte d'entrée. Vous savez qu'en règle générale ce type de morceau dure de trois à cinq minutes, ce qui, selon les circonstances, peut paraître court ou long. Malgré tout cela vous laisse une fenêtre de tir relativement réduite. Vous estimez que c'est aujourd'hui ou jamais. Vous devez donc trouver un slow qui soit suffisamment long pour que, sans équivoque, soient posés les jalons d'une future relation. Un de vos copains vous a parlé d'un groupe, Led Zeppelin, et d'un super slow, suffisamment long pour s'installer et qui laisse place à l'hésitation. Vous lui avez demandé d'apporter le disque.

Vous avez bien conscience d'être dans la préméditation mais vous avez besoin d'être rassuré, vous avez besoin de croire que c'est en pensant à tout qu'on n'oublie rien, vous avez besoin de croire que vous avez du courage, le courage de dire, le courage de vous tromper, le courage d'avoir un corps.

Toutes les étapes sont ainsi planifiées mais vous avez peur. Vous avez beau creuser en vous, vous ne découvrez pas une once de courage. Par contre vous trouvez toutes les bonnes raisons pour retarder le déclenchement de votre offensive. Hélène, que vous rêvez sur une île, est à portée de regard. Si la vie était plus simple.

Une des caractéristiques de la boom limonade, qui est à la boom matelas ce que le sucre en poudre est à la cocaïne, c'est l'absence d'alcool et l'abondance de boissons sucrées à bulles trônant au milieu des gâteaux au chocolat, des bonbons multicolores que le soleil fait briller en un désespérant camaieu de bonnes volontés.

A défaut de courage, vous vous laissez guider par le désir. Vous avez attendu que ce qui fait office de piste de danse soit garnie pour déposer le disque de votre copain sur la platine et se font entendre les premières notes de "Since have been lovin' you". Il vous faut rejoindre Hélène avant qu'un autre ne l'invite mais sans avoir l'air de vous précipiter. Votre choix doit donner l'impression d'un heureux hasard.

Et vous voilà dansant avec elle mais vous avez oublié un détail.

vendredi 7 décembre 2007

Je hais le téléthon

Je vous livre un point de vue plutôt qu'une opinion de Thierry sur le téléthon. Je tiens à mettre en garde les personnes de coeur que certains des propos qui suivent peuvent choquer les âmes sensibles. Thierry c'est à vous.

"Je hais le téléthon d'une haine viscérale et définitive.

Le téléthon est un énorme gâteau recouvert de chantilly, imbibé de crème, de chocolat, sucré jusqu'à l'écoeurement et qui, poisseux, dégouline jusqu'au sol. Comme on a peur de ne pas en mettre assez, on en met trop.

Quand revient le temps de cette obscène manifestation, je suis comme une bouteille de limonade avec pulpe que l'on aurait secouée. Il faut laisser reposer avant d'ouvrir sinon ça gicle.

Vous allez me dire "Why so much hate?". Je ne supporte pas que l'on exhibe les enfants malades devant la caméra, que l'on se vautre dans les bons sentiments et la bonne conscience. Je ne supporte pas le fait que l'on mette en vitrine les maladies génétiques attendrissantes et propres qui font pleurer les ménagères de moins de quelque chose et qu'on laisse dans l'arrière cour le SIDA qui récolte trois francs six sous et dont les victimes en plus de la maladie doivent au choix supporter l'exclusion, les jugements moraux, l'indifférence, le rejet...

Je suis pour le téléthon si il s'agit de sauver le thon en voie de disparition dans la Méditérranée ou s' il s'agit d'aider les jeunes filles au physique ingrat à bénéficier de la chirurgie esthétique."

Je prends acte de cette contribution mais je tiens à rappeler que Nicolas Sarkozy a été élu avec 53% des voix.

jeudi 6 décembre 2007

Merci Laurent


Aujourd'hui, je vous propose une contribution de Joseph qui exprime une opinion quelque peu extrémiste, qu'un peu de pédagogie devrait ramener à la raison. Mon cher Joseph, nous vous écoutons.

