mardi 10 janvier 2017
Presque parfait
Les jours d'équinoxe, sans équivoque, les vioques évoquent l'époque des breloques et des smocks assis sur un pabouk près des docks.
lundi 9 janvier 2017
Dans l'eau (c'est le dernier, c'est promis)
J'étais le dernier
Dans le canoé
Je t'ai fait ohé
Et tu t'es noyée
T'avais la tête sous l'eau
Moi dans le bateau
Tu faisais des bulles
Au fond d'la Vistule
Encore une brasse
Tu bois la tasse
T'es toute mouillée
Touchée coulée
Y a rien de pire
Tomber du navire
Vaut mieux en rire
Plutôt qu'un soupir
Tombée à la baille
J'tai dit bye-bye
Une autre j'pêcherai
Une qui sait nager
Dans le canoé
Je t'ai fait ohé
Et tu t'es noyée
T'avais la tête sous l'eau
Moi dans le bateau
Tu faisais des bulles
Au fond d'la Vistule
Encore une brasse
Tu bois la tasse
T'es toute mouillée
Touchée coulée
Y a rien de pire
Tomber du navire
Vaut mieux en rire
Plutôt qu'un soupir
Tombée à la baille
J'tai dit bye-bye
Une autre j'pêcherai
Une qui sait nager
dimanche 8 janvier 2017
Un soir au concert (avec vidéo)
Hier soir je me suis rendu at The Saturnight Folk Revue, épisode numéro 4 dont le thème était "The folk et la british invasion".Ce qui veut dire que trois épisodes l'ont précédé. Ceci dit car je regrette et déplore qu'il n'y ait pas de replay possible pour les épisodes que j'ai loupés, ce qui aurait pu être le cas de celui-ci dont je n'ai eu connaissance que très tardivement. A force de ne pas être toujours là, on finit par être ailleurs.
Donc hier soir, c'était la fête principalement aux Beatles, plutôt première mouture, aux Stones et autres Who. Je n'aborderai pas l'aspect historique de l'invasion, qui a fait quoi en premier avec qui et qui qui a influencé qui, les spécialistes ne semblant pas s'accorder. Qu'importe. Nous avons écouté de la musique et nous étions venus pour ça. Pas de mur du son ce qui n'est pas plus mal, j'avais oublié mes bouchons que par ailleurs j'ai fait sauter (juste pour dire). Un point anthropologique concernant cette agréable soirée et d'autres. Globalement, tous les concerts auxquels j'assiste ont un point commun. Ce point commun concerne les spectateurs.
A titre personnel, j'aurais préféré que les reprises concernent un nombre plus important de groupes de cette époque. Dieu sait qu'il y a de quoi faire. Quoi qu'il en soit, je reviendrai.
https://youtu.be/iehU4KU8o-g. (lien vers une vidéo)
samedi 7 janvier 2017
Un soir au cinéma
Cette fois-ci je m'étais dis que je ne le ferais pas. Au début, dès la fin du film, j'étais un peu dans le flou. Pour tout dire, une partie du film m'avait échappé. Je me suis endormi. Si en soi ce n'est pas inhabituel sans être systématique, je ne sais pas combien de temps j'ai gardé les yeux fermés. De plus, les ellipses que contient ce film renforcent le sentiment d'incertitude. Me suis-je endormi une, dix, trente minutes? Malgré tout, encouragé à relever le défi, bien modeste, je chronique ce film.
Le héros quitte sa famille et la campagne pour rejoindre des amis qui travaillent près de Phnom Penh sur le chantier d'un projet immobilier de luxe. Par hasard, il retrouve son frère, parti depuis plusieurs années, qui évolue parmi la jeunesse dorée cambodgienne. A l'opposé du héros et de ses amis qui vivent de peu. L'histoire se déroule au rythme du Mékong dans une société encore très rurale mais dont la capitale et certains de ses habitants tentent de vivre à l'heure occidentale jusqu'à fêter la saint Valentin. Le héros est confronté aux choix, donc aux renoncements. Que va-t-il choisir? Si vous ne vous endormez pas vous le saurez.
