mercredi 21 décembre 2016
Merveilleuse vie de famille (à compléter avec les autres membres de la famille)
Si ta mère est une salope
Si ton père est un enfoiré
Si ta femme est une pute
Si ton mari est un enculé
Si tes enfants sont des branleurs
Partage
lundi 19 décembre 2016
Un soir au concert
Donc hier soir,
bien accompagné, je me retrouvais à l’Almendra où piquant, JOAD
revisitait. Revisitait nos souvenirs musicaux comme on reprise une
vieille chaussette à laquelle on tient en y apportant
son doigté, sa texture, sa couleur. Tout en écoutant cette musique
avec mes oreilles de vieux, me revenait en mémoire cette époque qui
laissait entrevoir au travers des déchirures des jeans et des éclats
piquants des épingles les premières vagues de désenchantements.
Avec la sortie en 80 du 33 End of the century des Ramones, qui n’a pas
donné lieu à une reprise, je faisais la découverte du mur du son,
version Phil Spector. Et bien hier soir, pendant deux heures, à quatre
mètres de mes tympans, s’est élevé un mur du son.
Si avec chaque titre j’effectuais un retour en arrière, il n’y avait
pas moyen de prendre du recul. Les décibels décimaient bel et bien. Si,
compte tenu des lacunes qui sont les miennes, beaucoup de morceaux ont
été une découverte, beaucoup d’autres ont dans
la seconde de leur écoute provoqué un fredonnement, un balancement, un
rythme frappé du pied. La vitesse à laquelle nous sommes capables de
reconnaître un titre parmi des milliers d’autres m’étonne toujours. Les
Stones, Supergrass, que tous ne mettent pas
au-dessus d’Oasis et autres Blur, Led Zeppelin, Police, Beatles,
Portishead ont notamment été repris en quatrième vitesse. Des invités,
des blagues à deux et même parfois trois balles, l’envie de faire et de
se faire plaisir m'ont fait passer une bonne
soirée. Mais, car mais il y a, ce mur du son a englouti, étouffé des voix, retirant à certaines chansons leur profondeur, leur poésie. Ceci dit, quoi
qu’il en soit, merci pour tout et pour le reste.
dimanche 18 décembre 2016
Tout près
Tout près d'ici
Tout s'est fini
Reste l'infini
D'une dernière nuit
Tout près si près
Dans le secret
De ton sommet
Mourir après
Tout près d'elle
Empire cruel
Je bats de l'aile
D'un amour frêle
Tout près du cœur
Déjà fanée meurt
La dernière fleur
Encore m'effleure
Tout près du vide
Le regard livide
Ta bouche avide
Encore m'évide
Tout près ton corps
Qu'un rien déflore
Tu me dévores
Ma petite mort
Il ne reste plus rien
Que les malheurs d'un chien
Il ne reste plus rien
Plus rien qui me retient
Tout s'est fini
Reste l'infini
D'une dernière nuit
Tout près si près
Dans le secret
De ton sommet
Mourir après
Tout près d'elle
Empire cruel
Je bats de l'aile
D'un amour frêle
Tout près du cœur
Déjà fanée meurt
La dernière fleur
Encore m'effleure
Tout près du vide
Le regard livide
Ta bouche avide
Encore m'évide
Tout près ton corps
Qu'un rien déflore
Tu me dévores
Ma petite mort
Il ne reste plus rien
Que les malheurs d'un chien
Il ne reste plus rien
Plus rien qui me retient
samedi 17 décembre 2016
Un soir au concert
Donc hier soir, je me suis retrouvé au Walking Seine Pop Festival, premier du nom. Le courant apaisé de la musique m'a fait dériver le long des méandres, porté par les mi, les si et les sol, si j'ai bien compris. Je me suis miré dans les flots accueillants de la pop, loin de la musique d'excités qui nous fracasse les tympans. Installé dans le canapé, dans le calme et la sérénité, je me suis laissé bercer. Comme le dit mon ami le cordonnier, il y avait des pointures. Guitaristes, chanteuse et chanteurs et un couteau suisse de la percussion aux airs de Calvin Russel. Des mélodies, des voix, de l'harmonie. On aura notamment reconnu José et Jorge. Une soirée des plus agréables. Une soirée pendant laquelle on laisse le temps de côté, on rit aux blagues rigolotes de sa voisine entre deux chansons. Une soirée peuplée de créations et de reprises. Donc, très agréable moment, merci pour lui. Côté technique je n'ai pas compté moins de 5 ingénieurs du son, intervenant d'abord avant chaque set,
puis entre chaque chanson et pour finir entre chaque note. A n'en pas
douter, des cadors de la balance. Le tout dans un cadre un peu frais
pour la saison mais certainement nécessaire pour maintenir la bière à
bonne température puisque nous nous étions accueillis à la Cave à bière.
