Un autre s'est réveillé
Un autre s’est relevé
Je l’ai laissé vivre
Je l’ai laissé partir
Le temps s’est retourné
Quelque chose s’est enfui
Une coupure dans l'infini
Le temps a continué
Je regarde au loin
J’ignore les recoins
Où la seconde se cache
Le jour m'offre une marche
Pour un autre horizon
Avant que ne finisse cette saison
dimanche 9 février 2014
Encre
Avec application, je trace chaque lettre. Avec douceur ma main se déplace sur la feuille. Ma peau glisse sur le papier. J'ai cette envie de voir apparaître les mots. Les formes que découvrent mes yeux. Les sons que forment mes lèvres. Comme un enfant, je progresse avec lenteur, hésitation avec la volonté de bien faire. Les lettres se lient. Je ressens le plaisir des rondeurs. Mes doigts appuient, impriment le relief. Je suis à nouveau en classe mais la crainte ne m'accompagne pas. Je me souviens des lignes, des interlignes. Comme réservé au mystère, le quatrième restait vierge. Compter le nombre de carreaux. L'interdiction de dépasser. Le crissement de la plume. La marge que viendraient troubler des lettres rouges. L'écriture penchée comme poussée par le vent. La coupure des mots. Je me souviens de la voix qui naviguait entre les rangées. La voix qui dictait, qui découpait syllabes. Nous étions chargés de reconstituer les mots, de traduire les sons en signes.
Je ressens à nouveau ce plaisir de tracer des lettres. J'assemble. Je vais lire mes pensée, presque découvrir mes sentiments. Ce qui me traverse l'esprit et allait disparaître se retrouve sur la feuille. Je suis couché sur le papier.
Je ressens à nouveau ce plaisir de tracer des lettres. J'assemble. Je vais lire mes pensée, presque découvrir mes sentiments. Ce qui me traverse l'esprit et allait disparaître se retrouve sur la feuille. Je suis couché sur le papier.
jeudi 6 février 2014
mercredi 5 février 2014
Mauvais genre
Comme l'éphèbe Giton aurait pu le dire à Janus, j'en ai plein le cul. Plein le cul de tous ces casse-couilles se drapant dans leur morale, dans leurs principes, dans leur bon droit. Plein le cul de ces peine à jouir qui savent, qui savent ce qui est bien, qui savent ce qui est mal. Plein le cul de ces croyants de tous poils qui, pour combattre une hypothétique idéologie, voudraient nous imposer des dogmes. Plein le cul de ces droits dans leur bottes qui veulent m'imposer leur vérité. Plein le cul de ces baptisés qui sacrifient l'amour aux principes. Quand je vois Ludovine de la Rochère, j'ai envie de lui foutre des baffes. Je sais, ce n'est pas chrétien mais ça me ferait tellement de bien. Plein le cul de ceux qui cèdent à la réaction.
jeudi 30 janvier 2014
Skippy
Les sujets abordés lors de conversations à bâton rompu peuvent paraître incongrus si on les rapproche du lieu où ils ont été débattus. C'est ainsi que l'autre jour, je ne sais par l'enchaînement de quelle association d'idées, un collègue, s'étant introduit dans notre bureau, ( nous sommes trois, deux femmes et un homme) en vint à parler de lingerie. D'un tempérament moqueur, il affirma que j'étais plutôt du genre à mettre des slips, de surcroît kangourou. A cette occasion, j'ai passé en revue ce qu'avaient été mes pratiques en matière de sous-vêtements. Comme beaucoup j'ai commencé par la couche. Ensuite, pendant de nombreuses années, j'ai enfilé le slip. Pour être plus précis, pendant les premières années, je fus aidé par ma mère qui était en quelque sorte mon assistante enfilage. Il faut croire que cette action ne nous est pas naturelle. Si slip il y avait, il n'a jamais été kangourou. D'une part parce que je ne connais personne qui un jour ait utilisé la poche et d'autre part en raison du fait que cet accessoire vestimentaire était utilisé par mon père, à qui je n'ai jamais posé de question à propos de l'utilisation de la dite poche. Quand je traversais le jardin les jours de lessive, je pouvais voir sécher les slips de mon père. Ils me semblaient tellement impressionnant que je me disais que quoi que je fasse je ne parviendrais jamais à en remplir un de cette taille. J'ai dû en garder un complexe qui explique pourquoi je ne suis jamais passé par la case kangourou. Passées l'adolescence et les turpitudes qui s'y rattachent, je suis passé au caleçon. Ce passage a été bref. L'amplitude du balancement était à mon goût trop importante et nuisait au confort de l'ensemble. Après quelques expériences extrêmes, j'ai adopté le boxer qui allie dynamisme, modernité, affirmation du contenu et confort. Si je sais qu'un jour je repasserai par l'étape couche, il est hors de question qu'il en soit de même pour le slip, quand bien même je ne serai plus en mesure d'enfiler quoi que ce soit.