Encore un film pas drôle allez-vous penser. C'est vrai mais touchant, nostalgique, le tout baignant dans une douce tristesse.
Le héros quitte sa famille et la campagne pour rejoindre des amis qui travaillent près de Phnom Penh sur le chantier d'un projet immobilier de luxe. Par hasard, il retrouve son frère, parti depuis plusieurs années, qui évolue parmi la jeunesse dorée cambodgienne. A l'opposé du héros et de ses amis qui vivent de peu. L'histoire se déroule au rythme du Mékong dans une société encore très rurale mais dont la capitale et certains de ses habitants tentent de vivre à l'heure occidentale jusqu'à fêter la saint Valentin. Le héros est confronté aux choix, donc aux renoncements. Que va-t-il choisir? Si vous ne vous endormez pas vous le saurez.
Encore un film pas drôle allez-vous penser. C'est vrai mais touchant, nostalgique, le tout baignant dans une douce tristesse.
vendredi 6 janvier 2017
Injonction
Ce matin, comme Goldman, je marchais seul. Seul dans les rues de Rouen. Seul avec quelques livres dont je venais de faire l'acquisition. J'avais envie de boire un café. Je n'avais pas envie de le boire seul. Par expérience, je savais qu'il était plus agréable de le faire avec une femme. Bien sûr, j'ai vécu plusieurs expériences avec des hommes mais ce matin j'étais en quête de spiritualité, de culture, de subtilité. C'est ainsi qu'avec toute la délicatesse dont je suis capable, je me mis à aborder des femmes pour leur proposer de boire un café ensemble. Je pris soin de leur faire part de ma quête. Est-ce ma tête de repris de justice, mes grandes mains, mes grandes oreilles, ma grosse voix, toujours est-il que je n'ai essuyé que des refus et les larmes qu'ils ont occasionnées. L'envie de café ne m'ayant pas quitté, je me suis retrouvé seul face à une tasse sans charme au café des Carmes. Et là, après avoir, faute de mieux, retourné mes nouveaux livres dans tous les sens, je laissai la rue me distraire. J'y vis un homme. Un homme, vêtu à la gentleman farmer, qui promenait deux chiens. Deux chiens qui agissaient comme des chiens. Ils reniflaient tout en tirant sur leur laisse. L'homme, grand, en cela qu'il mesurait plus d'un mètre soixante-quinze, d'une grandeur avoisinant les un mètre quatre-vingt-dix et précédé d'un embonpoint de retraité, offrait au regard de tout un chacun l'image de la sérénité de celui qui maîtrise tant son environnement que sa vie. Alors que tout semblait sur les rails, je le vis secoué d'une nerveuse agitation. Se répandait sur son visage la panique, dont j'ignorais encore l'origine. D'un seul coup, les chiens passaient du rôle de marqueur du statut social de leur propriétaire à celui de choses embarrassantes. Contraint de tenir leur laisse d'une seule main, il plongea l'autre dans une poche intérieure de son manteau. Ne parvenant pas à extraire ce qu'il cherchait, sa quête devint frénétique. Quant à eux, les chiens continuaient d'être des chiens. L'homme, délaissé par la sérénité, finit par extirper l'objet. Un portable. Dans sa main gauche deux laisses, dans la droite le portable. Souhaitant à tout prix répondre à son correspondant, il entreprit, à l'aide d'un doigt de sa main gauche, d'appuyer sur l'écran. Mais la précipitation dont il fit preuve ajoutée aux chiens qui continuaient d'agir comme des chiens, empêchait son doigt d'atteindre le point qui lui aurait permis d'entrer en contact. Pour obtenir davantage de latitude, il tira sur les deux laisses tendues. Peut-être trop brusquement. En réaction, les chiens tirèrent vigoureusement emportant leur propriétaire qui disparut de ma vue.