Je salue Stan et Olivier pour l'organisation empreinte de cette
légèreté qui souligne la fragilité de toute œuvre qui naît de la passion
et du plaisir. Je reviendrai non pas à Montréal mais au Havre. Encore
merci pour tout et pour le reste.
mercredi 14 décembre 2016
A peu près
Je me suis souvent gaussé de la syntaxe approximative, voire de son absence, d'un ancien président de notre République et qui avait vocation, contrariée, à le redevenir. Ce n'était de ma part pas très original ni très charitable. Disons-le tout net, mon attitude était mesquine. Cet homme n'a pas fait les grandes écoles. Il ne lit pas, ce qui l'a empêché d'apprécier la Princesse de Clèves. Il côtoie principalement des personnes qui ont dû choisir entre apprendre à compter et apprendre à lire. Un environnement peu sensible aux subtilités syntaxiques et lexicales. Je peux donc lui reconnaître , au moins dans ce domaine, des circonstances atténuantes.
Je me disais qu'en revanche il n'en serait pas de même avec notre gentleman farmer de la Sarthe, homme d'une rigueur distinguée à l'élégance toute châtelaine. Alors, quelle ne fut pas ma stupéfaction et ma profonde déception lorsque je l'entendis ainsi s'exprimer :
« Je pense que c’est une méthode qui est efficace […] et qui est juste, parce qu’au fond les personnes qui ont des revenus un peu plus importants, eh bien elles peuvent quand on va à la pharmacie acheter quelques médicaments de confort, les payer directement. »
N'ayant pas compris le sens de ses propos, je n'émets aucun jugement sur le fond.
dimanche 11 décembre 2016
Un soir au cirque
Bien sûr, quand j'étais petit je regardais la piste aux étoiles. Roger Lanzac en noir et blanc (l'heure n'était pas à la diversité, je ne sais même pas si le mot existait) avec ses poches sous les yeux. Les étoiles devaient certainement être dans mes yeux. Bien sûr, une fois Pinder s'était installé sur la place. Bien sûr, j'avais tanné mes parents pour y aller. Bien sûr, mon père, qui à l'occasion n'était pas dénué d'humour, me demanda d'arrêter mon cirque. Bien sûr, j'avais pleuré, du moins je crois. Bien sûr, le cirque continua d'exister dans ma mémoire comme l'expression d'une culture populaire venue d'ailleurs. Mais bon, tout cela ne fait pas une passion.
