lundi 24 septembre 2012

A autre chose (1)

Il va devoir partir. Quitter cet endroit. Le quitter définitivement pour la première fois. il n'emportera rien. C'est ce qu'il voudrait croire. Être délesté des regrets et de la douleur. Passer la porte, descendre l'escalier, respirer l'air de la rue. Mais pour l'instant, il est là. Depuis plusieurs jours. Il passe d'une pièce à l'autre. Il ne reste plus grand chose. Des cartons vierges de toute indication sur leur contenu. Quelques objets traînent sur le sol parmi les moutons que les mouvements du départ ont libérés. Un cadre vide, du papier d'emballage froissé, une ampoule sur le rebord de la cheminée, un morceau de savons qui laisse apparaître des crevasses, des restes sur la table de la cuisine, un paquet de riz dans un placard resté ouvert. Il s'approche d'une fenêtre. Comme une masse grise, les nuages s'interposent entre le ciel et son regard. Bientôt l'horizon rougeoyant disparaîtra dans le matin pluvieux. Il est assis par terre, le dos au mur. Il a envie de porter une cigarette à sa bouche. La nostalgie de cette fumée qui brouille la vision. La cendre qui tombe sur le sol. Mais il ne fume plus depuis longtemps. Recommencer? Il serait probablement déçu. Retrouverait-il cette sensation de plaisir si longtemps repoussée? Ses doigts sauraient-ils encore saisir ce cylindre, le caresser, le faire rouler entre leurs phalanges? Il ne se souvient pas de sa dernière cigarette. Il savait que c’était la dernière. Il a arrêté avant d’être condamné. Mais peut-être était-il déjà trop tard. Il se souvient avec précision de la première. Il n’en avait tiré aucun plaisir. C’était en cachette. La précipitation avait laissé place à une nausée. Le plaisir était venu. Plus tard. Le plaisir du paquet qu’il venait d’acheter. Le plaisir de le délivrer de son enveloppe de cellophane. Le plaisir de l’ouvrir d’une poussée de l’index. Le plaisir de lui retirer sa protection argentée. Le plaisir de voir alignées les vingt cigarettes blanches sans filtre. Le plaisir d’en prendre une au hasard. Le plaisir de sentir sa douceur entre ses doigts. Le plaisir de la porter à ses lèvres. Le plaisir d’entendre le frottement du souffre contre le grattoir. Le plaisir de le voir s’enflammer. Le plaisir de voir rougir le tabac. Le plaisir de sentir la fumée s’enfoncer au plus profond de ses poumons. Le plaisir de l’expulser d’un flot continu à l’air libre.

samedi 1 septembre 2012

concert 18 octobre




CONCERT ROCK
AU PROFIT DE L’ASSOCIATION EMA




Le 18 octobre prochain à Franqueville St Pierre, salle Bourvil, à 20h aura lieu un concert pop-rock, au profit de l'association EMA. L'association EMA, créée en 2005, a pour objet de favoriser l’accès des enfants à la musique, notamment en finançant la location d’instruments.L'association, en partenariat avec l'école de musique de Rouen, aide aujourd'hui une dizaine d'enfants en louant principalement des pianos. Son action s'inscrit dans la durée. C'est pourquoi EMA organise régulièrement des manifestations afin de financer son action.

La salle de spectacle Bourvil, mise gracieusement à disposition par la commune de Franqueville St Pierre, accueillera trois groupes qui ont accepté de jouer au profit de l'association.Il s'agit de





SECOND FLOOR ORCHESTRA

http://www.youtube.com/watch?v=44YvzHcrJOY&feature=share

Le Second Floor Orchestra s'estformé autour de Jorge, Phil (respectivement compositeurs chanteur et guitaristede Victoria) et Manu aux claviers. Son nom vient du fait que le groupe a composéet répété dans un appartement de Rouen situé au deuxième étage !!! Rejointspar Nicolas (ex Marteen) à la batterie, Christophe (ex Familia)à la basse etaux choeurs et Julien à la guitare, ils enregistrent un premier ... CD 6 titres pendant l’été 2010 . "Ils ont fait traverser l'Atlantique à leursinfluences britanniques. Dans la droite ligned’une musique pop-rock ponctuée d’accents jazz que l’on peut retrouver du côtédes ambiances musicales des Doors, leurs influences vont de Lennon à Dylan enpassant par les Who, Paul Weller, Elvis Costello ou encore Herbie Hancock.
La sortie de leur nouvel album, intituléLullabies sera disponible en octobre