mercredi 4 janvier 2017
Artériel
Monsieur Lamble gît là depuis...Lui-même ne sait plus. Cela n'a d'ailleurs aucune importance. Depuis déjà quelque temps, monsieur Lamble voit sa mémoire s'effilocher. Sa vie disparaître. D'autres s'en souviennent peut-être mieux que lui. Ce qu'il a été s'éparpille dans d'autres mémoires. Ses souvenirs s'évanouissent. Du couloir lui parviennent des voix ainsi que des bruits qu'il ne réussit pas à identifier. Parfois le claquement d'une porte. Ce qu'il a cru reconnaître la dernière fois. La dernière fois. Cette impression que sa vie n'est maintenant plus qu'une suite de dernières fois. Tout avait commencé par une succession de première fois. Les premiers pleurs, le premier souffle, le premier baiser , la première caresse maternelle, le premier sein à téter, le premier mot, le premier pas, le premier sourire, le premier chagrin, la première injustice, le premier regret, la première trahison, le premier espoir, le premier désir, la première fille, le premier amour, la première fois. Cette première fois s'est effacée. Il se débat dans le grand effacement. Il a été cette eau claire et vive qui débordait, qui éclaboussait, qui se répandait, qui brillait dans le jour. Maintenant sa vie s'offre comme une plage à marée basse piétinée par les estivants. Une page traversée de mots perdus entre les lignes. Le néon peine à éclairer la chambre. Il permet de deviner. Qu'aurait-il encore à découvrir? Si ce n'est mourir, quelle première fois lui reste-t-il? Il est devenu un adepte des plaisirs de proximité. A proximité de ses
mains. Ses jambes font de la figuration. Par la force des choses, il est
devenu un homme tronc immobile dans une vie tronquée. Il regarde ses mains posées de part et d'autre de son corps. Elles reposent le drap. Il aime sentir sa douceur sous ses doigts tremblants. Il se souvient de draps entortillés dans les odeurs d'intromissions. Il sait. Mais s'il avait su que c'était la dernière fois, il aurait...Il veut se souvenir du désir. Se laisser glisser encore une fois. Quand ce qu'il croit être la nuit s'installe, les yeux mi clos, il attend. Il semble aussi immobile que le reste de la journée mais dans cette attente s'éveille ce qui subsiste. La porte s'ouvre et elle entre. Depuis combien de temps n'a-t-il pas ouvert une porte? Il a toujours l'impression qu'elle lui sourit. Elle fait le tour du lit. Toujours par la gauche. Elle prend son bras et le soulève. Juste assez pour le glisser dans le brassard. Il ferme les yeux. Son bras est enserré. La tension. Elle prend son poignet. De ses doigts, elle exerce une légère pression. Encore quelques secondes. Le sifflement de l'air qui s'échappe et libère son bras qui retombe le long de son corps. Il aimerait tant une dernière fois.
Souvenir
Le visage de l'aurore
Dans la lézarde des pleurs
S'évanouit comme un détour
Le jour des contre-cœurs
Au bord des heures usées
Le reste des lointains clairs
Déchire d'un éclat amusé
Ce qui nous reste de chair
A la croisée des demains
Nos souffles se déposeront
Dans le creux de nos mains
Quand les regrets se défont.
Dans la lézarde des pleurs
S'évanouit comme un détour
Le jour des contre-cœurs
Au bord des heures usées
Le reste des lointains clairs
Déchire d'un éclat amusé
Ce qui nous reste de chair
A la croisée des demains
Nos souffles se déposeront
Dans le creux de nos mains
Quand les regrets se défont.