C'est donc avec surprise que je me suis retrouvé sous le chapiteau du cirque Romanès pour découvrir leur spectacle "Voleurs de poules" . Spectacle sans animaux, sans clowns, sans monsieur Loyal, sans matériel hollywoodien. Beaucoup de sans allez vous me dire. Oui, mais c'est sans compter tout le reste. Et quand le reste fait un tout, il ne manque rien. Je ne vais pas rentrer dans le détail. Des jongleuses, des jongleurs, des danseuses, des danseurs, des acrobates, des acrobates, une trapéziste, un trapéziste, des chanteuses, des chanteurs, des musiciens (pas de musiciennes). Les numéros se succèdent sans temps mort. Tout est vivant. Cela donne l'impression, pour certains numéros, que l'artiste arrive sur la piste en vous disant "bah, t'nez, pendant que vous êtes là, regardez c'que j'sais faire". L'ensemble est une poésie, une poésie dont les rimes seraient choisies au dernier moment avec toutes les assonances que l'on oserait pas. Le cirque Romanès ne nous propose pas l'obsession du parfait, de la performance. Il nous offre de la joie, du "voilà comme nous sommes", du presque rien avec pas grand-chose, du grandiose qui tient dans les yeux, de la sensualité, de l'étonnement, un body rouge mais pas de poules.
Pour parler bobo, hier soir j'ai assisté à du cirque de proximité qui vient de loin.
C'est donc avec surprise que je me suis retrouvé sous le chapiteau du cirque Romanès pour découvrir leur spectacle "Voleurs de poules" . Spectacle sans animaux, sans clowns, sans monsieur Loyal, sans matériel hollywoodien. Beaucoup de sans allez vous me dire. Oui, mais c'est sans compter tout le reste. Et quand le reste fait un tout, il ne manque rien. Je ne vais pas rentrer dans le détail. Des jongleuses, des jongleurs, des danseuses, des danseurs, des acrobates, des acrobates, une trapéziste, un trapéziste, des chanteuses, des chanteurs, des musiciens (pas de musiciennes). Les numéros se succèdent sans temps mort. Tout est vivant. Cela donne l'impression, pour certains numéros, que l'artiste arrive sur la piste en vous disant "bah, t'nez, pendant que vous êtes là, regardez c'que j'sais faire". L'ensemble est une poésie, une poésie dont les rimes seraient choisies au dernier moment avec toutes les assonances que l'on oserait pas. Le cirque Romanès ne nous propose pas l'obsession du parfait, de la performance. Il nous offre de la joie, du "voilà comme nous sommes", du presque rien avec pas grand-chose, du grandiose qui tient dans les yeux, de la sensualité, de l'étonnement, un body rouge mais pas de poules.
Pour parler bobo, hier soir j'ai assisté à du cirque de proximité qui vient de loin.
samedi 10 décembre 2016
Un soir au concert
Donc hier soir, pour écouter LT/BR je me suis retrouvé au JV CLUB, première première fois de la soirée. Comme je suis un garçon prévoyant, je me dis concert à 21h, j'arrive à 20h30 histoire de me mettre dans l'ambiance, de boire quelques bières et de voir s'il n'y aurait une ou deux choupinettes en quête de tendresse (hola, c'est pour rire, je n'aime pas les choupinettes). Je pousse la porte et là, personne. Un léger frisson d'inquiétude me parcourt l'échine. Comme je suis un garçon qui doute, je me dis tu t'es trompé de jour, d'endroit, d'heure. Et puis non. C'était bien là, sauf que l'horaire indiqué était fantaisiste. Et c'est ainsi que pendant que les musiciens terminent leurs pizzas, je m'installe avec une bière dans un canapé vermillon et j'attends.
Et là, autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas un fan des tributes. Et vous allez me dire, t'es allé voir combien de concert de tribute mon gars? Aucun, mais il n'empêche. Et puis je n'ai pas à me justifier à tout bout de "chant" (j'ai mis des " pour bien monter que c'est un jeu de mot au cas où il y aurait des hardrockeux dans les lecteurs).
Et puis, cartons à pizza vides comme toutes les bouteilles de vin, les musiciens font leur entrée sur scène. Le public, qui, lui, sait que 21h veut dire 21h45, prend place. On se fait la bise. Tout le monde se connaît. Pour ce qui me concerne, je ne connais personne et je ne fais la bise qu'à Loïc, une de ces bises rêches ponctuée d'une claque dans le dos. Basse-batterie, le concert commence et je me souviens de ma première rencontre avec AC/DC.