mardi 28 janvier 2014
Au pied
Ce
matin, à l’issue
de quelques secondes de réflexion, j’ai décidé de changer de
chaussettes. Je n’ai jamais fait mien le principe selon lequel il faut
chaque jour changer de chaussettes même si j’éprouve toujours beaucoup
de plaisir à enfiler une chaussette propre. Pour ce faire je me suis dirigé vers
le tiroir à chaussettes que j’ai ouvert. A chaque fois l’émotion
m’étreint. L’univers de la chaussette est cruel. L’orpheline, parfois
roulée en boule, y côtoie la trouée qui sait que plus
aucun orteil ne viendra agrandir son trou. Et puis, être chaussette est une fonction ingrate. Confinée et sous pression dans une atmosphère humide en un lieu où les effluves s'incrustent, la chaussette est rejetée sans ménagement le soir venu. Par un pied négligent et ingrat, elle est parfois repoussée sous le lit où elle finit par être cernée par les moutons. J'ai regardé toute ces chaussettes tapie dans l'ombre. Quelle paire allais-je choisir? Compassion, solidarité, culpabilité, allez savoir pour quelle raison, j'ai choisi des chaussettes dépareillées. La prochaine fois, je vous parle de mes slips.
jeudi 23 janvier 2014
Si près
T'ai-je regardé une dernière fois
Avant que je ne devine le froid
Ai-je entendu ton dernier mot
Avant d'être emporté par le flot
Ai-je senti ton dernier souffle
Ai-je vécu cette dernière seconde
Avant que l'ombre ne gronde
Comment aurais-je su que c'était toi
Que le temps deviendrait un poids
Comment savoir qu'il ne serait plus temps
Que ton sourire se perdrait dans le fracas du vent
Que nous allions nous perdre de vie
Que tout s'arrêterait dans ce bruit
Tout a commencé une nuit sur un trottoir
Cette nuit qui me fit croire
Rien ne serait plus fort que cette nuit
Que traversa ton premier cri
Il me suffisait de te regarder
Aucun doute tu étais née
Dans mon dos le hall était éclairé
J'étais porté vers l'agitation de la ville
Vers le mouvement qui vibrait comme un fil
Enfin j'étais heureux d'être au monde, d'être moi
J'offrais aux autres le sourire de mon émoi
Comme pour prolonger l'instant, le temps attendait
Je ne vivais pas plus loin que toi qui étais si près
Avant que je ne devine le froid
Ai-je entendu ton dernier mot
Avant d'être emporté par le flot
Ai-je senti ton dernier souffle
Ai-je vécu cette dernière seconde
Avant que l'ombre ne gronde
Comment aurais-je su que c'était toi
Que le temps deviendrait un poids
Comment savoir qu'il ne serait plus temps
Que ton sourire se perdrait dans le fracas du vent
Que nous allions nous perdre de vie
Que tout s'arrêterait dans ce bruit
Tout a commencé une nuit sur un trottoir
Cette nuit qui me fit croire
Rien ne serait plus fort que cette nuit
Que traversa ton premier cri
Il me suffisait de te regarder
Aucun doute tu étais née
Dans mon dos le hall était éclairé
J'étais porté vers l'agitation de la ville
Vers le mouvement qui vibrait comme un fil
Enfin j'étais heureux d'être au monde, d'être moi
J'offrais aux autres le sourire de mon émoi
Comme pour prolonger l'instant, le temps attendait
Je ne vivais pas plus loin que toi qui étais si près
Près de chez moi
Ce matin, je me suis levé. Il en va ainsi chaque matin. C'est le côté inéluctable de l'habitude. Sans que cela soit formulé, si ce matin je me suis levé, c'était dans la perspective d'aller travailler. Après l'enchaînement des gestes habituels, sorte de "fractalité" du quotidien, je me suis retrouvé dans l'arrêt de bus. Cette expression "se retrouver dans l'arrêt du bus" m'évoque un je ne sais quoi sans que je sois capable de le formuler. Je suis donc monté dans le bus, puis j'ai pris le métro. Jusqu'à ce moment rien n'annonçait une éventuelle rupture de cette routine matinale. Comme chaque matin, il était implicitement prévu que je descende à la station "avenue de Caen". La rame s'est arrêté. Les portes se sont ouvertes. Il ne me restait plus qu'à descendre. Je dois avouer que j'ai hésité mais je n'ai pas bougé. J'ai regardé les portes se refermer. A l'instant où la rame a repris sa marche en avant, je me suis senti libre. J'ai laissé défiler les stations. Une voix m'a indiqué que j'étais arrivé au terminus. Autrement dit, en bout de ligne. Je l'ai reprise dans l'autre sens. Est-ce ce que l'on appelle le bon sens?