" Il semble qu'il n'y ait rien de plus urgent aujourd'hui que d'augmenter le pouvoir d'achat des français. Nous avons donc un pouvoir, celui d'acheter plus, pouvoir qui se transforme en devoir d'achat. Acheter est devenu un acte civique, un deuxième bulletin de vote. Notre président a-t-il le pouvoir de nous acheter? Sommes-nous devenus des cimoyens de consommer?

Vous allez dire "Encore un donneur de leçon qui a les moyens de s'indigner". C'est vrai, je ne fais pas partie des plus malheureux, bien que, comme le dit fort justement un de mes beaux-frères, on adapte son train de vie à son salaire, ce qui veut dire que, quelque soient les augmentations de salaires, à la fin du mois il manque toujours quelque chose pour faire la soudure. Mais je quitte volontiers le terrain du pouvoir d'achat qui n'est pas le sujet de cette chronique.

Je souhaite vous faire partager les propos de Laurent Wauquiez, porte parole du gouvernement. Il s'exprimait sur le pouvoir d'achat. Comme beaucoup d'hommes politiques de la majorité, il emploie l'expression "On met les choses sur la table" ce qui est prendre le risque de provoquer des déceptions. Cette expression n'est pas utilisée par les femmes. Ensuite, concernant la rémunération des heures supplémentaires exonérées de charges sociales, il précise "Quand un employeur met cet argent-là pour son salarié, personne ne va se servir au passage". Un peu plus loin, il croit pouvoir affirmer "La plupart de ceux qui travaillaient avaient le sentiment qu'on leur reprenait ensuite le fruit de leur labeur, via notamment les impôts et les charges sociales". En deux petites phrases il remet en cause les symboles de la solidarité, de la cohésion que représente l'impôt, cet outil de redistribution des richesses. Dire que "personne ne va se servir au passage" donne un caractère illégitime à l'impôt, l'assimile à du vol. L'injustice supposée de l'impôt est renforcée par l'utilisation de l'expression "qu'on leur reprenait ensuite le fruit de leur labeur". On pense à ce dessin qui représente le tiers-état qui supporte sur son dos le clergé et la noblesse. Une société qui ne repose pas sur la solidarité est une société qui n'a pas de projet, pas d'avenir, qui n'a rien à transmettre. Les propos de Laurent Wauquier sont une brique de plus dans l'édification de l'individualisme".

Bien. Nous remercions Joseph mais je tiens à rappeler que Nicolas Sarkozy a été élu par 53% des français. Il fait ce pour quoi il a été élu. Les choses sont sur la table.

dimanche 2 décembre 2007

Robert et moi (boom limonade 3)

Vous êtes donc dans ce groupe de garçons mateurs hableurs. Vous faites partie de ceux qui se taisent. Vous aimeriez bien vous mêler à la conversation mais vous manquez de confiance en vous. Votre vocabulaire technique est limité et vous n'êtes pas certain d'en connaître la signification exacte et rien n'est pire que d'être la risée de ceux qui "savent". Les initiés qui se lancent des regards entendus qui vous maintiennent dans l'enfance comme à la piscine où est toujours présent un "en avance sur son âge" pour vous maintenir la tête sous l'eau.

Cela fait quelques semaines que vous l'avez repérée. Appelons la Hélène. Au début, vous n'y avez pas apporté une attention particulière. Elle occupait un espace dans la classe mais plutôt comme une silhouette. Et puis un jour, couché sur votre lit, à la recherche d'un fantasme instantané, sans trop savoir pourquoi, vous passez en revue les "filles" de votre classe. Des visages défilent et le diaporama s'arrête sur la photo d'Hélène. Vous glissez ailleurs, votre main droite retombe sur le couvre lit en tricot amoureusement confectionné par votre grand-mère. Hélène! Vous essayez de fixer son visage en fermant les yeux. C'est ainsi que vous vous trouvez amoureux.