Nous sommes en 1978 à Paris. C'est à peine si je sais où se trouve l'Australie et je n'ai pas encore entendu parler de Mad Max. Histoire de ne pas repartir les mains vides j'entre dans un magasin de disques sur les Champs Elysées . Je farfouille dans les bacs. Les pochettes défilent. Darkness on the edge of town, Parallel lines, This year's model, We are Devo, Stained class, Van Halen. Et sans que je sache pourquoi, mon choix se porte sur la pochette pourrie de Powerage. Rentré à la maison, je mets le truc à fond sans savoir. Bon Scott me laisser sans voix.
Et nos cinq gars de LT/BR, je verrais bien une fille au violon, enchaînent les titres. Chacun reconnait ses morceaux fétiches. J'attends Big balls en vain. Des solos, une rythmique de bronze qui ne coule pas au premier coup de chaud, une voix qui ne s'embarrasse pas de nuances et autres fioritures, un guitariste à la corde fragile qui montre la voie et parfois s'échappe. Voilà, c'est du carré. Vous voulez du AC/DC. En voilà. For those about to rock we salute you.
Et là, autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas un fan des tributes. Et vous allez me dire, t'es allé voir combien de concert de tribute mon gars? Aucun, mais il n'empêche. Et puis je n'ai pas à me justifier à tout bout de "chant" (j'ai mis des " pour bien monter que c'est un jeu de mot au cas où il y aurait des hardrockeux dans les lecteurs).
Et puis, cartons à pizza vides comme toutes les bouteilles de vin, les musiciens font leur entrée sur scène. Le public, qui, lui, sait que 21h veut dire 21h45, prend place. On se fait la bise. Tout le monde se connaît. Pour ce qui me concerne, je ne connais personne et je ne fais la bise qu'à Loïc, une de ces bises rêches ponctuée d'une claque dans le dos. Basse-batterie, le concert commence et je me souviens de ma première rencontre avec AC/DC.
Nous sommes en 1978 à Paris. C'est à peine si je sais où se trouve l'Australie et je n'ai pas encore entendu parler de Mad Max. Histoire de ne pas repartir les mains vides j'entre dans un magasin de disques sur les Champs Elysées . Je farfouille dans les bacs. Les pochettes défilent. Darkness on the edge of town, Parallel lines, This year's model, We are Devo, Stained class, Van Halen. Et sans que je sache pourquoi, mon choix se porte sur la pochette pourrie de Powerage. Rentré à la maison, je mets le truc à fond sans savoir. Bon Scott me laisser sans voix.
Et nos cinq gars de LT/BR, je verrais bien une fille au violon, enchaînent les titres. Chacun reconnait ses morceaux fétiches. J'attends Big balls en vain. Des solos, une rythmique de bronze qui ne coule pas au premier coup de chaud, une voix qui ne s'embarrasse pas de nuances et autres fioritures, un guitariste à la corde fragile qui montre la voie et parfois s'échappe. Voilà, c'est du carré. Vous voulez du AC/DC. En voilà. For those about to rock we salute you.
Le rock est dans le pré
Hi sisters and brothers
S'annonce le rock est dans le pré, 5ème du nom. Si le rockeur peut mourir, paix à son âme, le rock lui ne meurt jamais. Le rock est partout et ailleurs et le 24 juin prochain il sera dans le pré. Un rock verdoyant, un rock bucolique, un rock du terroir. Autrement dit, un rock'n green. Encore une fois, nous avons opté pour la proximité, les courts circuits pour vous électriser. Cette année, le rock dans le pré, pas sectaire, accueillera des groupes du littoral, des groupes de la campagne et des groupes de la ville. Des voix, des guitares, des violons, des batteries, des cuivres, des claviers, de l'herbe (verte) pour un "Festival de pote-rock".
