Pendant toute la campagne électorale et dieu sait si elle a été longue, j’ai entendu l’ex-président et l’ex-majorité nous affirmer péremptoirement que la France était le seul pays où le pouvoir d’achat avait augmenté durant les 5 dernières années et notamment de 0.4% en 2011 et tout ceci sur la foi des données publiées par l’INSEE. Et qu’apprends-je ce matin en descendant l’escalier, trait d’union boisé entre la salle de bain et la cuisine, par le truchement d’un journaliste de France culture ? Que non seulement le pouvoir d’achat n’avait pas augmenté en 2011 mais qu’en fait il avait baissé de 0.1%.
Fin de la première partie qui pourrait faire croire que l’institut était pro-sarkoziste.
Ce n’est bien sûr pas une erreur de l’INSEE car chacun sait que, particulièrement dans le domaine des statistiques économiques, plusieurs mois sont nécessaires pour consolider les données. Mais chacun le sait-il ? Je ne sais pas si ce type de données chiffrées a une quelconque influence sur notre vote mais si c’est le cas, même pour une faible part,c’est un sujet intéressant dont il faudrait débattre.
Ils ont vanté son courage, son sens des responsabilités, son engagement et peut-être même sa fidélité (pourquoi pas). Même si ils ont eu des coups de mou, ils l’ont soutenu jusqu’au bout. Ils ont justifié tout ce qu’il a dit et fait. Les réunissant régulièrement à l’Elysée, il leur a parfois remonté le moral. Ils ressortaient de là gonflés à bloc, en admiration devant leur champion, cet être qui n’est qu’énergie et volonté. Les doutes disparaissaient. Ils étaient à nouveau des killers. Il ne faisait aucun doute qu’il allait être réélu, il ne faisait donc aucun doute qu’ils seraient réélus.
Et puis il n’a pas été réélu, de justesse ont dit certains. D’autres ont suggéré qu’il avait presque été réélu. Alors, qu’a fait le combattant, le guerrier, celui qui ne s’avoue jamais vaincu, celui qui lutte contre l’adversité, celui qui n’a pas de tabou, celui qui met tout sur la table, celui qui ne renonce jamais ? Rien. Il n’a rien fait. Il avait perdu son combat seul contre tous, alors à quoi bon continuer. Les autres, ceux qui l’avaient soutenu ? Qu’ils se débrouillent. Lui n’assumait plus rien.
"Homosexualité, actes pédophiles et même tentatives de copulation avec des femelles décédées"
Cette information a retenu toute mon attention mais sur le moment je n’ai pas su quoi en faire. Elle pouvait se suffire à elle-même. Ces comportements sont ceux de manchots observés en 1927 par un explorateur anglais. Dans un premier temps, je me suis dit que le manchot et moi ne partageons pas les mêmes valeurs. Poursuivant cette réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion que ce n’était pas une raison pour rejeter le manchot. Si ses comportements sont condamnables, et je les condamne avec la plus extrême fermeté, il n’en demeure pas moins que le manchot et moi avons des valeurs communes. C’est par son travail de chaque jour, n’hésitant pas à se lever tôt, qu’il assure le bien-être des siens. Il défend son territoire avec opiniâtreté. De plus, la famille est un des piliers de la civilisation manchote. Donc exception faite de quelques débordements, le manchot et moi nous retrouvons sur l’essentiel.
"Contre l'assistanat et le matraquage fiscal des classes moyennes, revalorisons le travail et le pouvoir d'achat", "Contre le communautarisme (...) refus du droit de vote des étrangers", "Contre le laxisme aux frontières de l'Europe, réduisons l'immigration pour réussir l'intégration"."Ensemble, choisissons la France".
Après ces phrases qui sentent bon l’exclusion, apparaît le mot « ensemble ». Qui peut donc bien faire partie de cet « ensemble » ? Allez savoir pourquoi, cela me rappelle ce que l’on a appelé les math modernes qui m’ont fait regretter les anciennes. Il y avait des ensembles, qu’il me semble on appelait des patates. Je ne comprenais pas qui était dans quoi. Ce devait être la théorie des ensembles. Il y avait plusieurs ensembles, les uns dans les autres. L’échangisme, catégorie patate. Je suppose donc que JEF Copé a étudié la théorie des ensembles et qu’il en a retenu qu’il ne faut pas confondre ensemble et tous ensemble. "Ensemble, choisissons la France" n’est ainsi en rien un slogan de rassemblement, d’unité. JEF s’intéresse aux chiffres qui se trouvent après la virgule. Vision étriquée.
