vendredi 6 mai 2011

Oui ou non

Est-il mort? Etait-ce lui? Etait-il armé? Oussama aurait-il rejoint les autres morts célèbres qui sont encore vivants Elvis Presley, Paul Mac Cartney, Michael Jackson, Jésus? En quoi cela a-t-il la moindre importance, si ce n'est que cet épisode confirme que le monde est divisé en deux. D'un côté les méchants et de l'autre les gentils, ces derniers ne se reconnaissant aucune responsabilité.

Pendant des décennies nos démocraties nous ont vendu le concept du rempart dictatorial. Pendant que nos sociétés démocratiques luttaient sur leur territoire contre le terrorisme, il nous était doctement expliqué que les régimes autoritaires, autrement dit les dictatures, situés au sud de la Méditerranée constituaient le plus sûr rempart contre la propagation de "l'islamisme radical".

Il fallait bien entendu distinguer les mauvaises dictatures (Lybie, Syrie, Iran...) qui, provisoirement, pouvaient rejoindre les bonnes dictatures (démotatures) qu'étaient la Tunisie, l'Egypte, le Maroc... La démocratie ayant renversé les remparts, nous pouvons craindre le pire.

mardi 3 mai 2011

Justice

Après Kate et Will, après Jean-Paul, Ousama est arrivé sur le devant de la scène. Comme affamé, à l'affût, journalistes, experts, spécialiste, anciens ministre, anciens militaires, anciens agents de renseignement, anciens qui savaient, anciens de jadis et naguère se sont jetés sur la mort d'un fantasme. A coup d'émissions, d'éditions spéciales, de nous interrompons le cours normal, nous avons été assaillis dès notre réveil par les témoignages, les analyses, les suppositions, les déclarations, les interventions, les prévisions.

Cet homme est mort. A sa recherche depuis 10 ans, on peut comprendre la satisfaction des Etats Unis. Mais sur le fond, rien ne change. Le terrorisme est toujours présent. Il existait avant Ousama et existera après.

Il est étonnant que l'on puisse affirmer que justice est faite. Nos dirigeants, à juste titre, aime à nous répéter que nous vivons dans un monde de droit. En ce qui concerne Ousama, la justice n'a pas été rendue. Peut-être une vengeance a-t-elle été assouvie. Même les dirigeants nazis ont eu un procès. La mort, même involontaire, ne saurait faire office de justice.

Pas de robe mais du corps



Elizabeth II, passionnée et propriétaire d'un élevage de lévrier, a tenu à choisir elle même le vin du mariage princier.

samedi 30 avril 2011

Au moins ça

L'autre jour, précision temporelle on ne peut plus imprécise mais qui confirme que c'est toujours l'autre, installé dans un compartiment qui faisait partie d'un train ayant quitté à l'heure les quais de la gare St Lazare, je lisais mon quotidien préféré. Mon regard tombe sur une publicité dont la phrase ci-dessous est extraite.
"La sécurité nécessite une alliance subtile entre intelligence et persévérance."

Allez savoir pourquoi, s'opère dans mon cerveau une série de connexions avec l'actualité politique de notre pays. De connexion en connexion j'en arrive à nos trois derniers ministres de l'intérieur (j'exclus F. Baroin) et ne peux que louer leur persévérance.

vendredi 29 avril 2011

Presque


"Lorsqu'on est vieux,
même la longueur du jour
est source de larmes."
Issa


Nous pourrions imaginer que le Japon est un haïku, composé avec la force du temps, d'une volonté, d'une tradition, avec la douceur de la mémoire et de l'humilité. Le Japon est la recherche d'un équilibre dont chacune des îles serait un mot qui compose un haïku de roches et de sable. La fragilité et l'incertitude de cet équilibre nous apparait sur la surface plane d'un atlas qui dessine les contours d'une côte qui semble résister aux vagues.

Le tremblement de terre et ses conséquences nous rappellent la précarité de notre quotidien, de notre vie. S' il faut nous garder des comparaisons, le désarroi, la souffrance, la solitude peuvent nous surprendre jusqu'à nous faire perdre espoir. Qui que nous soyons, la solidarité, la compassion et le respect pourront nous être offerts. Les mots de réconfort nous conduiront vers l'équilibre.