MY SILLY DOGFISH



A l'origine My SillyDogfish est un duo formé en septembre 2010 à Rouen .
C'est aujourd'hui un groupe composé de 4 musiciens ( Loic a la basse Christophe al guitare Yannick à la batterie et Claudio au chant )venusd'horizons divers et variés jouant une pop folk influencée par lesmaitres que sont Dylan, Lennon, Presley , Costello leurs répertoire electroacoustique entièrement composé de morceaux originaux ne laissera pas indifférentles amateurs de mélodies et de guitares claires


GRAPES









Après une longue phase dematuration scénique entreprise tout au long de la promotion de la compilation ILove LH vol II, ou en tant que groupe support de très nombreux concerts (dbBAND – ex SUPERGRASS, RADIOSOFA, THE PARISIANS, CRAIG WALKER – ex ARCHIVE), GRAPES a su trouver le chemin del’efficacité rock, sans jamais tomber dans la citation de leurs références (THEKINKS, WINGS) et tout en gardant l’œil rivé sur le présent (ARCADE FIRE, ARCTICMONKEYS).

Du côté de « l’actualitédiscographique », GRAPESa sorti le 15 mars dernier son tout premier album« SomeKinds of Happiness » auTahiti Labde Rouen (studio du groupe TAHITI 80).

Cet album a été arrangé parLudwig Bosch (RADIOSOFA)et bénéficie de la participation de nombreux invitésdont Mathieu Pigné pour les batteries (RADIOSOFA, DA SILVA, ARMAN MELIES,JULIEN DORE), Julien Noël pour des claviers (JULIEN DORE, DA SILVA) et MickeyQuinn pour des chœurs et percussions (SUPERGRASS, db BAND).Le mixagede cepremier album a été confié au belge RudyCoclet (ARNO, MUD FLOW, AN PIERLE, GIRLS IN HAWAI).

La sortie de ce disque a étéorchestrée par l’association Porc-épic (SHERAF, RADIOSOFA, ZIK O DOCKS,MEETZIC) qui coordonne le groupeGRAPES depuis ses débuts.

Duo devenu quartet, GRAPESdéfendsur scène ce premier album grâce au renfort d’un nouveau line-up composéde Stan (guitare – claviers – chant), Cyril (guitare – chœurs), Thomas (basse –clavier - chœurs) et Séb actuel membre du groupe WILLO(batterie – chœurs).




DISCOGRAPHIE :

- Octobre2009 : Compilation “I Love LH Vol 2” (titre Velvet Glove)
- Mars2012 : « Some kinds of Happiness » Lp.
- Avril2012 :« Tony’s Picture » Ep

vendredi 31 août 2012

Toujours

Dans le lointain d’un autre matin
Elle était encore proche de ma main
Dans la lumières qui hésitait encore
Ses yeux du jour suivaient les lignes
Où en équilibre se dévoilaient les signes
Quel était ce dernier mot sur le bord
Des lettres qu'elle aimait restées en suspens
Qui dans l'instant ont perdu leur sens
Où est cette page froissée qui projette
La déchirure du grain sous ses doigts
Chaque souffle est depuis un regret
Ou peut-être l'espoir d'une autre foi

vendredi 20 juillet 2012

Terre (1)

Des allées droites, parallèles ou qui se croisent à angle droit. Des arbres qui forment des bosquets et offrent leur ombre aux bancs qui patientent. D'autres qui sont isolés, résignés ou qui n'attendent rien si ce n'est un regard et la pluie. Ils ont été choisis parce qu'ils ne perdent pas leurs feuilles.  Ils offrent toujours la même couleur comme si la lumière n'avait aucune prise sur eux.Comme un aveux de stérilité, ils ne laissent aucune fleur apparaître sur leurs branches serrées les unes contre les autres. C'est un endroit ignoré des abeilles. Leur observation ne donne aucune indication sur la saison du moment. A leur pied, une terre sombre sans herbe parsemée de quelques cailloux. Ils sont l'absence de temps.