Plaisir, douceur et souffrance. Chaque jour est celui qui vous donnera le courage de lui parler. Mais pour lui dire quoi? Pendant les cours, vous la regardez, vous lui souriez en espérant qu'elle comprendra, qu'elle viendra vers vous pour prendre votre main. Même si votre main continue de se balancer orpheline au bout de votre bras, vous avez l'impression qu'elle a compris. Vous n'avez surpris aucune manifestation tangible d'un quelconque intérêt à votre égard mais l'indicible naissance de ce qui n'est encore qu'une onde vous rend plus léger. Après avoir espéré un miracle, vous allez devoir faire un geste. L'idée de lui écrire est rapidement éliminée. Vous en êtes encore au stade où vous voulez lui dire sans utiliser les mots. Votre courage du matin est comme le sable d'un sablier que l'on retourne. Vous allez opter pour une approche physique qui ne vous exposera pas à l'humiliation du refus.

lundi 26 novembre 2007

Droit du sang




Voici le témoignage de Laurence l'insurgée, qui nous fait par de son indignation, de sa révolte, de son refus de l'injustice. Laurence, c'est à vous.

" Je tiens ici à exprimer mon indignation, à vous faire part de mon refus du conservatisme, à affirmer ma farouche volonté de combattre les idées reçues, à fustiger l'obscurantisme que l'on voudrait nous imposer comme une valeur universelle. Je vous le dis tout net, nous en avons assez des donneurs de leçons. Je dis nous car je ne suis pas seule. Nous avons jusqu'ici fait preuve d'une bienveillante et compréhensive patience. Nous avons toujours accepté la discussion, respecter les différents points de vue même si nous ne les partagions pas. Nous avons toujours eu le souci d'écouter, d'entendre, de comprendre les arguments, car, contrairement à ce que j'entends ici ou là, nous sommes pour le débat d'idées, pour les échanges francs et constructifs qui nous enrichissent mutuellement et sont l'honneur de notre société.

Pour autant il faut savoir faire la part des choses et avant tout il faut savoir rester modeste. Nous ne pouvons, au risque d'être contreproductifs, nous ériger en donneurs de leçons car nous-mêmes ne sommes exempts de tout reproche. Nous nous devons de prendre en compte la sensibilité de nos interlocuteurs qui ont vocation à devenir nos partenaires. Des relations équilibrées reposent sur la confiance, la non ingérence et le respect de l'autre, de sa culture, de ses aspirations. Même si le souci de la franchise doit guider nos propos ils ne doivent pas humilier mais concourir à l'établissement d'une relation durable et équilibrée.

Alors, bien sûr, il y aura toujours de beaux esprits pour trouver à redire, qu'on en fait trop, qu'on en fait pas assez, qu'il ne fallait pas y aller. N'en déplaise à ceux qui s'érigent en conscience et s'auto-proclament défenseurs de l'humanisme, j'approuve sans réserve le voyage en Chine de notre président. Si notre pays n'avait pas vendu ses avions et ses centrales nucléaires, d'autres, moins scrupuleux que nous ne le sommes, l'auraient fait à notre place. L'histoire montre que démocratie et développement économique vont de pair, car ne nous y trompons pas, les droits de l'homme progressent en Chine même si c'est de façon imperceptible. Les moralisateurs auront beau jeu de dénoncer la peine de mort, les arrestations arbitraires, l'absence des libertés fondamentales, l'exploitation des ouvriers, les conditions de travail, le soutien financier, politique et militaire à d'autres dictatures. Notre président sait tout cela et il s'est fait fort de le rappeler à ses interlocuteurs en mettant sur la table l'ensemble des dossiers et ce sans concession. Notre président sait que la démocratie finira par s'établir en Chine, mais qu'il faut du temps et la patience n'est pas la moindre des qualités de ce grand peuple que sont les chinois qui sait pouvoir compter sur notre soutien".