lundi 2 janvier 2017
Après ça c'est fini (éphémère résolution)
Ton amour file
De l'un à l'autre
Nouvelle apôtre
Ton amour se défile
Oh dis moi Camille
Bois d'la camomille
Oh dis moi Camille
Faut plus qu'tu frétilles
Ton amour file
Et c'est coton
Ton amour file
Et c'est bonbon
Tu les aimes à la file
Comme ça tranquille
Comme des quilles
Ils tombent à la file
De fil en aiguille
T'aimes les filles
Tu t'fais pas d'bile
Tu les entortilles
Je r'couds débile
J'mets plus dans l'mille
Depuis l'an mil
Ton amour file
De l'un à l'autre
Nouvelle apôtre
Ton amour se défile
Oh dis moi Camille
Bois d'la camomille
Oh dis moi Camille
Faut plus qu'tu frétilles
Ton amour file
Et c'est coton
Ton amour file
Et c'est bonbon
Tu les aimes à la file
Comme ça tranquille
Comme des quilles
Ils tombent à la file
De fil en aiguille
T'aimes les filles
Tu t'fais pas d'bile
Tu les entortilles
Je r'couds débile
J'mets plus dans l'mille
Depuis l'an mil
Ton amour file
dimanche 1 janvier 2017
samedi 31 décembre 2016
Un soir au concert
Le titre ne correspond pas à la réalité. C'était bien le soir et il y avait bien un concert. A l'origine, j'avais prévu d'aller aux trois pièces pour la première partie, assurée par Boum Boum, et, mu par ma curiosité insatiable, accessoirement pour la deuxième partie, assuré par surfing rogers et loolie. Pour des raisons amicalo-culinaires je suis arrivé en retard. Tellement en retard que, tentant de me frayer un chemin au milieu de la foule, fort marri, je constatais que Boum Boum ayant fini d'exploser, remballait amplis et instruments. Apercevant Jorge qui, coiffé de son bonnet à pompon, nous honorait de sa présence, je l'interrogeai sur la prestation de Boum Boum. Ce qu'il fit, bien que lui non plus n'ait pas assisté à la prestation.
Ensuite Loolie est arrivée, précédée du saxo. Je n'ai jamais été aussi près d'une chanteuse en action. Pour autant et contrairement à la rumeur répandue par jorge, je n'avais pas pour Loolie les yeux du loup de Tex Avery quand il aperçoit la pin-up. J'ai tout autant regardé le guitariste, le batteur, le saxophoniste, qui soit dit en passant n'arrive pas à la cheville de Bibiss. Comme je suis parti avant la fin je ne porterai aucune appréciation sur la prestation de Loolie et de ses acolytes.
jeudi 29 décembre 2016
Amen
Je ne saurais dire comment cela est arrivé. En revanche ce dont je me souviens de façon certaine, c'est de la date. Le 24. Le 24 décembre. Pour être plus précis, le 24 décembre au soir. L'endroit où je me trouvais, une église, n'avait en soit rien de surprenant un jour pareil. C'était même plutôt conventionnel. Pas me concernant mais sur le principe. Par respect des traditions, par conviction, par goût du spectacle. A priori par erreur pour moi. Je ne m'étais pas introduit dans une église depuis des temps immémoriaux. Ce souvenir n'est plus disponible. Toujours est-il qu'en cette soirée du 24 j'y étais. Assis sur un banc. Seul. Les lumières n'étaient pas encore allumées ou elles étaient déjà éteintes. Seul le Christ sur sa croix était éclairé. D'une naturelle lumière descendante. Il était vêtu d'une couronne, probablement faite d'épines et d'un simple morceau de tissu. Seul à ne pas être dans la pénombre, mon regard se porta vers lui mais sans lui porter une attention particulière. Le lieu aurait voulu que je me recueille, que je
prie, que je m'interroge sur le sens de la vie. Mais rien de tout cela. Je ne ressentais en moi aucune conviction particulière. Je me laissais porter, corps et âme, au milieu de rien. Puis, peut-être par ennui, je me mis à le scruter et finis par n'avoir d'yeux que pour Jésus. A bien y regarder, il était pratiquement nu. Un léger souffle aurait suffi à le dévoiler. J'essayais de m'imaginer ainsi vêtu sous le regard des paroissiennes un dimanche de Pâques. Un léger sourire me parcourut les lèvres. La lumière semblait glisser sur le corps du Christ. Le corps du Christ. Cette expression habituellement psalmodiée à longueur de célébrations pris une autre dimension. Baignant dans les contrastes de son exposition, ce corps révélait ses formes, sa musculature, sa puissance. Jésus se révélait avoir un corps d'athlète qui laissait deviner une souplesse prometteuse. Bien que dans une position inconfortable, il émanait de sa posture une langueur qui n'avait rien de monotone mais qui laissait transparaître une langueur troublante. Sans trop comprendre comment, je me retrouvais au pied de la croix. Le corps du Christ. Pour la première fois, je prenais conscience de ce corps. Combien de fois l'avais-je accueilli sur ma langue, le laissant se mêler à ma salive et gonfler dans ma bouche pour finir par l'avaler. Une envie subite de communier émergea. Une envie qui s'extirpait de mon inconscient. J'étais maintenant à genoux. Un désir encore timide se répandait en moi. Parcouru d'un frisson, je me souvins que, de son vivant au moins, Jésus aimait les hommes.