mercredi 11 juillet 2012

Discours pour un mariage


Chère Cathy, cher Emmanuel, si vous me permettez de vous appeler Cathy et Emmanuel. En guise d’introduction, je rappelle que vous avez souhaité placer cette journée sous le signe du cinéma. J’ai donc interrogé vos proches afin de savoir quel serait selon eux le titre de film qui pouvait le mieux symboliser votre union. Marie, sur la base de je ne sais quels critères, m’a proposé « La belle et le bête ». Agnès, peut-être plus observatrice a suggéré « L’ours et la poupée ». Quant à elle, Claire a, sans l’ombre d’une hésitation, affiché « Glissement progressif du plaisir ».
  Il est des évènements qu’il n’est pas aisé de raconter. Le mariage est de ceux- là. Car comme me l’a fort judicieusement fait remarquer Alain, frère aîné d’Emmanuel, qui vous le verrez dit beaucoup de choses et me charge souvent de transmettre ses propos, mission que j’accomplis avec plaisir. « Aujourd’hui c’est tout beau, mais demain ? » car ne dit-on pas « A demain, si vous le voulez bien ». Comment relater quelque chose qui vient à peine de commencer ?  Je pourrais faire un résumé des épisodes précédents, sachant qu’il y a deux façons de raconter un mariage. La version française qui s’apparente à l’amour courtois, style Chrétien de Troyes, cet amour éternel ponctué de pamoisons, de soupirs, de regards lancés à la dérobée, de mots doux, de vapeurs et d’évanouissements que provoque un désir qui tel un incendie enflamme les buissons en fleur et la version gauloise qui rime avec grivoise. J’ai mis tellement de temps à choisir entre les deux que je n’ai pas choisi. Ce qui veut dire que vous aurez à subir quelques saillies qui pourront être limites mais rassurez-vous jamais vulgaires puisque j’ai tenu à ce que ce texte soit relu, corrigé et approuvé par monsieur le curé. Pour tout vous dire et comme aurait pu le dire Rocco Siffredi, j’ai retourné le sujet dans tous les sens avant de pouvoir trouver l’entrée. Oui effectivement, comme me l’a dit monsieur le curé « Là Thierry, je crois que tu es un peu limite ». Avec monsieur le curé nous avons longtemps hésité et puis l’homme de dieu a fini par lâcher « Bon, user d’un peu de gaudriole n’est pas pêcher ». Comme me l’a confirmé sa gouvernante « On peut être ecclésiastique, on en demeure pas moins homme »   
 Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, les invités venant du Perche peuvent-ils lever la main ? Merci. C’était simplement pour vérifier la véracité des propos de Cathy qui, sachant que j’allais écrire un mot, a tenu à me prévenir « Tu verras, bien que gentils, les gens du Perche ne sont pas des flèches, ça se voit même sur leur visage. ». Je n’en crois évidement rien. Cathy a aussi tenu à me préciser que, pour ce qui la concernait et contrairement à ses trois soeurs, elle avait très peu vécu dans cette contrée reculée et n’avait donc pas hérité des stigmates qui s’y rattachent.