C’est un ensemble qui exclut, qui ne conçoit pas de compromis.
"Contre l'assistanat et le matraquage fiscal des classes moyennes, revalorisons le travail et le pouvoir d'achat", "Contre le communautarisme (...) refus du droit de vote des étrangers", "Contre le laxisme aux frontières de l'Europe, réduisons l'immigration pour réussir l'intégration"."Ensemble, choisissons la France".
Imaginons une personne qui aurait quitté la France il y a 10 ans, qui n'aurait pas suivi la vie politique depuis et qui reviendrait aujourd'hui. Si on lui pose la question suivante "De quel parti émane les ci-dessus slogans écrits en gras?" Nous connaissons tous la réponse qui surgirait, sans délai, sans la moindre hésitation. Si on lui répondait "Non, ce n'est pas le front national c'est...", peut-être nous répondrait-il "C'est pas possible, comment en est-on arrivé là?"
On remarquera que ces slogans sont charpentés par le mot "contre", par la peur, le repli sur soi, la désignation des coupables, la hiérarchisation des individus. La suite demain.
Au début, je n'y ai pas cru. Je me suis dit "ça c'est un coup de la Morano". Et puis j'ai dû me rendre à l'évidence. Cet homme toujours bien coiffé, jamais une faute de goût, au langage toujours mesuré, jamais un mot plus haut que l'autre, faisant montre d'une ambition maîtrisée, venait de perdre le contrôle de sa limousine linguistique en affirmant que "Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche". A-t-il la nostalgie de son ancien patron? A force de s'effacer pendant cinq ans, pour finir par avoir l'épaisseur d'une ombre, il allait disparaître par trop de transparence. Comme De Valvert au summum de son imagination parlait d'un grand nez, notre gars François croit certainement pouvoir à nouveau exister en réduisant l'art du débat à quelques propos vulgaires. Quel enculé!
Le président n'est pas encore entré en fonction, il n'a encore pris aucune décision, le gouvernement n'a pas été constitué et pourtant...
Et pourtant, JF Copé, certainement désoeuvré, se lance dans d'interminables charges contre le nouveau pouvoir. Soucieux de garder sa place à la tête de l'UMP, il concourt pour le titre de premier opposant. Bien qu'un peu plus subtil que le maire d'Aix en Provence, il conteste de façon insidieuse la légitimité de l'élection du nouveau président. Pour résumer, ceux qui ont voté pour ont en fait voté contre le sortant et n'ont donc pas vraiment choisi celui pour qui ils ont voté. Pour ce qui concerne les autres, ceux qui ont voté pour pour voter pour, ils n'adhèrent pas au programme de celui pour qui ils ont voté pour. Pour tout dire, ils n'ont pas compris le programme. Sinon ils n'auraient pas voté pour. La raison en est simple. Le programme du nouveau président va à l'encontre des intérêts de notre pays. Il n'est donc pas concevable que des français votent contre leur intérêt. S'ils l'ont fait, c'est qu'ils ont été trompés. Celui qui a été élu ne leur a pas dit la vérité. Il a louvoyé, tergiversé, esquivé. Et malgré tout, des millions d'abrutis ont voté pour lui.
A écouter notre ami Copé, le danger est si grand, si imminent de voir sombrer notre pays qu'il serait légitime d'organiser dans les plus brefs délais une nouvelle élection présidentielle à un tour et un seul candidat.
Notre président s'agitait et nous étions fatigués. Notre président désignait les coupables, faisait le tri entre les bons et les mauvais et nous étions fatigués. Notre président nous offrait la peur, nous promettait le chaos et nous étions fatigués. Nous avons voté comme pour obtenir un peu de tranquilité, à la recherche du calme et de la sérénité, ne serait-ce que pour quelques semaines. Même si la conviction de notre vote avait connu des temps plus glorieux, nous souhaitions qu'elle soit respectée. Nous pensions que la légitimité du pouvoir que nous avions confié à un homme, puisqu'il en est ainsi dans notre pays, serait reçue comme un choix démocratique. Non. Même ça nous ne l'avons pas obtenu
Parti non en mais dans la campagne, je n'ai pas pu m'empêcher de la suivre. Bien qu'isolé de tout, je n'ai pas eu la volonté d'être loin de tout et proche du reste. A la réflexion, j'aurais dû. Ce que j'ai entendu a eu le don de m'exaspérer, de me consterner. Je me suis demandé comment nous avions pu en arriver là.