S'annonce le rock est dans le pré, 5ème du nom. Si le rockeur peut mourir, paix à son âme, le rock lui ne meurt jamais. Le rock est partout et ailleurs et le 24 juin prochain il sera dans le pré. Un rock verdoyant, un rock bucolique, un rock du terroir. Autrement dit, un rock'n green. Encore une fois, nous avons opté pour la proximité, les courts circuits pour vous électriser. Cette année, le rock dans le pré, pas sectaire, accueillera des groupes du littoral, des groupes de la campagne et des groupes de la ville. Des voix, des guitares, des violons, des batteries, des cuivres, des claviers, de l'herbe (verte) pour un "Festival de pote-rock".
vendredi 9 décembre 2016
mercredi 7 décembre 2016
Matin
Ce matin. 6h. La radio se met en route. Des voix. Les yeux s'ouvrent et scrutent le noir. J'attends. Une à une les minutes se diluent. Je me lève et je ne bouscule personne. La nuit ne me retient pas. Il suffirait pourtant d'un rien. Je baille dans l'espoir qu'elle comprenne. Peine perdue, sans joie. Quitter la couche pour rejoindre la douche. Mon corps recolle au monde. La suite s'enchaîne. Comme des maillons qui mènent à la raison. Le couloir. L'escalier. La salle de bain. La cuisine. Dans tous les sens. Sans signification particulière. De passage dans les entre-deux. Comme j'aimerais être entre deux. Faute de mieux, j'enfile les chaussettes et le jean. Je trempe la biscotte. Je n'ai pas lassé mes chaussures. J'en ai marre. Choisi ma chemise dans le noir. Je tombe toujours sur celles à qui il manque des boutons. Hier soir, je m'étais dit et puis... Je ferais mieux de ne plus me parler. La porte se referme. Mes pas dans l'allée. Sans espoir de retour. Tout au bout le trottoir. Défoncé comme un junky. Qui borde la jungle d’asphalte. Déjà du bruit. Les moteurs dans l'attente. Dans l'abri la glace est encore brisée. Puzzle aux dix mille pièces. Transport transparent. Je monte. Pas de place. Bondé de tous âges. Pas envie de valider. Les regards s'éclipsent. Les arrêts entre deux. Les portes s'ouvrent. D'autres attendent. Je me frottent dans les marches. Quelques enjambées dans la traversée de la place. Même endroit. Même statue, figure figée. Le ciel se fissure fatigué. Je traverse les railles. Ça caille. Plus loin ça braille mais je ne vois rien. Je descends d'autres marches sur lesquelles brillent quelques crachats matinaux. Cette fois encore, je n'ai pas réussi à tous les éviter. Sur le quai. Les petites font leur cinéma. Emporté par le flot, je monte. Plaisir rapide d'un transport. La Seine semble attendre des jours meilleurs. Toutes ces stations. Un vrai calvaire. Les portes s'écartent pour me laisser passer. Encore quelques mètres et je n'aurai plus qu'à m'y mettre. Tout ça pour...
Si peu
Ce matin je rêve, alors que le jour se lève. Dans le murmure de l'aube, des lèvre me susurrent. Les teintes de l'étreinte me reviennent. Ce qui reste se propage entre les pages de notre livre. Comme une ligne infinie qui se perd et désespère. La clarté de la veille devient illisible. Le temps serait-il déjà passé?