Merci Laurence. Il est parfois nécessaire que les choses soient dites et bien dites. La vérité doit avoir droit de cité.

vendredi 23 novembre 2007

En un mot comme en cent


C'est avec fierté que je vous présente la centième chronique sortie de mon cerveau. Afin de récompenser mes fidèles lectrices et lecteurs, je vous propose de gagner l'original de cette chronique dédicacée par son auteur. Pour ce faire, il vous suffit de répondre à la question suivante : à qui appartiennent les pantoufles ci-dessus?

J'aimerais écrire une chronique par jour mais je dois vous avouer que je suis parfois victime de coup de mou, victime d'une volonté qui s'effiloche et disparaît entre les coussins du canapé sur lequel je m'allonge pour regarder la télé. A chaque fois, la mauvaise conscience se refléte dans l'écran comme un message subliminal que vous m'adresseriez "Que fais-tu, affalé comme un veau, corps sans cerveau au regard qui s'emplit d'images qui finissent par se perdre dans les méandres de l'oubli". Je prends alors conscience que je me fourvoie sur le chemin de la facilité, du renoncement, que les images sont l'acide qui ronge mots et idées qui sont nos liens qui, si je n'y prends garde, vont se dissoudre dans le flot de la médiocrité. La honte alors m'envahit et je prends la résolution de ne plus sombrer dans les eaux fangeuses du renoncement.

Mais chaque soir, je passe à proximité du canapé. Alors, comme une planète à proximité d'un trou noir, je me laisse attirer. Comme si j'étais certain de dominer la situation, je "décide" de simplement m'asseoir. Je suis dans la situation de l'enfant qui a une tablette de chocolat et qui se jure qu'il ne mangera qu'un carré.

J'ai honte.

mercredi 21 novembre 2007

Robert et moi (boom limonade 2)

Comme il se doit, la mère de famille insiste pour que la salle soit bien décorée. Nappes, petits bouquets de fleurs, serviettes en papier festives, agencement artistique des bouteilles de soda et des gâteaux. Vous naviguez entre la honte et la haine qui va se prolonger tout au long de la boom. La mère de famille se fait un plaisir d'accueillir tous les invités les gratifiant au passage d'un enjoué "Amusez-vous bien les enfants mais ne faites pas trop les fous". Ensuite, elle ne pourra s'empêcher d'intervenir régulièrement pour voir si tout va bien, pour préciser qu'il reste du coca dans le frigo, pour remettre un peu d'ordre sur les tables, pour embrasser son grand fils qu'une telle attitude emplit de désespoir.

Mis à part cette pollution affective, la boom limonade se caractérise par la stratégie de l'attente niaise. Au début, les filles forment un groupe homogène que ne quittent pas des yeux les garçons. Les filles minaudent et les garçons rient très fort. Ils évaluent, notent, faisant le tri entre les envisageables et les "faute de mieux". Vous faites peut-être partie de ceux qui jusqu'à ce jour n'ont fait que regarder, espérant secrètement qu'elle ferait le premier pas. Elle est là dans le groupe de filles. Vous la regardez le plus discrètement possible mais bien décidé à tenter quelque chose. Comme toujours dans un groupe de garçons, il y a ceux dont vous êtes persuadé qu'ils ont fait le grand saut et qui font tout pour vous conforter dans cette idée.

mercredi 14 novembre 2007

Robert et moi (boom limonade 1)



Lors d'une précédente chronique j'avais mentionné le concept de "boom limonade". Nous sommes nombreux à avoir été dupés par ce qui pouvait sembler le plan d'enfer. La description qui suit correspond à la réalité des années 70 dans le milieu de la moyenne bourgeoisie et équivalent.

La boom limonade est une soirée qui a lieu l'après-midi et qui se déroule chez une copine ou un copain de classe. En règle générale, l'identité de l'organisateur n'a aucune importance. Les invitations sont distribuées dans le cadre de la classe. Imaginons que vous êtes l'organisateur.