J'ai suivi avec curiosité les évolutions sémantiques du travail, notion dans laquelle je ne distingue pas la plus infime once de valeur. Qu'est-ce qu'une valeur qui provoque la mort (amiante et autres), qui pousse au suicide...
Notre président nous a fait découvrir qu'il existait un vrai travail. Même si il ne nous a pas expliqué ce qui le distinguait d'un éventuel autre travail, cela lui a permis une nouvelle fois de désigner des coupables. Ceux qui ont un vrai travail sont probablement des vrais français. Ensuite, constatant peut-être que l'expression n'avait aucun sens, c'est avec courage qu'il a déclaré et répété qu'il ne l'avait pas dite. Et puis, se heurtant à l'évidence, il nous a expliqué que ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire. Je me suis donc demandé comment être certain que ce que dit notre président est bien ce qu'il a voulu dire. Devons nous attendre qu'il nous dise "Je valide"?
«Première question: êtes-vous d'accord pour qu'il y ait un droit à la formation professionnelle, quel que soit l'âge? Deuxième question: êtes-vous d'accord pour qu'après qu'on vous ait formé, on soit obligé d'accepter l'offre d'emploi qui correspond à cette formation?»
Notre encore président jusqu'à la dernière seconde et qui gouvernera jusqu'au bout (toucher le bout, toucher le fond, toucher le fond avec le bout) aime le peuple. Mais il n'aime pas les corps qui sont intermédiaires. Ces corps z'intermédiaires, sorte d'avatars qui brouillent la vision du peuple, qui trahissent ceux qu'ils sont censés représenter. Notre président a donc décidé d'utiliser le référendum pour régler nos problèmes.
Il aime tellement le peuple que pour commencer il lui pose deux questions d'un coup (voir ci-dessus). Mais comme il s'agit d'un référendum et que nous avons précédemment vu que la démocratie a ses limites , le peuple n'aura droit qu'à une réponse.
La syntaxe a également retenu mon attention. J'aime beaucoup la légèreté du "pour qu'après qu'on". L'utilisation de phrases longues nécessite une bonne maîtrise de la grammaire et notamment la maîtrise des pronoms personnels, au risque de proposer des questions dont le sens peut échapper à celui qui doit y répondre. Dans "qu'on vous ait formé" le on forme le vous. Mais dans "on soit obligé d'accepter" le vous, celui que l'on forme, a disparu. Il ne reste plus que le on. De quel on parle notre président? Celui qui forme ou celui qui est formé?
Plus que jamais notre président essaye de nous faire peur. Il joue tous les actes, toutes les scènes, toutes les répliques de cette pitoyable pièce "Moi ou le chaos". Un bon électeur est-il un électeur qui a peur? Ce ne sont plus les chars soviétiques sur les Champs Elysées mais la ruine, la désolation, la misère. Tel Vercingétorix à Alésia, la France, redevenue la Gaule, mettra genou à terre et courbera l'échine, passera sous les fourches caudines, ira de Charybde en Sylla. Ce sera Sedan, Waterloo et autre retraite de Russie. Est-il bien raisonnable de nous laisser voter, de nous laisser choisir? Notre président, toujours aussi clairvoyant, pointe du doigt les limites de la démocratie à moins qu'il ne veuille y fixer ses propres limites.
Notre président est un homme. Il est capable d'avoir des regrets. Le dernier en date concerne le discours de Grenoble. Si il le prononçait aujourd'hui, il ne mentionnerait pas les Roms. Si l'on considère qu'il est sincère, même si il n'en pense pas moins, il admet que désigner les Roms n'était pas bien. C'est du moins ainsi que l'on peut interpréter ses propos. Ce n'est qu'une interprétation car si aujourd'hui il ne mentionnerait plus, il ne dit pas pourquoi. Il est dommage que le journaliste ne lui demande pas pourquoi ce changement. J'ai le sentiment que c'était une occasion de nous éclairer sur la pensée de notre président, de nous aider à comprendre cette attitude qui consiste à sans cesse désigner des coupables, accréditant ainsi des thèses dont nous devrions avoir honte, des idées reçues qui nous divisent, qui nous confortent dans l'idée qu'il n'est pas utile de s'interroger sur le fonctionnement de notre société et qui évitent toute remise en cause.