lundi 5 décembre 2016
Vite fait (trop vite)
En 69 tout était bon
On écoutait Hendrix
On faisait des bons
En se faisant un fix
En route vers Beyrouth
On fonçait vers la déroute
Vive la banqueroute
Et en avant toute
On jardinait tête bêche
En attendant que ça sèche
On s'aimait sans gêne
On s'aimait sans chaîne
Dans la boue en stock
On alignait la coke
Voguant vers l'ailleurs
Dans un nuage de torpeur
Et puis fleurs fanées
Piétinées par les pistols
Restaient que la fumée
Des New York Dolls
On écoutait Hendrix
On faisait des bons
En se faisant un fix
En route vers Beyrouth
On fonçait vers la déroute
Vive la banqueroute
Et en avant toute
On jardinait tête bêche
En attendant que ça sèche
On s'aimait sans gêne
On s'aimait sans chaîne
Dans la boue en stock
On alignait la coke
Voguant vers l'ailleurs
Dans un nuage de torpeur
Et puis fleurs fanées
Piétinées par les pistols
Restaient que la fumée
Des New York Dolls
dimanche 4 décembre 2016
Ma grand-mère (3)
Dès l'impulsion, j'ai su que c'était le bon. Le bon bond. Effaçant l'obstacle, l'espace d'un instant, c'est du moins le souvenir que j'en ai, je me retrouvais au-dessus de l'édredon. L'instant parfait. Le plaisir d'une première fois. Cette sensation d'être unique, inatteignable, grandiose. Comme la première fois où dans le regard d'une jeune fille pas trop regardante j'avais discerné une lueur de plaisir. J'étais le roi du monde. J'allais toutes les faire hurler. Elles me diraient toutes encore. Je dus pourtant me rendre à l'évidence que cette lueur devait beaucoup au hasard. De nombreuses rencontres se produisirent avant que je ne puisse renouveler ce qui manifestement relevait encore de l'exploit.
C'est ainsi que je finis par retomber au milieu de l'édredon. Je m'y enfonçais profondément. Comme la bouche molle d'un monstre marin à l'affût, les bords se rabattirent pour m’engloutir. Je disparaissais dans l'épaisseur d'un autre univers. De là, je pouvais voir le haut de l'armoire, l'endroit où ma grand-mère rangeait les draps. Ils me faisaient l'effet de n'avoir jamais servi. D'un blanc crémeux, repassés et pliés avec un soin extrême, ils paraissaient tout droit sorti d'une vitrine. Des lingots de textile. Constitués d'arrondis, ils étaient rangés par trois. On les devinait lourds et épais. Je ne pouvais encore que les atteindre des yeux. Je voyais parfois ma grand-mère s'en saisir. Avec soin et comme avec respect, elle glissait une main sous celui se trouvant en haut de la pile et posait l'autre sur le dessus. Elle l'extrayait ensuite de l'armoire. Ainsi plié, il représentait à mes yeux une certaine forme de perfection. C'était toujours avec un léger dépit que je le voyais être déplié, perdre de sa superbe. Recouvrant le matelas, des corps allaient se frotter contre lui, le froisser, le salir. Et je n'avais pas encore découvert tout ce qu'il était possible de faire dans un lit.
C'est ainsi que je finis par retomber au milieu de l'édredon. Je m'y enfonçais profondément. Comme la bouche molle d'un monstre marin à l'affût, les bords se rabattirent pour m’engloutir. Je disparaissais dans l'épaisseur d'un autre univers. De là, je pouvais voir le haut de l'armoire, l'endroit où ma grand-mère rangeait les draps. Ils me faisaient l'effet de n'avoir jamais servi. D'un blanc crémeux, repassés et pliés avec un soin extrême, ils paraissaient tout droit sorti d'une vitrine. Des lingots de textile. Constitués d'arrondis, ils étaient rangés par trois. On les devinait lourds et épais. Je ne pouvais encore que les atteindre des yeux. Je voyais parfois ma grand-mère s'en saisir. Avec soin et comme avec respect, elle glissait une main sous celui se trouvant en haut de la pile et posait l'autre sur le dessus. Elle l'extrayait ensuite de l'armoire. Ainsi plié, il représentait à mes yeux une certaine forme de perfection. C'était toujours avec un léger dépit que je le voyais être déplié, perdre de sa superbe. Recouvrant le matelas, des corps allaient se frotter contre lui, le froisser, le salir. Et je n'avais pas encore découvert tout ce qu'il était possible de faire dans un lit.