Les contraintes de l'organisateur sont nombreuses. La première, question de fierté et de future notoriété, est de réussir à inviter le plus de monde possible car les invités, en fonction de leur projet à caractère libidineux qui pour le coup rime avec boutonneux, se préoccupent de connaître l'identité des autres, ce qui déterminera leur présence.
La deuxième contrainte, qui est un préalable non négociable, est le contrôle par la mère de famille de la moralité des invités. La moralité s'entend au sens large et peut, chez les plus tatillonnes, faire l'objet d'une recherche généalogique. La mère de famille n'aime pas les visages inconnus. Donc, en amont, la mère de famille sollicite son réseau d'informatrices, les autres mères connues et de bonne réputation, afin de collecter des informations qui lui permettront d'opposer son véto à la présence de tel ou tel dont on dit que..., qui parait-il aurait..., qui aurait des fréquentations..., dont la soeur aurait redoublé sa troisième année de maternelle. Il faut ensuite déterminer les heures d'ouverture et de fermeture. Puis la mère de famille rappelle les principaux points du règlement intérieur : interdiction de fumer, de boire de l'alcool, d'aller dans les chambres, de se livrer à des pratiques qui n'ont lieu d'être que dans le cadre du mariage, d'attenter à la virginité des jeunes filles, de faire se succéder deux slow, d'éteindre les lumières...

lundi 12 novembre 2007

Merci Christophe



Ce matin, je manquais d'énergie. J'ai donc essayé d'adapter les préceptes de notre économiste en cheftaine, j'ai nommé notre amie Christine qui, après avoir fait la promo du lissage dans le temps (j'aimerais qu'elle lisse de même sa bêtise), nous a fait part de son espoir de voir les prix baisser début 2008. Notre président a proclamé devant le congrès américain qu'elle était belle, je complète "et qu'elle se taise". Ce matin, j'étais donc face à l'alternative suivante : économiser mon énergie en restant couché ou la dépenser en allant travailler. J'ai choisi.

Vous avez raison, Christine ne s'appelle pas Christophe et réciproquement. J'étais partie pour vous dire un mot au sujet de monsieur Christophe de Margerie, PDG de TOTAL. J'ai écouté ses propos à la radio. Vous avez certainement remarqué que depuis quelques temps et ce jusqu'à épuisement, on nous bassine à propos des prix du pétrole dont par ailleurs je ne méconnais pas les effets, notamment sur ma facture de fuel.J'y reviendrai. Donc le journaliste demande à Christophe ce que compte faire son entreprise qui est citoyenne. Il répond "La contribution citoyenne de mon entreprise est de faire baisser les prix, du moins de ne pas les faire augmenter trop brusquement". Je m'attendais à ce qu'il ponctue sa réponse par "Humour".

Ensuite le journaliste lui demande si rester en Birmanie n'est pas un signe de soutien à la dictature. Christophe répond " Je crois que ça nuit (mais là, je fais la réponse moi-même) à la question. Ca nuit beaucoup moins qu'on le pense. C'était nécessaire. Ca reste plus que jamais nécessaire et si j'avais qu'un mot à dire : moi je suis absolument content qu'il y ait une reprise de dialogue entre la Lady, cette grande dame, et la Junte... C'est comme ça que ça doit se passer, c'est comme ça que nous avons toujours tout fait pour essayer que ça se passe parce que contrairement à ce qui a été dit, nous avons été actif mais de manière discrète dans ce domaine, c'est-à-dire pousser la Junte à s'améliorer, c'est pas difficile mais très certainement à faire en sorte que nous puissions rester en respectant notre code de conduite ; et c'est pas en faisant partir, probablement le dernier rempart de la démocratie dans ce pays, que vous allez faire avancer les choses. Très clairement, nous restons.".

Nom d'un pipeline, TOTAL est responsable du rétablissement de la démocratie en Birmanie mais pas de l'état des navires qui transportent son pétrole.

samedi 10 novembre 2007

Chronique du matin (plaisir)



Ce matin le ciel est gris. Les dernières feuilles du noisetier qui se trouve dans le jardin tentent de résister au vent. Les noisettes ont toutes été entreposées par l'écureuil du coin. A propos de noisettes, pendant l'été, le noisetier fait écran avec les voisins d'en face et la lointaine rue.