prie, que je m'interroge sur le sens de la vie. Mais rien de tout cela. Je ne ressentais en moi aucune conviction particulière. Je me laissais porter, corps et âme, au milieu de rien. Puis, peut-être par ennui, je me mis à le scruter et finis par n'avoir d'yeux que pour Jésus. A bien y regarder, il était pratiquement nu. Un léger souffle aurait suffi à le dévoiler. J'essayais de m'imaginer ainsi vêtu sous le regard des paroissiennes un dimanche de Pâques. Un léger sourire me parcourut les lèvres. La lumière semblait glisser sur le corps du Christ. Le corps du Christ. Cette expression habituellement psalmodiée à longueur de célébrations pris une autre dimension. Baignant dans les contrastes de son exposition, ce corps révélait ses formes, sa musculature, sa puissance. Jésus se révélait avoir un corps d'athlète qui laissait deviner une souplesse prometteuse. Bien que dans une position inconfortable, il émanait de sa posture une langueur qui n'avait rien de monotone mais qui laissait transparaître une langueur troublante. Sans trop comprendre comment, je me retrouvais au pied de la croix. Le corps du Christ. Pour la première fois, je prenais conscience de ce corps. Combien de fois l'avais-je accueilli sur ma langue, le laissant se mêler à ma salive et gonfler dans ma bouche pour finir par l'avaler. Une envie subite de communier émergea. Une envie qui s'extirpait de mon inconscient. J'étais maintenant à genoux. Un désir encore timide se répandait en moi. Parcouru d'un frisson, je me souvins que, de son vivant au moins, Jésus aimait les hommes.
mercredi 28 décembre 2016
Dans le métro
Ce matin dans le métro, je n’avais rien d’autre à faire que de regarder autour de moi à la recherche de ce qui pourrait susciter mon intérêt, éveiller ma curiosité encore figée dans le froid matinal. C’est ainsi que sur ma gauche, chacun la sienne, je vis un homme, dont le profil émergeant d’une capuche laissait présager de sa jeunesse, qui lisait. Il lisait ce que l’on appelle communément un ouvrage. Dans le cas présent un ouvrage traitant d’économie. Comme ça, le matin, alors que les derniers relents de toutes les nuits flottaient encore dans l’habitacle. Livre ouvert, il lisait. Je jetai un coup d’œil sur les deux pages qui s’offraient à mon regard. A l’évidence, il venait d’entamer un nouveau chapitre. Bien que non chaussé de mes lunettes, je parvins à lire le titre du chapitre : « Economie sauvage et capitalisme, un bilan possible ». Je rangeai discrètement mon Picsou magazine.