 Mais ne vous y trompez pas car comme le disent nos amis les chasseurs, protecteur de la nature et des traditions, et quelle plus belle tradition que le mariage mais entendons nous bien, car comme le disent aussi avec délicatesse nos amis les chasseurs, le mariage oui mais dès lors que c’est pour mettre la cartouche dans le fût. Donc comme disent les chasseurs, Cathy et Emmanuel ne sont pas des perdreaux de l’année, ni des tourtereaux. Ils ont, avant de convoler, procédé à quelques ajustements, quelques réglages et autres mises au point. Et si j’en crois la présence d’Angèle, on peut affirmer qu’ils sont fins prêts. Comme le dit volontiers Bertrand, du Thil, attentif observateur de la nature, l’amour se prépare et comme la culture, faut labourer avant de semer. Je vous concède que l’agriculteur peut être bourru mais quel bon sens ! Si le paysan est parfois revêche et taciturne c’est qu’il côtoie la solitude des immensités, qu’il affronte l’âpreté des saisons, qu’il s’enfonce dans l’étirement des petits matins, qu’il voit s’écouler dans la terre ses forces et sa passion. Peut-être Emmanuel pensait-il avoir atteint la plénitude dans cette quotidienne communion avec la nature. Tout comme en son temps Véronique Jeannot fit l’amour avec la mer, Emmanuel lui… D’ailleurs, plusieurs membres de sa famille, et pas des moindres, s’étaient résignés à voir dans leur frère un adepte du célibat. A telle enseigne qu’Alain, lorsqu’il apprit que son petit frère était en passe de fusionner, ne put retenir un « Comme quoi… » des plus révélateurs.  
La salle est composée de trois catégories de personnes. Celle qui ne connait pas Cathy, celle qui ne connait pas Emmanuel et celle qui connait les deux mariés. Je n’ai pas pris en compte la catégorie qui ne connait ni l’une ni l’autre. Pour ce qui me concerne, l’ayant peu pratiquée, je ne me permettrais pas d’affirmer que je connais la mariée. On peut malgré tout penser qu’elle n’est pas dénuée de quelques qualités puisqu’elle a passé avec succès le contrôle qualité imposé par la famille Drique. Et je peux vous dire qu’il y en a plus d’une qui n’a pas obtenu la certification ISO. Pas assez ceci, trop cela. Lorsque l’heureuse élue est connue, Alain, l’aîné de la famille, émet à chaque fois le même regret : que le droit de cuissage ait été abandonné. Il faut également que tu saches Cathy que l’autorisation de séjour dans la famille Drique que de haute lutte tu as obtenue n’est qu’un titre provisoire qui, pour d’autres avant toi, n’a pas toujours été renouvelée. Une des autres caractéristiques de la famille est que lorsque vous vous mariez avec un ou une Drique, vous épousez toute la famille. Ainsi, dès que vous faites quelque chose qui sort un tant soit peu de l’ordinaire, sans que l’on sache trop comment, le lendemain toute la famille est au courant.
 Cathy et Emmanuel ont des points communs. Outre le fait d’être l’un avec l’autre et inversement, ils sont tous les deux d’origine paysanne. Ils semblent malgré tout ne pas en avoir trop souffert. Que les agriculteurs présents dans la salle se rassurent. Lors d’une précédente allocution, considéré comme un représentant des élites, il m’a été reproché de brocarder le monde paysan, d’avoir mis en doute sa capacité à accéder à quelque forme de culture que ce soit. J’ai senti la colère gronder du côté du Thil en Vexin, , charmante bourgade du terroir dont les façades ont récemment été repeintes en bleu marine et représentante de cette France profonde qui, nous dit-on, ne ment jamais, se lève tôt, travaille pour de vrai et demeure silencieuse.
Mais revenons-en à Cathy et Emmanuel. Pour tout vous dire, au début ce n’était pas gagné. Ils s’aimaient mais ne le savaient pas, surtout Emmanuel. C’est donc Cathy qui a été obligée de faire de subliminaux premiers pas en faisant part à Emmanuel de son souhait de s’abonner à la France agricole, en lui posant des questions du genre « Blé sur blé est-ce jouable ?», ou en le dissuadant d’orienter son choix vers une vieille suceuse d’occasion au risque de n’en pas obtenir toutes les satisfactions attendues. Si vous souhaitez obtenir davantage d’informations sur la suceuse, d’occasion ou pas, vous pouvez vous adresser à Hervé ici présent, cousin germain d’Emmanuel et agriculteur de gauche version kolkhoze, connaît une personne qui en fin de soirée se fera un plaisir de vous faire une démonstration.  
Emmanuel a malgré tout fini par se douter de quelque chose. Les distractions étant rares au Mesnil Guilbert, un comice agricole tous les cinq ans, un cocktail au garage Leroy pour la sortie de la nouvelle 404 et autre dégustation de crottin chèvre chez les écolos du coin, Emmanuel a offert à Cathy un tour de plaine dans sa camionnette. Je ne sais pas si vous avez déjà visité ce véhicule mais pour que Cathy accepte de s’y asseoir il fallait vraiment qu’elle soit amoureuse. Parfum de gasoil marinant dans la graisse, confortable couche de poussière, clé de 12 dépassant de la boîte à gants et chiffons huileux jonchant le tapis de sol sans parler des restes de tout et de rien tapis dans l’ombre du coffre. « Demain je range » est une des règles de vie d’Emmanuel. Je vous passe l’exposé qu’il lui a fait sur l’agriculture intégrée. Peut-être à cet instant, Cathy a-t-elle senti en elle le doute s’immiscer. Il vous faut savoir que toute petite déjà, Cathy, non sans raison, s’était promis de ne jamais épouser un agriculteur. Ce qui se comprend, car si j’en crois les récits qu’elle nous en a fait, le Perche est manifestement la patrie de Jacquou le Croquant et de Cosette. Et pourtant, allez savoir pourquoi comme le dit Alain, comme la plante finit par fixer l’azote que l’on dépose à ses pieds, l’amour les a possédés. Cathy a regardé avec tendresse la clé de 12, Emmanuel s’est dit qu’il allait nettoyer la camionnette et c’est dans le doux parfum du gasoil et la lumière d’un premier soleil que leurs souffles se sont mêlés, emportant au loin la poussière du doute. Ce n’était pas du cinéma.

jeudi 28 juin 2012

Comme si de rien

"La vérité, c'est qu'aujourd'hui, les choses ne vont pas bien du tout entre la France et l'Allemagne."