dimanche 17 avril 2011

Casser la voix



Depuis l'adoption du quinquennat par référendum, le mandat présidentiel est de quatre ans. C'est ce que pourrait laisser croire l'activité de certains hommes politiques. A la suite des cantonales, je me suis intéressé à certains élus non réélus et plus précisément à leur conception de la démocratie. Pour le coup je ne citerai pas de nom.
Si l'on prend le temps d'écouter leur analyse d'un scrutin qui ne leur a pas été favorable, on constate qu'ils font peu de cas des électeurs. La démocratie ne vaut que si elle leur permet d'être réélu. L'intelligence de l'électeur, sa capacité à faire un choix rationnel sont niées. Cela se retrouve dans la déclaration devenue classique "Les électeurs se sont trompés d'élection". Cette dernière élection était locale, ce que l'on appellerait une élection de terrain. Les élus sont en prise directe avec les électeurs, leur quotidien et leurs préoccupations qui ne sont pas nécessairement des problèmes (à entendre la classe politique, nous n'aurions que des problèmes). Au soir des résultats du deuxième tour, nous avons eu le droit au célèbre "Nous avons compris le message des français, nous allons aller vers eu, les écouter..." Je vous fais grâce de la suite.
Manifestement, la démocratie ce sont des idiots qui votent pour des sourds.

Pains de campagne

Hier soir (1), dignement assis sur l'extrême bout du canapé, j'allais me lever comme un seul homme pour gagner l'étage lorsque, victime d'un usage intempestif de la télécommande, retient mon attention l'apparition sur l'écran du visage du secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé. Sur le coup, je me dis que, pratiquant le garçon de longue date, il ne va pas mettre plus de trente secondes pour m'agacer et me contraindre à faire apparaître l'écran noir. Et puis, comme lorsque enfant j'essayais de battre mon record de temps en apnée, je me suis mis au défi de battre mon record d'écoute du gars Copé. Autant vous dire que j'ai pulvérisé mon record.

Mon gars Jef était face à quatre représentants des religions les plus pratiquées en France, représentants qui ne comprenaient pas pourquoi un parti politique organisait un débat (deux heures en tout et pour tout) sur la laïcité avec en ligne de mire les musulmans. Manifestement Jef avait décidé de la jouer modeste, compréhensif et à l'écoute. Chaque religieux fit part, pour des raisons différentes mais partagées (c'est possible?), de son opposition à ce débat. Ce à quoi Jef répondit qu'il n'était pas question de stigmatiser qui que ce soit mais qu'il existait un problème et qu'il fallait le régler. Un problème. Pour étayer son analyse(?) il cita deux exemples, exemples qui concernaient l'Islam. Christ des temps modernes, il fit part des attaques injustes, de la persécution dont il était l'objet. Persécuté mais sage et miséricordieux. Il avait rencontré un à un les représentants des religions et avait, à leur contact, beaucoup appris et n'était plus le même homme. Ces dialogues en tête à tête, Jef est à l'écoute, avaient permis de dissiper les malentendus. Ces interlocuteurs étaient ressortis de son bureau rassurés et en accord avec Jef sur la tenue de ce débat.

Le journaliste demanda alors à notre gars Jef pourquoi l'ensemble de ses interlocuteurs, à la suite de ces entretiens, avaient trouvé bon de rédiger un texte commun pour s'opposer à la tenue de ce débat?

(1) d'autres soirs sont passés depuis

vendredi 1 avril 2011

Simplement

"Si j'avais su que je l'aimais tant, je l'aurais aimée davantage."

Une phrase que j'ai entendue.

jeudi 31 mars 2011

Facile

En déclarant que "La règle intangible de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne devrait pas se poursuivre après 2012", le secrétaire d'Etat à la fonction publique Georges Tron prouve qu'il n'est pas homme à faire les choses à moitié.

mercredi 30 mars 2011

Derrière l'oreille


Avez-vous remarqué le caractère cyclique de la présence d'un ministre sur le devant de la scène? Aujourd'hui sont visibles François, Xavier et Claude. Où sont les autres? Qui se souvient d'eux? Qui sait ce qu'il font?

Ce matin, sous ma douche, je ne pensais pas à Roselyne Bachelot. Elle avait disparu des écrans, ne cherchait plus la caméra, n'approchait plus ses lèvres d'un micro. Malgré l'affaire Servier, l'incurie de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé et la désorganisation vaccinale, j'avais presque oublié qu'elle avait été ministre de la santé jusqu'en octobre 2010. Elle aussi nous assurait assumer ses décisions, ses propos et ce qu'elle nommait son action.Et puis, sans autre forme de procès, elle a changé de ministère où elle assumera à nouveau ses décisions.

Mais pourquoi la douche et Roselyne? Ce matin, Roselyne a refait surface. Elle a pris à bras le corps un sujet vieux comme...Roselyne a découvert la prostitution. Ce qui nous vaut la déclaration suivante: "Je suis favorable à la pénalisation des clients. Il faut les punir. La prostitution n'est jamais volontaire. Il y a une complaisance à parler de la prostitution, comme c'est souvent le cas avec les discriminations envers les femmes. Il est temps que cela cesse."