Ainsi, certains matins, avant que les sons de la routine ne me soient renvoyés par la rue, levé depuis quelques secondes, j'ouvre la fenêtre de la chambre, je regarde le noisetier et je me sens ailleurs. Je ne pense à rien, je ne fais que regarder. La sensation de premier matin du monde est renforcé par la tenue qui est la mienne durant ces premières secondes. Je laisse la fraîcheur se déposer sur mes membres. Si je me sens gagné par un sentiment de liberté et prêt à offrir mon corps à la nature, ce qui n'a aucun sens, mon envie d'exibitionnisme urbain est modéré par le fait que les balasts des corps caverneux peuvent mettre quelques minutes à se vider, non que j'ai honte de mon corps caverneux mais je préfère lui offrir une audience restreinte.

Pourtant, comme une mémoire cachée réveillée par un gène que l'air frais aurait ravivé, j'ai devant les yeux l'image d'un cerf humant l'air d'une clairière et essayant de déceler le parfum du désir.

Je referme la fenêtre avant de me mettre à bramer.

mardi 6 novembre 2007

Robert et moi




Voici donc la première écoute personnelle de mon premier disque de Led Zeppelin. Je pose le disque sur le tourne-disque, autrement appelé électrophone. Malgré un design plutôt anguleux qui lui donne l'aspect d'un objet de contrebande en provenance de la RDA, il possède des options. Le "posage" du bras pouvait être manuel ou automatique. Les deux étaient d'usage délicat. N'étant pas muni d'un système hydraulique, l'option manuelle pouvait donner lieu à un posage craquant, voir dérapant. L'option automatique quant à elle comportait le risque d'un posage hors cible avec ripage sur le côté. Comme l'on dit au foot, j'avais une super occase mais qui se terminait par un poteau sortant. Les spécialistes aprécieront.

J'ai dans mes connaissances, un puriste qui possédait un tourne disque, qu'il appelait pompeusement, avant l'heure, une mini chaîne. Il lui accolait le qualificatif de stéréophonique parce qu'elle possédait deux "enceintes" qui dans la réalité crachaient la même bouillie mais il semblait le seul à ne pas s'en apercevoir, pensant peut-être que deux mono étaient égaux à une stéréo. Donc, sa mini chaîne possédait, bienfait de la technologie, un bouton pour les aigus et un autre pour les graves ce qui lui permettait, à peu de frais, de jouer à l'ingénieur du son.

Emu mais la main ferme, j'ai posé le bras, et le saphir, diamant du pauvre, est entré en contact avec le sillon. Je ne sais pas si c'est la chambre en rotin à l'acoustique approximative ou si c'est l'enceinte qui jusque là, sur l'échelle de la violence phonique, n'avait jamais dépassé le palier Sheila, mais le résultat fut décevant. Black Dog semblait avoir un chat dans la gorge. Pour tout dire, j'étais l'auteur d'un sacrilège. C'était confiture au cochon et compagnie. Il est vrai que j'avais entendu dire par un de ces spécialistes en tout, que le pressage français était une catastrophe. Cette première fois m'avait laissé frustré.

Chronique du matin (envie)

La dernière fois, je vous ai fait part du plaisir de retarder le lever, blotti au fond du lit, dans la chaleur de la nuit que l'on tente de retenir comme dirait...
Après ce premier plaisir, je me lève et surgit avec force le premier désir, désir incidieux, désir qui me caresse, désir qui engourdit ma volonté, désir qui me fait entrevoir la volupté, j'ai nommé le désir de se recoucher. Vais-je résister? Certains matins, c'est triomphalement que la volonté s'impose, où mon esprit prend le pas sur mon corps. La victoire de l'un ou de l'autre se décide en quelques secondes.