Après une cinquième défaite électorale, notre ami Copé est plus que jamais persuadé de détenir la vérité.
Il y aurait bien d'autres "choses" à dire en somme, mais...

jeudi 21 juin 2012

A peu près

Pendant toute la campagne électorale et dieu sait si elle a été longue, j’ai entendu l’ex-président et l’ex-majorité nous affirmer péremptoirement que la France était le seul pays où le pouvoir d’achat avait augmenté durant les 5 dernières années et notamment de 0.4% en 2011 et tout ceci sur la foi des données publiées par l’INSEE. Et qu’apprends-je ce matin en descendant l’escalier, trait d’union boisé entre la salle de bain et la cuisine, par le truchement d’un journaliste de France culture ? Que non seulement le pouvoir d’achat n’avait pas augmenté en 2011 mais qu’en fait il avait baissé de 0.1%.

Fin de la première partie qui pourrait faire croire que l’institut était pro-sarkoziste.

Ce n’est bien sûr pas une erreur de l’INSEE car chacun sait que, particulièrement dans le domaine des statistiques économiques, plusieurs mois sont nécessaires pour consolider les données. Mais chacun le sait-il ? Je ne sais pas si ce type de données chiffrées a une quelconque influence sur notre vote mais si c’est le cas, même pour une faible part, c’est un sujet intéressant dont il faudrait débattre.

mardi 19 juin 2012

Pschitt

Ils ont vanté son courage, son sens des responsabilités, son engagement et peut-être même sa fidélité (pourquoi pas). Même si ils ont eu des coups de mou, ils l’ont soutenu jusqu’au bout. Ils ont justifié tout ce qu’il a dit et fait. Les réunissant régulièrement à l’Elysée, il leur a parfois remonté le moral. Ils ressortaient de là gonflés à bloc, en admiration devant leur champion, cet être qui n’est qu’énergie et volonté. Les doutes disparaissaient. Ils étaient à nouveau des killers. Il ne faisait aucun doute qu’il allait être réélu, il ne faisait donc aucun doute qu’ils seraient réélus.

Et puis il n’a pas été réélu, de justesse ont dit certains. D’autres ont suggéré qu’il avait presque été réélu. Alors, qu’a fait le combattant, le guerrier, celui qui ne s’avoue jamais vaincu, celui qui lutte contre l’adversité, celui qui n’a pas de tabou, celui qui met tout sur la table, celui qui ne renonce jamais ? Rien. Il n’a rien fait. Il avait perdu son combat seul contre tous, alors à quoi bon continuer. Les autres, ceux qui l’avaient soutenu ? Qu’ils se débrouillent. Lui n’assumait plus rien.

mercredi 13 juin 2012

3D

L’autre jour, je ne préciserai ni quand, ni où, ni avec qui (même sous la torture) nous dînions. Comme souvent, les conversations naissent de rien, légères comme des bulles même si parfois elles peuvent être animées. Donc en cette soirée, un des sujets abordés avait trait à l’anatomie humaine. Je ne me souviens pas du point de départ, mais entre une dernière bouchée de l'entrée (tu en reprends? c'est excellent, faudrait que tu me donnes la recette, mais non merci) et la première du plat principal (en tout cas ça sent bon) nous avons le plus naturellement du monde parlé du pénis, à moins que ce ne soit de la bite, du clitoris, du vagin, de la taille des appareils génitaux et de leur capacité à s'emboîter les uns dans les autres en fonction de leur continent d'origine et nous en sommes sûrement arrivés à cette conclusion que la nature était quand même bien faite. Nous y sommes chacun allés de nos réflexion, peut-être même de notre expérience l'un de nous allant jusqu'à péremptoirement affirmer que sa virilité ne l'avait jamais préoccupé. Ce qui m'a par ailleurs étonné, c'est que cette conversation est demeurée dans le domaine clinique. Pour tout dire nous n'avons pas parlé de cul. C'est comme si au dessus de la table flottait une odeur d'éther et de latex. Je me suis même demandé si l'une ou l'un de nous n'allait pas finir allongé sur la table pour une leçon d'anatomie.