Je ne vais pas m'étendre plus que de raison sur le sujet. Il faut punir le client. Je propose dix coups de règles sur le gland (que ça fait mal!). Vous remarquerez que Roselyne ne conçoit que la prostitution féminine. Comme souvent, le politique brandit la bonne idée dont une nouvelle loi sera la traduction. Roselyne prend en exemple la Suède qui a réussi à faire baisser de façon très sensible la prostitution. Mais ce que ne dit pas ou ne sait pas Roselyne c'est que la Suède traduit dans les faits l'égalité femme/homme. La lutte contre prostitution doit faire partie d'un tout dans une société qui reconnait à tous d'exercer les mêmes droits, de pratiquer les mêmes libertés et d'accéder aux mêmes aspirations. Notre parlement a en quelques années voté cinq lois instituant l'égalité salariale sans qu'elle soit pour autant aujourd'hui appliquée. Comme le dit si bien Roselyne, il est temps que ça cesse.

Croix de bois, croix de fer

Ce matin, sortant de la douche, j'ai eu la curiosité de consulter le taux de participation aux différentes élections depuis 1958. Le premier constat que l'on peut faire, comme dirait un politologue, est que, exception faite de l'élection présidentielle, cette participation est en baisse constante. Les principaux intéressés sont les électeurs potentiels et les politiques.

Poussant l'analyse politique à un niveau jamais atteint, je me suis dit que la solution était de foutre la paix au citoyen pour qu'il ait à nouveau l'envie d'être électeur. Le sens du vote est perverti (un peu fort?) par les analyses, les interprétations dont les auteurs rechignent à admettre qu'un vote puisse être positif. Serions nous prêt à voter pour n'importe qui à seule fin de faire part d'un mécontentement? Sommes nous prêt à renoncer au choix d'un pouvoir local qui structure notre quotidien pour pouvoir sanctionner un pouvoir central? En serions nous réduits à ne voter qu'à l'aune de nos intérêts particuliers?

Toujours aussi observateur, j'ai remarqué qu'au cours de ces courtes soirées électorales (municipales, départementales, régionales), le casting est toujours le même sur les chaînes nationales. A croire que les élus locaux n'ont rien à dire.

J'avais l'intention d'écrire autre chose mais ma pensée a dévié, ce qui fait que le titre ne correspond à rien.

http://www.france-politique.fr/participation-abstention.htm

lundi 28 mars 2011

Les mots

Vous avez en mémoire les mots de notre ministre de l'intérieur "Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux" A cette occasion je me suis fait la réflexion que nombre d'hommes politiques aiment à parler des français mais ne s'adressent que rarement directement à eux. Cela me fait penser à l'aide-soignante qui le matin demande au malade "Alors, il a bien dormi? Il a faim?".

Alors imaginons que, même si c'est dans style indirect, le politique s'adresse au peuple. Pour ce faire, il utilise des mots qui finissent par constituer des phrases. Que fait le peuple? Il écoute ou lit ces phrases. De sa lecture ou de son écoute, il se fait une idée de la pensée du politique. Si l'on suppose que le politique réfléchit avant d'exprimer sa pensée, son analyse, sa vision de la société, il prend bien soin de choisir les mots qui traduisent sa pensée. C'est le moins que le peuple puisse attendre. Il semble que notre ami Claude avait quelque chose à nous dire mais que les mots qu'il a choisis pour le dire ne correspondent pas à ce qu'il voulait dire. Certainement habitué au fait que Claude éprouve des difficultés à faire partager sa pensée, notre premier ministre s'est ainsi exprimé au sujet des propos de Claude "Je ne m'attache pas aux tournures de phrase, je m'attache à la politique que l'on conduit" Ce qui en d'autre terme veut dire que les propos du pauvre Claude sont incompréhensibles ou qu'à tout le moins hasardeuse serait une interprétation.

Quelques temps plus tard, le gars Claude nous parla d'une croisade dont notre président aurait pris la tête. Si c'était bien ce qu'il avait dit, ce n'est pas ce qu'il fallait comprendre. C'est du moins ce que déclara Henri Guaino qui nous précisa: "Je le défends car il n'a pas dit ce qu'on lui fait dire. Je constate que nous baignons dans un climat d'hystérie"
"Croisade, c'est une expression courante. Peut-être que le mot n'était pas très adroit, mais ça ne s'appliquait pas à ce à quoi on l'a appliqué"

Si vous savez à quoi s'applique croisade, faites moi signe.

vendredi 25 mars 2011

Bien profond


Un soir, comme trop souvent, j'étais avachi dans le canapé. Je regardais la télévision. La télécommande certainement trop éloignée de ma main, je subissais la publicité. Un spot pour un parfum Dior retint mon attention. Une chanson de Gainsbourg était censée l'illustrer. Avant qu'il ne soit rattrapé par d'autres, ce chanteur, pour rire, aimait bien choquer le bourgeois qui ne comprenait pas toujours de quoi il retournait, les sucettes à l'anis étant un bon exemple. Quelques temps plus tard, il se fit plus explicite avec l'année érotique et "Je t'aime, moi non plus".