Sorti du lit, j'ai froid et je sens que je vais céder. Rapidement, pour me donner bonne conscience, je cherche à quel moment je vais pouvoir gagner du temps pour effacer le retard mais c'est comme les économies budgétaires, difficile de trouver le poste de dépenses que l'on pourrait contracter. M'en remettant à l'improvisation, je replonge dans le lit. Sentir la chaleur se déposer sur ma peau est source d'un divin plaisir. Il faut que je me roule sans vergogne dans ce plaisir solitaire car il ne dure que quelques secondes. Allez savoir pourquoi, mais rapidement le plaisir fait place à la mauvaise conscience, à cette réalité que je ne me suis accordé qu'un sursis.

A chaque fois je me dis que je n'aurais pas dû me recoucher. La volonté, cet instrument de torture que l'on glorifie, n'a pas le triomphe modeste.

Lagarde devrait se rendre



J'étais prêt à fondre sur Christine, tel un rapace avide de sang sur sa proie, prêt à la déchiqueter, à la réduire en miettes, à la fouler d'un pieds vengeur, à lui faire avaler le micro, à lui faire goûter de la pompe à vélo pour lui signifier qu'elle me gonfle. J'étais prêt à tirer au bazooka sur l'ambulance. J'étais prêt à endosser les habits de Raoul. Et puis je me suis aperçu que ce n'était même plus une ambulance mais un brancard et je n'ai pu que baisser les armes. J'étais prêt à mettre un genou en terre et à prier, à prier pour qu'elle se taise, à prier pour qu'elle réfléchisse. Un retour en arrière pour expliquer ce début.

L'autre soir, j'écoutais distraitement les informations quand mon esprit, le mauvais, fut rebranché sur le secteur à l'annonce de la présence de notre ministre de l'économie. Le sujet était le prix du pétrole et ses répercutions sur notre pouvoir d'achat, pouvoir d'achat qui fait l'objet de toutes les attentions. Comme le dirait Vince, pas très fun le sujet et mauvais pour le karma. Donc, persuadé qu'elle allait nous gratifier d'analyses dignes du café du commerce, je m'apprêtais à prendre des notes. Dès les premières secondes je ressemblais à la Victoire de Samothrace.

Cette chère dame m'a découragé. J'étais consterné, j'avais honte pour elle. Pourquoi parler quand on n' a rien à dire? Si je n'avais qu'une chose à demander à un ministre c'est d'imaginer qu'il s'adresse à des personnes dotées d'une intelligence. Ayant pris la peine de l'écouter, les propos de Christine Lagarde étaient une insulte à mon intelligence. Qu'avons-nous fait pour mériter ça? Christine, tu ne me fais plus rire.

vendredi 2 novembre 2007

Trois hommes et des confins (suite et fin)

Nous voici donc partis pour la deuxième étape de notre soirée. Le parcours est trop court pour un discours. Après quelques hésitations, nous voici devant l'entrée d'un concept, le restaurant-brocante. Avant d'entrer, l'endroit donne lieu à des commentaires des connaisseurs. Ce que j'en comprends c'est que ce lieu a été conseillé par quelqu'un qui n'y est jamais allé, que trop contents, ceux qui y vont ne veulent pas prendre le risque d'aller ailleurs, que le menu est bon mais qu'il ne faut pas compter le prendre car on ne dispose jamais du temps nécessaire, qu'il nous faut donc nous rabattre sur les tartines et que ça vaut bien le menu.

Nous entrons et nous installons. Nous sommes six dont deux hommes. Le troisième homme, à l'emploi du temps toujours mystérieux, arrivera plus tard avec sa moitié à plein temps. En attendant nous commandons les tartines et les patates chaudes. Le dernier couple nous ayant avertis d'un prévisible retard, nous décidons de commencer sans eux. Dans la série l'herbe est plus verte dans le champ d'à côté, mon voisin d'en face, un coutumier du fait, qui a choisi une tartine, lorgne avec envie et regret sur la patate chaude de sa voisine. Il accepterait qu'on lui refile.