mardi 27 décembre 2016
Waf Waf
Toi et moi
N'existe pas
Dis pourquoi
Dis le moi
Encore une fois
Dernière fois
Que pour moi
Cette fois là
Un chien las
Aux abois
Loin de toi
Pattes en croix
Tu m'aimes pas
non même pas
Tu t'en vas
Tout là-bas
N'existe pas
Dis pourquoi
Dis le moi
Encore une fois
Dernière fois
Que pour moi
Cette fois là
Un chien las
Aux abois
Loin de toi
Pattes en croix
Tu m'aimes pas
non même pas
Tu t'en vas
Tout là-bas
lundi 26 décembre 2016
Vynil
L'âme se fane dans l'exil fade d'un soir. Les voix se perdent dans l'épaisseur du silence. L'éclat de la nuit enveloppe les rêves. Des fragments dévoilent les désirs. Aux alentours des amours, les regards se cherchent. Dans le trouble des lueurs, les visages frêles se désagrègent. Les accords s'évanouissent sous les doigts. Le diamant tressaute dans le rayon rayé. Encore et encore le corps du délit se délite.
Sachez
Nous accomplissons parfois des gestes dont nous ne mesurons pas les conséquences, souvent parce que ces conséquences se passent ailleurs, loin de nous et que nous ne voulons, accessoirement, pas les voir ni les entendre. La viande est l'exemple médiatisé le plus éloquent. Mais parfois la conséquence est là, toute proche, à portée de l’œil et de l'oreille
Cette profonde réflexion m'est venue alors, qu'assis au petit matin (existe-t-il des grands matins?) dans la cuisine, d'un regard bovin je fixais mon bol encore vide. Dans mon dos, une flamme mêlant le bleu et le jaune caressait le cul de la bouilloire. D'une main incertaine, je pris et déposai au fond du bol un sachet de thé. Avec une intensité inhabituelle, je fixai ce sachet. Je sentis naître en moi un sentiment que les brumes du sommeil ne me permettaient pas encore d'identifier. Le bruit de l'eau frémissante me sortit de ma torpeur. Je m'apprêtai à verser l'eau fumante lorsque, telle une fulgurance qui vous épuise pour le restant de la journée, je pris conscience que j'allais ébouillanter mon sachet de thé. Je suspendis mon geste. Il était là, tout au fond du bol, confiant et fier d'être ce qu'il était. Sans trop savoir comment cela avait pu naître en moi, je ressentis de la tendresse, de l'empathie pour ce sachet. Et c'est avec un sentiment de culpabilité que je pensai à tous ses congénères que j'avais sans pitié ébouillantés. Honteux, je reposai la bouilloire et attendis que l'eau revienne à une température plus douce. C'est ainsi que je bus un thé tiède.
Cette profonde réflexion m'est venue alors, qu'assis au petit matin (existe-t-il des grands matins?) dans la cuisine, d'un regard bovin je fixais mon bol encore vide. Dans mon dos, une flamme mêlant le bleu et le jaune caressait le cul de la bouilloire. D'une main incertaine, je pris et déposai au fond du bol un sachet de thé. Avec une intensité inhabituelle, je fixai ce sachet. Je sentis naître en moi un sentiment que les brumes du sommeil ne me permettaient pas encore d'identifier. Le bruit de l'eau frémissante me sortit de ma torpeur. Je m'apprêtai à verser l'eau fumante lorsque, telle une fulgurance qui vous épuise pour le restant de la journée, je pris conscience que j'allais ébouillanter mon sachet de thé. Je suspendis mon geste. Il était là, tout au fond du bol, confiant et fier d'être ce qu'il était. Sans trop savoir comment cela avait pu naître en moi, je ressentis de la tendresse, de l'empathie pour ce sachet. Et c'est avec un sentiment de culpabilité que je pensai à tous ses congénères que j'avais sans pitié ébouillantés. Honteux, je reposai la bouilloire et attendis que l'eau revienne à une température plus douce. C'est ainsi que je bus un thé tiède.
dimanche 25 décembre 2016
Oui
Dopamine,
ocytocine, vasopressine... étape par étape, ce qui se passe de chimique
(et plus !) dans le cerveau de celui ou celle qui tombe amoureux.