vendredi 2 décembre 2016
En attendant
Hier matin, dans un froid qui me mordait le nez de ses petites dents pointues, je marchais d'un pas alerte, cela m'arrive, vers l'abri bus, toujours lui. J'avais en tête un post d'une amie, post qui mettait en évidence les visions rétrogrades, dégradantes, machistes, phalliques, navrantes et révoltantes de notre société vis à vis, notamment, des femmes et des homosexuels. Comme tout homme conscient de sa condition, je me sentais coupable, car bien conscient moi-même de n'être féministe qu'à temps partiel.
Si l'on s'en réfère à cette affiche, que l'on affiche aux yeux de tous, la femme aime être un objet de désir, aime être violentée, violée; participer à des tournantes mais uniquement avec des hommes jeunes, arborant une musculature arrogante et que l'on suppose bien membrés, avec une grosse bite quoi avec laquelle ils ne pensent qu'à niquer tout ce qui passe à proximité mais avec élégance.
Tout à mes réflexions dans l'attente du bus, je lève les yeux vers le trottoir d'en face où se trouve l'ater ego de mon abri du matin. Et qu'y vois-je placardée? L'autre face de la femme. Celle qui n'a plus rien à se mettre, celle qui est compulsive, celle qui s'émerveille à la vue d'un petit trop mignon, celle qui est dégoutée d'avoir laissé passer un caraco à moins 50%, celle qui devient hystérique à l'approche des soldes, celle qui s'extasie à la vue de la dernière tenue de Kim Kardashian (oui je la connais). Et là, rassemblant les deux faces de la femme, une évidence angoissante me parvient au cerveau : je ne connais aucune femme. Alors, quels sont ces êtres que je fréquente, à qui je parle, à qui je souris, que j'aime? Elles ne seraient donc pas des femmes?
Si l'on s'en réfère à cette affiche, que l'on affiche aux yeux de tous, la femme aime être un objet de désir, aime être violentée, violée; participer à des tournantes mais uniquement avec des hommes jeunes, arborant une musculature arrogante et que l'on suppose bien membrés, avec une grosse bite quoi avec laquelle ils ne pensent qu'à niquer tout ce qui passe à proximité mais avec élégance.
Tout à mes réflexions dans l'attente du bus, je lève les yeux vers le trottoir d'en face où se trouve l'ater ego de mon abri du matin. Et qu'y vois-je placardée? L'autre face de la femme. Celle qui n'a plus rien à se mettre, celle qui est compulsive, celle qui s'émerveille à la vue d'un petit trop mignon, celle qui est dégoutée d'avoir laissé passer un caraco à moins 50%, celle qui devient hystérique à l'approche des soldes, celle qui s'extasie à la vue de la dernière tenue de Kim Kardashian (oui je la connais). Et là, rassemblant les deux faces de la femme, une évidence angoissante me parvient au cerveau : je ne connais aucune femme. Alors, quels sont ces êtres que je fréquente, à qui je parle, à qui je souris, que j'aime? Elles ne seraient donc pas des femmes?
Oh, le menteur.
"Est-ce que je n’ai pas voté tous les textes qui ont permis l’accès des femmes à l’interruption de grossesse ?"
Bah non.
31 décembre 1982 : remboursement par l’Assurance-maladie
27 janvier 1993 : création du délit d’entrave à l’IVG
4 juillet 2001 : allongement du délai à douze semaines de grossesse
26 janvier 2016 : suppression du délai de réflexion
Il a voté contre ces quatre textes.
27 janvier 1993 : création du délit d’entrave à l’IVG
4 juillet 2001 : allongement du délai à douze semaines de grossesse
26 janvier 2016 : suppression du délai de réflexion
Il a voté contre ces quatre textes.
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