Elle a déclaré que Nicolas Sarkozy avait accompli "un boulot extraordinaire en intensité, en quantité et sur un certain nombre de choses extrêmement bénéfiques pour les entreprises", mais elle a souligné qu'elle ne s'engageait "pas sur l'avenir" et qu'il ne revenait pas "à des organisations professionnelles (comme le Medef) d'être partisans"."Le Medef est une structure indépendante, je suis élue, je parle au nom des entreprises".
Même si il y a beaucoup à dire, je me suis dit que cette déclaration de Mme Parisot se suffisait à elle même.
Et aujourd'hui notre président est arrivé au bout de la destruction. Il finit de déchirer le tissu avec l'ultime désignation d'un dernier coupable, le syndicat. Jamais notre président n'aura été Président. Je dois pour autant vous avouer que je ne sais pas ce qu'il est. Il a cette capacité à voir notre pays comme un ensemble de blocs. Sans prendre le temps d'analyser, d'essayer de comprendre le pourquoi, il désigne des blocs qui sont les ennemis du peuple qu'il protège. Mais à force de désigner des coupables qui tromperaient son peuple, nous sommes en droit de nous demander qui compose ce peuple, reste-t-il quelqu'un? Fais-je partie de ce peuple? Manifestement, le peuple est devenu une élite qu'il y a peu notre président fustigeait (j'adore ce verbe).
Je dois vous avouer que la photo a guidé ma main. J'ai beau me douter, je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi. Pourquoi notre président dénigre-t-il l'un après l'autre nos syndicats? Je me souviens d'un temps pas très ancien. Un temps où notre président, conscient que les corps intermédiaires faisaient vivre notre démocratie, avait décidé de rénover, de modifier, de faire évoluer le dialogue social. Il nous faisait part de sa volonté, dieu sait qu'il en a, de consulter les partenaires sociaux autant que de besoin. Certainement mieux conseillé, il avait compris que la démocratie protéiforme se décline, se conjugue, se diffuse, se répand, se développe, vit.
J’ai lu un article dont le titre était « La sodomie gagne du terrain ». Sur le coup je me suis demandé si cela signifiait que le nombre de pratiquants était en augmentation ou si avec la pratique on parvenait à gagner en profondeur. Après l’avoir lu, j’ai pu constater que l’article développait l’orientation quantitative de cette pratique.
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la nature sexuelle de la sodomie qui a retenu mon attention, mais la concomitance de cet article et de la campagne électorale qui m'a laissé perplexe et a mis en éveil ma méfiance. S'il était utile de le préciser, ça me fait plaisir, j'ai soudain associé les promesses électorales au contenu d'un tube de lubrifiant qui j'espère est efficace. C'est tout.