Comme souvent, la conversation porte sur les absents qui ne sont que des présents en retard. En choeur nous louons cette rencontre qui fait d'eux un gentil petit couple, qui est si bien assorti. On ne pouvait pas rêver mieux. Comme quoi, il suffit d'être patient. Ce qui fait plaisir, c'est qu'il est épanoui. D'un autre côté, il faut qu'ils apprennent à se connaître. Toujours est-il qu'on ne pouvait pas espérer mieux. Il n'y a qu'à les voir se tenir par la main.

Après avoir découvert que les toilettes étaient à la dimension de la propriétaire des lieux, ce qui se matérialise par un manque d'aisance pour les plus d'un mètre cinquante, obligeant à des acrobaties au risque de devoir renoncer à certaines options qui permettent habituellemnt de faire deux choses à la fois, nous nous sommes dirigés vers Saint-Ouen d'Attez, derniers confins de la civilisation normande.

Nous sommes entrés dans le petit bar bruissant d'une animation que la nuit ne laissait pas présager. Nous sommes accueillis par Hélène et Emmanuel qui font revivre le village et battre en choeur la campagne. Nous avons écouté un gars qui écrit des textes sur lesquels il met des notes de musique et une chanteuse accompagnée d'un contre-bassiste dont le physique a retenu toute l'attention de la gente féminine alors que concernant la chanteuse mon voisin me précisa qu'il n'avait aucune attirance pour la progéniture de Sim.

Et arrive le moment où il faut partir. On essaye toujours de prolonger un peu en espérant qu'il y en aura bien un qui dira "Bon, allez, on reste", le mieux étant "Allez, vous restez, on va bien réussir à se tasser", mais c'est rare. Pourquoi faut-il toujours quitter ceux avec qui on se sent bien, surtout si c'est pour finir par aller là où l'on a pas envie d'aller? A défaut de pouvoir rester, il faudrait pouvoir se quitter comme la lumière du jour laisse la place à la nuit.

mardi 30 octobre 2007

Merci Christine



Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'emploi est une pointure, du moins nous l'a-t-on vendu comme telle. Elle a exercé ses talents avec succès outre-Atlantique dans un des plus importants cabinets d'avocats. Ainsi, tout comme notre ami Jean-François, elle a su garder les pieds sur terre, se coltiner la réalité, ses escarpins couverts de la poussière des moquettes. Et pourtant...

Je la suis de près depuis quelques temps, friand de ses analyses de la situation. Elle occupe son poste actuel depuis le mois de juin. Ce matin, certainement après avoir potassé à fond les dossiers préparés par ses collaborateurs, elle analyse ainsi, sur France Info, la situation monétaire et pétrolière : "Christine Lagarde a par ailleurs souligné qu'un euro fort permet de compenser l'impact des prix élevés du pétrole qui sont libellés en dollar". A sa décharge, l'étude de son CV nous révèle qu'elle n'a pas bénéficié de formation en économie. Il me semble qu'un des engagements de Nicolas Sarkozy était d'être plus proche de ses concitoyens. A l'évidence, Christine Lagarde a fait sien cet engagement. La profondeur de son analyse en fait une femme comme les autres.

Il y a peu, pour mettre fin à la suspicion qui pesait sur les statistiques du chômage, madame Lagarde a, pour faire court, d'une part demandé à l'INSEE de revoir ses méthodes de calcul et d'autre part de ne plus publier que des statistiques trimestrielles, tout en maintenant les statistiques mensuelles de l'ANPE, considérant que seule cette périodicité trimestrielle permettrait d'apprécier une tendance, alors que des données mensuelles n'étaient sujettes qu'à des polémiques comme il se doit stériles. Ainsi, les prochaines statistiques dignes de foi seront publiées mi-novembre.

Pourtant, Madame Lagarde n'a pu s'empêcher de dire, à propos des statistiques mensuelles de septembre:
"Je vous signale que nous aurons à la fin de la journée un chiffre qui devrait être absolument positif... sur la baisse du nombre de demandeurs d'emploi"

Par ailleurs, le "absolument positif sur la baisse" est, comme l'on dit, absolument savoureux.gj