Qu'est-ce
que l'amour ? Une émotion, un sentiment... Intouchable, intangible,
volatile. Pourtant, il déclenche un milliard de petits séismes chimiques
qui font suite à l'activation de certaines zones dans notre cerveau....
franceculture.fr
samedi 24 décembre 2016
Un soir au cinéma
Un film hors du temps. Ou presque. Un poète marié, chauffeur de bus à Paterson dans le New-Jersey. En plus du bus, on trouve comme autres accessoires un chien, une chambre, une ancienne usine, des jumeaux, un carnet, une boîte, une chute d'eau, des cupcakes, des créations textiles et l'humour.
Ce pourrait être la chronique d'une vie ordinaire avec ses habitudes, ses lenteurs, ses imprévus. Des imprévus qui pourraient bouleverser mais qui ne bouleversent rien. Peut-être une légère contrariété comme une imperceptible vague qui disparaît dans le sable. La vie de cet homme, qui pourtant baigne dans une certaine nostalgie, semble un présent sans fin. La modernité fait quelques apparitions mais se fait discrète. Dans son bus, lui en fin de vie, les gens se parlent. Se parlent du monde à proximité. Comme on me le faisait remarquer, personne ne regarde son portable. Chacun regarde l'autre. Le monde ne s'est pas figé à Paterson. Nous découvrons simplement un autre monde. Un monde dénué de vitesse, de précipitation, d'urgence, d'impératif, de performance, de prévision. Un monde où aujourd'hui ne se laisse pas grignoter par demain. Un monde de poésie née de l'observation, du présent.
J'avoue que je me suis interrogé à propos de la vie de ce couple. Elle, un peu à l'Ouest, en lévitation. Lui bienveillant, dans l'harmonie. Elle dort nue, lui vêtu d'un tee-shirt et d'un caleçon. Bah voilà, respectueux de l'intimité de chacun, je n'irai pas plus avant.
J'allais oublier. Malgré ce que j'ai raconté précédemment, ce film contient une scène d'une extrême violence mais pour maintenir le suspens je n'en dirai pas davantage. Il faut rester jusqu'à la fin.
Pour terminer, je me suis souvenu du film d'Alain Resnais "Providence" sur l'affiche duquel était écrit, en substance, on va le voir une première fois pour le plaisir et on va le revoir pour le plaisir. Pourquoi pas pour Paterson?
Ce pourrait être la chronique d'une vie ordinaire avec ses habitudes, ses lenteurs, ses imprévus. Des imprévus qui pourraient bouleverser mais qui ne bouleversent rien. Peut-être une légère contrariété comme une imperceptible vague qui disparaît dans le sable. La vie de cet homme, qui pourtant baigne dans une certaine nostalgie, semble un présent sans fin. La modernité fait quelques apparitions mais se fait discrète. Dans son bus, lui en fin de vie, les gens se parlent. Se parlent du monde à proximité. Comme on me le faisait remarquer, personne ne regarde son portable. Chacun regarde l'autre. Le monde ne s'est pas figé à Paterson. Nous découvrons simplement un autre monde. Un monde dénué de vitesse, de précipitation, d'urgence, d'impératif, de performance, de prévision. Un monde où aujourd'hui ne se laisse pas grignoter par demain. Un monde de poésie née de l'observation, du présent.
J'avoue que je me suis interrogé à propos de la vie de ce couple. Elle, un peu à l'Ouest, en lévitation. Lui bienveillant, dans l'harmonie. Elle dort nue, lui vêtu d'un tee-shirt et d'un caleçon. Bah voilà, respectueux de l'intimité de chacun, je n'irai pas plus avant.
J'allais oublier. Malgré ce que j'ai raconté précédemment, ce film contient une scène d'une extrême violence mais pour maintenir le suspens je n'en dirai pas davantage. Il faut rester jusqu'à la fin.
Pour terminer, je me suis souvenu du film d'Alain Resnais "Providence" sur l'affiche duquel était écrit, en substance, on va le voir une première fois pour le plaisir et on va le revoir pour le plaisir. Pourquoi pas pour Paterson?
vendredi 23 décembre 2016
Un soir au cinéma
Hier
soir, car nous étions bien hier soir, alors que le ciel gris
disparaissait dans le noir de la nuit, accompagné de trois femmes au
demeurant charmantes, je suis allé voir
Manchester by the sea. Homme bourru et ronchon, je n'ai pas pour
habitude de m'émouvoir pour un oui ou pour un non. Mais là. Mais là, je
confesse que j'ai été bouleversé.