"Les chiffres de ce soir manifesteront une amélioration de la situation avec une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs. Cette augmentation sera assez modérée". En lisant ces phrases prononcées par notre président, j’ai souri. La baisse de l’augmentation est un grand classique. Une sorte de comique de répétition qu’en son temps maniait très bien Christine Lagarde. Notre président innove en utilisant le terme « tendancielle » ce qui permet de laisser un espace entre baisse et augmentation. Comme un nouveau leader révolutionnaire, il imagine que les chiffres vont manifester en sa faveur et va les envoyer arpenter le pavé pour tenter de nous convaincre que la situation s'améliore. Mais quelle situation. Il ne précise d'ailleurs pas que c'est la notre. L'augmentation sera "assez modérée". Assez modérée pour qui? Je comprendrais cette phrase si elle était prononcée par un statisticien. Le dernier mot à Olivier Besancenot "En tout cas, ce n'est pas une baisse du foutage de gueule"
Notamment en politique, les chiffres sont à la vérité ce que la bite est à l'amour. Je dois vous avouer que j'ai hésité avant d'écrire cette phrase. Non que je ne savais pas par quel bout prendre ce sujet, mais je me suis demandé si il était opportun de lier le public à l'intime. Alors pourquoi cette phrase? La campagne électorale est l'occasion pour chaque candidat de sortir de son chapeau une ribambelle de chiffres (qui sont des nombres) dont on ignore souvent la source, le but de l'étude qui a donné ces résultats et la démarche qui a permis de produire ces données. Un chiffre seul est comme une bite molle, il ne sert à rien. Là aussi j'ai hésité. Très souvent, les données avancées avec autorité par les candidats sont soit fausses, soit approximatives, soit n'éclairent qu'une partie du sujet. Ce qui donne une idée du respect dans lequel est tenu l'électeur. Pour une raison que je veux ignorer, rares sont les journalistes qui apportent la contradiction. Donc, comme la bite, rien ne sert d'avoir de gros chiffres si l'on ne sait pas s'en servir, si ils se dégonflent à la première analyse. Là je n'ai pas hésité. Un des derniers exemples concerne le meeting de Villepinte. Jef Copé avait décidé qu'il aurait la plus grosse affluence. Chose promise... Il annonça entre 70 et 80 mille participants. C'était en effet la plus grosse. Jusqu'à ce qu'un petit malin s'informe de la surface du lieu, en retire celle des allées et de la très grande scène et divise le résultat par 1 m2, surface occupée par un militant assis, ce qu'ils étaient. Résultat : 35 mille participants. Jef avait mis du coton dans son slip.
A peine le corps commence-t-il à refroidir que notre président nous promet des mesures. Des mesures contre l’apologie du terrorisme, des mesures contre toute personne se rendant à l’étranger pour y suivre des endoctrinements, des mesures contre toute personne consultant régulièrement des sites internet qui font l'apologie du terrorisme.
Prenons des mesures, même si elles sont juridiquement inapplicables nous réfléchirons plus tard. Il sera toujours temps. Et puis si nous n'avons pas le temps de réfléchir, il ne sera pas dit que nous n'avons rien fait. Ou plutôt il ne sera pas dit que nous n'avons pas dit ce que nous ne manquerions pas de faire. A moins que ce soit l'inverse.
Je me suis dit que notre président aurait pu en profiter pour prendre des mesures contre ceux qui font font l'apologie de la productivité qui conduit tant de salariés à se suicider, qui provoque tant d'accidents mortels, qui est à l'origine de tant de vie brisées. Mais il est vrai que la douleur et le désespoir ne se mesure pas.
"Si le peuple de France décide que la majorité silencieuse refuse le diktat de la pensée unique, refuse les scénarios écrits à l'avance, refuse qu'on lui impose des idées dont elle ne veut pas, et si ce peuple de France, où qu'il se trouve, quel qu'il soit, dit 'maintenant, ça suffit, c'est nous en liberté qui choisirons le prochain président de la République' alors, je vous le dis (...) oui, on va gagner"
Sans trop savoir pourquoi, j'ai deviné que cette phrase de notre Président était remarquable. Ce concept de majorité silencieuse. Comment connaître les pensées de celui qui ne s'exprime pas? Qui ne dit mot consent. Si j'ai globalement compris qu'il fallait voter pour notre Président, je dois vous avouer que dans le détail ma capacité à comprendre a été mise à rude épreuve. Ainsi ce début de phrase "Si le peuple de France décide que la majorité silencieuse refuse le diktat de la pensée unique" m'a laissé perplexe. Je ne vais pas faire semblant. Je n'ai pas compris. Notre Président a, probablement pressé par le temps comme un équipier de fast-food, essayé de regrouper les concepts qui structurent sa pensée rendant ainsi incompréhensible ses propos à celui qui souhaiterait prendre le temps de les analyser. Bien sûr, la phrase complète n'a pas pour vocation à être décortiquée. Elle est le refrain d'une chanson populaire dont la musique entraînante transforme les mots en un simple rythme qui conforte les certitudes.
Pour notre président être libre c'est voter pour lui. En votant pour lui, la majorité silencieuse s'exprimera en silence. Dans cette phrase, notre président décrit une menace qui planerait sur le peuple et qui l'empêcherait d'exercer le droit de choisir son gouvernant. Cette menace se sont tous ceux qui se placent entre le président et son peuple. Qui d'autre que le peuple choisira sauf à croire, comme semble le penser notre président, que nous n'avons pas le choix. A pensée unique, candidat unique.