Et puis chacun est rentré.

mardi 12 juin 2012

Recto verso

"Homosexualité, actes pédophiles et même tentatives de copulation avec des femelles décédées"

Cette information a retenu toute mon attention mais sur le moment je n’ai pas su quoi en faire. Elle pouvait se suffire à elle-même. Ces comportements sont ceux de manchots observés en 1927 par un explorateur anglais. Dans un premier temps, je me suis dit que le manchot et moi ne partageons pas les mêmes valeurs. Poursuivant cette réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion que ce n’était pas une raison pour rejeter le manchot. Si ses comportements sont condamnables, et je les condamne avec la plus extrême fermeté, il n’en demeure pas moins que le manchot et moi avons des valeurs communes. C’est par son travail de chaque jour, n’hésitant pas à se lever tôt, qu’il assure le bien-être des siens. Il défend son territoire avec opiniâtreté. De plus, la famille est un des piliers de la civilisation manchote. Donc exception faite de quelques débordements, le manchot et moi nous retrouvons sur l’essentiel.






vendredi 8 juin 2012

Carbone 2

"Contre l'assistanat et le matraquage fiscal des classes moyennes, revalorisons le travail et le pouvoir d'achat", "Contre le communautarisme (...) refus du droit de vote des étrangers", "Contre le laxisme aux frontières de l'Europe, réduisons l'immigration pour réussir l'intégration"."Ensemble, choisissons la France".


Après ces phrases qui sentent bon l’exclusion, apparaît le mot « ensemble ». Qui peut donc bien faire partie de cet « ensemble » ? Allez savoir pourquoi, cela me rappelle ce que l’on a appelé les math modernes qui m’ont fait regretter les anciennes. Il y avait des ensembles, qu’il me semble on appelait des patates. Je ne comprenais pas qui était dans quoi. Ce devait être la théorie des ensembles. Il y avait plusieurs ensembles, les uns dans les autres. L’échangisme, catégorie patate. Je suppose donc que JEF Copé a étudié la théorie des ensembles et qu’il en a retenu qu’il ne faut pas confondre ensemble et tous ensemble. "Ensemble, choisissons la France" n’est ainsi en rien un slogan de rassemblement, d’unité. JEF s’intéresse aux chiffres qui se trouvent après la virgule. Vision étriquée.

C’est un ensemble qui exclut, qui ne conçoit pas de compromis.

jeudi 7 juin 2012

Carbone

"Contre l'assistanat et le matraquage fiscal des classes moyennes, revalorisons le travail et le pouvoir d'achat", "Contre le communautarisme (...) refus du droit de vote des étrangers", "Contre le laxisme aux frontières de l'Europe, réduisons l'immigration pour réussir l'intégration"."Ensemble, choisissons la France".

Imaginons une personne qui aurait quitté la France il y a 10 ans, qui n'aurait pas suivi la vie politique depuis et qui reviendrait aujourd'hui. Si on lui pose la question suivante "De quel parti émane les ci-dessus slogans écrits en gras?" Nous connaissons tous la réponse qui surgirait, sans délai, sans la moindre hésitation. Si on lui répondait "Non, ce n'est pas le front national c'est...", peut-être nous répondrait-il "C'est pas possible, comment en est-on arrivé là?"

On remarquera que ces slogans sont charpentés par le mot "contre", par la peur, le repli sur soi, la désignation des coupables, la hiérarchisation des individus.
La suite demain.

mercredi 30 mai 2012

En vain

Hier matin, en me réveillant, j'ai eu le sentiment que quelque chose avait changé mais sans parvenir à déterminer la nature de ce changement. J'ai accompli les tâches matinales dans l'ordre habituel sans ressentir une sensation qui m'aurait été inconnue ou que j'aurais jugé inhabituelle à ce moment de la journée. Il en a été ainsi tout au long de la journée. Je savais ce quelque chose à portée de la main, des yeux, de la peau, de l'esprit, je ne sais, mais je m'attendais à le découvrir au détour d'une seconde. Le temps a passé, le jour m'a tiré vers sa fin. J'ai résisté le plus longtemps possible. J'ai dû m'endormir car j'ai fini par me réveiller sans parvenir à mettre à jour ce quelque chose.

Si le temps passait plus lentement, le présent durerait-il plus longtemps ?