mardi 21 janvier 2014
dimanche 12 janvier 2014
Amarres
Il faut que je te laisse
mais rien ne presse
Encore une caresse
Faut-il que cela cesse
J'écoute English rose
Les gouttes se posent
Et glissent sur la vitre
L'écume s'accroche
Aux vagues sans titre
Comme une encoche
Le vent efface l'horizon
Le temps avait raison
Il a eu raison de nous
Nous avons été fous
Fous de croire à l'amour
Cette puissance futile
Retrouvons nous à l'asile
mais rien ne presse
Encore une caresse
Faut-il que cela cesse
J'écoute English rose
Les gouttes se posent
Et glissent sur la vitre
L'écume s'accroche
Aux vagues sans titre
Comme une encoche
Le vent efface l'horizon
Le temps avait raison
Il a eu raison de nous
Nous avons été fous
Fous de croire à l'amour
Cette puissance futile
Retrouvons nous à l'asile
vendredi 10 janvier 2014
Préhystérique
Pour
lui en mettre plein la bouche
Je me suis glissé dans sa couche
Entre ses lèvres rutilantes et avides
Vite je m’immisce mais pas trop rapide
Comme un foutu lascar à Lascaux
Qui trace la tribu des taureaux
A petits pas je m’enfonce dans la grotte
Je tourne autour et je frôle la glotte
Déjà à l’étroit je sens les parois
Irai-je plus loin que la dernière fois ?
A la découpe
Le
matin d’un amour morcelé
Poupée découpée sur le sol gelé
Émerge de ma rage tes membres épars
Pourquoi petite étais-tu sur le départ ?
Encore une fois tu allais t’enfuir nulle part
Alors que nous étions bien quelque part
Tu ne pourras plus me prendre dans tes bras
Même pour moi tu ne feras plus le grand écart
Les larmes ont disparu de ton regard vide
Maintenant et pour toujours tu seras frigide
Maintenant et pour toujours tu ne pourras plus courir
Maintenant et pour toujours seul de nous deux je vais jouir
dimanche 29 décembre 2013
De mots en enfer
Avant de faire une croix
J'ai tiré les mots à moi
Couverture imprimée
J'ai mis ces mots à mal
Les phrases ont coulé
Comme en cavale
Dans mes veines mot à mot
Elles m'ont pris au mot
Arrivé en bout de ligne
Il m'en fallait une autre
Prêt à donner mon signe
Pour rester en suspension
Et vibrer au son des accords
Je lisais sans cesse
Dans tous les sens
Même un extrait
Pour en sentir l'essence
Ignorant les avertissements
L'ivresse était sans prologue
Rejeté par un vague épilogue
J'échouais sur la plage blanche
J'ai tiré les mots à moi
Couverture imprimée
J'ai mis ces mots à mal
Les phrases ont coulé
Comme en cavale
Dans mes veines mot à mot
Elles m'ont pris au mot
Arrivé en bout de ligne
Il m'en fallait une autre
Prêt à donner mon signe
Pour rester en suspension
Et vibrer au son des accords
Je lisais sans cesse
Dans tous les sens
Même un extrait
Pour en sentir l'essence
Ignorant les avertissements
L'ivresse était sans prologue
Rejeté par un vague épilogue
J'échouais sur la plage blanche
vendredi 27 décembre 2013
Peut-être
Née d'un matin comme
une merveille
D’un souffle entre
mes lèvres en éveil
Je lui glissais les
mots à l’oreille
Ces mots rencontrés
dans mon sommeil
Dans les pâleurs du jour elle veille
lundi 9 décembre 2013
Près d'ici
Il se souvient du jour d’avant
Peut-être un jour en passant
Ce n’était alors qu’un autre jour
Un de ces jours sans détour
Un de ces jours que l’on ne
retient pas
Comme son sourire, le soleil était
là
Il sentait les rayons sur sa peau
Le temps s'écoulait comme de l'eau
Son amour se noyait dans ses yeux bleus
Il suffisait de si peu pour qu'il soit heureux
Elle parlait, se moquait de ses goût musicaux
Il se souvient de chacun de ses mots
La légèreté du temps, la lenteur des heures
Il aurait pu croire la vie sans heurt.
La légèreté du temps, la lenteur des heures
Il aurait pu croire la vie sans heurt.
jeudi 5 décembre 2013
jeudi 28 novembre 2013
L'embouchure
L'embouchure
Dans toutes les rues du port
Qui descendent tout au bord
Des quais jusqu’à
l’embouchure
Comme la dernière écorchure
Des focs jusqu’à l’écoutille
Comme un fruit se fendille
C’est en bas que ça grésille
C’est en bas que ça résille
Hissent les mats de la
flottille
Au rythme des vagues
frétillent
Voilà qu’apparaissent les
quilles
Qui font vibrer les jupes
des filles
L’eau ruisselle sur les
coques
Les capitaines dansent sur
les docks
Et l’on entend chanter
jusqu’en bas
« Mélissa mets lui donc
ça, Mélissa mets lui donc ça »
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