Être dans une vie tout en
regardant la vie passer. Être hors de sa vie. Être quelqu'un d'autre. Ou
ne plus être personne. Pourquoi faudrait-il surmonter l'adversité?
Pourquoi faudrait-il être fort? Pourquoi faudrait-il
vaincre? Quand ce que nous sommes a disparu, quand ce qui faisait
battre notre cœur est hors d'atteinte. Déposer sentiments et émotions
sur la berge, pour les retrouver plus tard, et se laisser dériver.
Chacun de nous est le seul à savoir, même confusément.
L’histoire ?
Aux Etats Unis, un homme de tous les jours qui aime sa femme et ses
trois enfants. Ses enfants meurent dans un incendie dont il s’estime
responsable. Il devient
factotum dans une résidence et vit seul. Ses relations avec les autres
sont brutes voire violentes. Par quelque flash back on le découvre. Au contact de son neveu dont le père vient de mourir, il s’approche à
nouveau de la vie. Il la frôle et se laisse apprivoiser. Il ouvrira peut-être les bras. La
vie est patiente. Après avoir hésité, il accepte de prendre soin de son neveu, qui n'est pas dénué d'humour. Il nous reste toujours quelque
chose à donner. J'ai bien conscience de n'avoir fait que frôler ce film.
La musique est le seul bémol. Pour certaines scènes, elle veut par trop provoquer notre émotion. Mais cette réserve n'est que très mineure.
mercredi 21 décembre 2016
Un soir au cinéma
Donc dimanche après-midi (pas raccord avec le titre) en compagnie de Jorge, je suis allé voir Bacalauréat. Je savais ne nous n'allions pas rire ni même sourire. C'est effectivement ce qui s'est passé. L'histoire? La vie ordinaire. La vie ordinaire en Roumanie. La corruption tout le temps. La corruption partout. Une sorte de corruption de père de famille. Familière. Sans violence apparente. Une corruption qui corrompt lentement, inexorablement. Une corruption qui aspire avec application votre morale, votre idéal, votre fierté, vos convictions pour les remplacer par la honte, le désespoir, le renoncement, la lâcheté. Une vie ordinaire dans laquelle on peut finir par s'engluer, qui étouffe l'honnête homme, le père qui aime ses enfants. Une vie qui finit par vous échapper. Ne reste plus dans le terrain vague que la solitude tapie au fond du trou. Il y aurait encore beaucoup à dire. Que je suis persuadé que l'amour les sauvera si ce n'est déjà fait.
Quoi qu'il en soit, je vous conseille ce film. Sobriété des acteurs. Mise scène sans esbroufe. Jamais le trait n'est forcé. Le rythme lent de l'inexorable qui précipite l'homme ordinaire dans le magma de la médiocrité. A plusieurs reprises j'ai silencieusement crié au héros non ne fais pas ça, arrête tes conneries. Pense à ta fille. Nous avons toujours le choix. J'aime le croire. Mais rien n'y a fait. Il demeure malgré tout un homme doté d'une conscience. Peut-être est-ce son châtiment.
Quoi qu'il en soit, je vous conseille ce film. Sobriété des acteurs. Mise scène sans esbroufe. Jamais le trait n'est forcé. Le rythme lent de l'inexorable qui précipite l'homme ordinaire dans le magma de la médiocrité. A plusieurs reprises j'ai silencieusement crié au héros non ne fais pas ça, arrête tes conneries. Pense à ta fille. Nous avons toujours le choix. J'aime le croire. Mais rien n'y a fait. Il demeure malgré tout un homme doté d'une conscience. Peut-être est-ce son châtiment.
Journée mondiale de l'orgasme
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
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