Un peu court

Au début, je n'y ai pas cru. Je me suis dit "ça c'est un coup de la Morano". Et puis j'ai dû me rendre à l'évidence. Cet homme toujours bien coiffé, jamais une faute de goût, au langage toujours mesuré, jamais un mot plus haut que l'autre, faisant montre d'une ambition maîtrisée, venait de perdre le contrôle de sa limousine linguistique en affirmant que "Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche".
A-t-il la nostalgie de son ancien patron? A force de s'effacer pendant cinq ans, pour finir par avoir l'épaisseur d'une ombre, il allait disparaître par trop de transparence. Comme De Valvert au summum de son imagination parlait d'un grand nez, notre gars François croit certainement pouvoir à nouveau exister en réduisant l'art du débat à quelques propos vulgaires.
Quel enculé!

lundi 14 mai 2012

Fatigue (2)

Le président n'est pas encore entré en fonction, il n'a encore pris aucune décision, le gouvernement n'a pas été constitué et pourtant...
Et pourtant, JF Copé, certainement désoeuvré, se lance dans d'interminables charges contre le nouveau pouvoir. Soucieux de garder sa place à la tête de l'UMP, il concourt pour le titre de premier opposant. Bien qu'un peu plus subtil que le maire d'Aix en Provence, il conteste de façon insidieuse la légitimité de l'élection du nouveau président. Pour résumer, ceux qui ont voté pour ont en fait voté contre le sortant et n'ont donc pas vraiment choisi celui pour qui ils ont voté. Pour ce qui concerne les autres, ceux qui ont voté pour pour voter pour, ils n'adhèrent pas au programme de celui pour qui ils ont voté pour. Pour tout dire, ils n'ont pas compris le programme. Sinon ils n'auraient pas voté pour. La raison en est simple. Le programme du nouveau président va à l'encontre des intérêts de notre pays. Il n'est donc pas concevable que des français votent contre leur intérêt. S'ils l'ont fait, c'est qu'ils ont été trompés. Celui qui a été élu ne leur a pas dit la vérité. Il a louvoyé, tergiversé, esquivé. Et malgré tout, des millions d'abrutis ont voté pour lui.
A écouter notre ami Copé, le danger est si grand, si imminent de voir sombrer notre pays qu'il serait légitime d'organiser dans les plus brefs délais une nouvelle élection présidentielle à un tour et un seul candidat.

vendredi 11 mai 2012

Fatigue (1)

Notre président s'agitait et nous étions fatigués. Notre président désignait les coupables, faisait le tri entre les bons et les mauvais et nous étions fatigués. Notre président nous offrait la peur, nous promettait le chaos et nous étions fatigués. Nous avons voté comme pour obtenir un peu de tranquilité, à la recherche du calme et de la sérénité, ne serait-ce que pour quelques semaines. Même si la conviction de notre vote avait connu des temps plus glorieux, nous souhaitions qu'elle soit respectée. Nous pensions que la légitimité du pouvoir que nous avions confié à un homme, puisqu'il en est ainsi dans notre pays, serait reçue comme un choix démocratique.
Non. Même ça nous ne l'avons pas obtenu

mardi 8 mai 2012

Déforestation

Quand c'est trop long, il faut savoir couper court.

mercredi 2 mai 2012

Anniversaire


Comme tu peux le constater, je ne suis pas là. Mais peu importe car, bien que doté d’un physique avantageux, je sais que c’est mon humour qui de tous temps t’a séduite. Quand je dis séduite, c’est bien sûr en tout bien tout honneur. De toute façon, qui serait assez présomptueux pour oser rivaliser avec ton mari.
Bien que ce soit aujourd’hui ton anniversaire, je peux te dire que tu ne les fais pas même si ton mari m’a déjà confié que tu faisais beaucoup de choses avec talent. Quand bien même tu les ferais, cela ne changerait rien. Et puis lorsque le matin je me regarde dans la glace, je me demande au nom de quoi on n’aurait pas le droit de les faire. Quoi qu’il en soit, il est bien connu que l’on fait dire aux chiffres ce que l’on veut. A quoi bon compter les années, laissons les simplement passer.
Et que voulons-nous d’ailleurs ? « Être heureux avant d’être vieux » comme le chantait Balavoine. Si c’est ton souhait, il te reste de très nombreuses années pour le réaliser. Mais autant faire au plus vite.

Née un jour, tu as d’abord grandi. Il est à noter que, très impliquée dès le début, c’est avec beaucoup d’attention que tu as observé ta naissance, d’autant que tu fus le premier bébé à naître par les cheveux, la touffe en avant, comme aime à le dire ton mari. Tout de suite tu t’es prénommée Fabienne. Fa comme la première note d’une balade et bienne, féminin de bien. Sur cette période que l’on appelle l’enfance, je n’ai rien de particulier à dire. Pourtant si. Jeune fille en devenir, apparemment rien ne laissait présager ton goût pour l’exotisme du bassin méditerranéen auquel tu n’hésitas pas à joindre le tien. Certainement déçue par l’amertume des asperges et autres poireaux d’ici tu préféras rapidement la suave lascivité du dattier et de ses dattes venue du bled. Il aurait été possible de déceler ton inclinaison pour cet orient devenu depuis si proche car encore petite fille à chaque fois que tu tombais tu criais « Jamal, Jamal… ». Ce n’est que plus tard que tu jouas avec le docteur. J’ai remarqué que bien que parfois bronzé, tu n’as jamais décelé en moi le moindre exotisme. Puis tu es devenue femme, ce qui n’est pas rien pour ne pas dire tout. Il est vrai que ce sont les mots d’un homme, c'est-à-dire quelqu’un qui ne sait pas ce qu’est une femme.
C’est par l’intermédiaire d’une de tes copines de boulot que j’ai fait ta connaissance. Pour être honnête, je ne sais plus à quelle occasion. Un touché rectal peut-être, à moins que ce ne fut lors d’un frottis. Inutile de vous dire que je n’étais pas partie prenante. Dès lors nous ne nous sommes plus quittés ou plus exactement, nous nous sommes souvent retrouvés. Je dois t’avouer que tu m’as toujours intimidé pour ne pas dire impressionné. A ce sujet, je me souviens d’une anecdote. A cette époque Jamal était l’inamovible gardien de but du CHU. Peut-être n’avait-il qu’une vague idée des obligations qui accompagnaient le statut de père de famille car je t’ai vue débarquer au stade, te garer devant les vestiaires, déposer deux ou trois enfants et repartir sans attendre pendant que ton mari, déjà dans son match, s’échauffait. A l’évidence, l’échauffement était partagé. Je me suis dit « Ca rigole pas ! »
 Tout en écrivant, je pensais à toi et naissaient des réflexions plus ou moins profondes sur l’amitié. Sortez les mouchoirs.
 Nos vies se frôlent et comme des atomes, s’agitent autour d’un idéal. Elles  finissent par constituer une nébuleuse de sentiments qui nous donne cette envie d’être ensemble. Nous y ajoutons des mots, des rires pour ne pas tout dévoiler, comme un bébé que l’on ne tarde pas à couvrir après son premier cri. Peut-être sommes nous trop fragiles pour résister à nos sentiments.
Ceci dit, vous n’êtes pas là pour pleurer et j’ai été déjà bien long. Loin d’ici, nous nous approchons  pour t’embrasser et te souhaiter un bon anniversaire.   

mardi 1 mai 2012

Le vrai a varié

Parti non en mais dans la campagne, je n'ai pas pu m'empêcher de la suivre. Bien qu'isolé de tout, je n'ai pas eu la volonté d'être loin de tout et proche du reste. A la réflexion, j'aurais dû. Ce que j'ai entendu a eu le don de m'exaspérer, de me consterner. Je me suis demandé comment nous avions pu en arriver là.
J'ai suivi avec curiosité les évolutions sémantiques du travail, notion dans laquelle je ne distingue pas la plus infime once de valeur. Qu'est-ce qu'une valeur qui provoque la mort (amiante et autres), qui pousse au suicide...
Notre président nous a fait découvrir qu'il existait un vrai travail. Même si il ne nous a pas expliqué ce qui le distinguait d'un éventuel autre travail, cela lui a permis une nouvelle fois de désigner des coupables. Ceux qui ont un vrai travail sont probablement des vrais français. Ensuite, constatant peut-être que l'expression n'avait aucun sens, c'est avec courage qu'il a déclaré et répété qu'il ne l'avait pas dite. Et puis, se heurtant à l'évidence, il nous a expliqué que ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire. Je me suis donc demandé comment être certain que ce que dit notre président est bien ce qu'il a voulu dire. Devons nous attendre qu'il nous dise "Je valide"?