Dans la pub en question, c'est cette dernière qui soulignait les images. Les images sont Dior et bien sûr d'argent. Si je résume, dans le désordre, c'est une histoire d'amour papier glacé entre Natalie Portman et un jeunot sans intérêt (c'est un homme mûr qui vous parle). Il lui a envoyé des fleurs. Elle prend un bain. Elle s'habille. Elle le retrouve dans le jardin qu'après la cour il ne va pas tarder à lui faire. Ils prolongent dans une chambre que l'on devine de palace. Elle lui dénoue son noeud papillon, avec les doigts. Ils sont habillés sur le lit. Il disparaît des deux derniers plans. Semblant satisfaite, l'air mutin ou salope, comme on veut, mais là c'est plutôt mutin, elle exhibe le flacon qui laisse apparaître le précieux liquide, en quelque sorte in vitro. Et pour terminer, elle porte autour du cou le noeud papillon défait.

Chacun aura compris que tout est dans tout mais pour le coup pas inversement. Pendant tout ce temps, trente secondes, on peut entendre Jane chanter "Je t'aime, je t'aime" et Serge répondre "Moi non plus." Jane enchaîne "Tu vas et tu viens". Et moi, avachi sur mon canapé, j'attends. Jane chante "Tu vas et tu viens" en vain. Le spot se termine sans que l'on sache où Serge a bien pu aller.

Pourquoi

Pourquoi après avoir fait ce que l'on avait à faire, reste-t-il toujours quelque chose à faire?

jeudi 24 mars 2011

Comme quoi...

Ce matin, sous ma douche, j'ai pensé à Liz Taylor. Aussi étonnant que cela puisse paraître, tout comme lorsque j'ai pensé à maître Capello, il ne s'est rien passé. Ce qui leur fait un point commun. Je ne suis pas mécontent de les avoir réunis par delà la mort. J'imagine la question d'un jeu " Attention, super banco, quel est le point commun entre...?" Ding, ding, ding

mercredi 23 mars 2011

Faire front


Ce matin, alors que je tentais de saisir le savon qui, trop loin, m'attendait sur la droite, je me suis demandé pourquoi je ne voterai pas pour le front national. Je dois vous avouer que je ne me suis jamais intéressé à son programme. Avant que la fille ne s'impose, régnait le père. A la simple écoute de ses propos sans fond, je discernais en lui les ondes de la haine, du mépris, de la violence. Il jouissait de son inutile pouvoir. Il se savait impuissant et prenait plaisir à souiller tout ce qu'il touchait. Personne ne l'a durablement réduit à ce qu'il est.

Sa fille a pris place, aussi impuissante que son père. Alors, pourquoi faudrait-il avoir peur? Si l'on prend le temps de l'écouter, s'impose l'évidence qu'elle ne conçoit pas le débat politique comme un dialogue qui reposerait sur l'échange des arguments, la confrontation des idées mais comme l'occasion de déverser un flot d'accusations, d'affirmations qui n'ont que le dénigrement pour objet. Cette stratégie repose principalement sur l'amalgame qui est fait entre compromis et compromission. La fille, plus encore que le père, tente de faire croire que de sincères convictions ne peuvent s'accommoder de compromis.

Ma douche se terminait et je regardais la mousse disparaître dans le siphon.

mardi 22 mars 2011

Positions

Le deuxième tour des cantonales révèle qu'il n'est pas facile d'être électeur, encore moins d'être électeur de droite. Au premier tour il vous est laissé la relative liberté de voter pour qui bon vous semble. Vous avez le libre choix de votre position même si, comme un écho infini, résonne le slogan "Votez utile". Le kamasoutra électoral stimule votre imagination. Après avoir passé quelques instants seul dans l'isoloir, vous en ressortez un sourire de satisfaction aux lèvres.

Arrive le deuxième tour. Finis la débauche et le stupre. Comme une bulle papale, éclate l'injonction de revenir dans le droit chemin. C'est ce que l'on appelle la consigne de vote qui est à la démocratie ce que la position du missionnaire est à l'érotisme.
Frustrés, l'électrice et l'électeur préfèrent rester à la maison et se dégoupiller la bonbinette ou se faire reluire le vestibule.

samedi 19 mars 2011

Commerce (café du)


"Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale."

Si je m’en réfère aux propos de cette éminence devenue ministre de l’intérieur qui sonde les âmes et les cœurs, je ne suis pas français. Si j'ai des sentiments, ce ne sont pas ceux que Claude Guéant me prête. Cherchant à comprendre le sens de cette déclaration, j'ai essayé de me mettre à la place d'un français.

Nous avons d'abord les français et les autres. Je devine que dans l'esprit du gars Claude, tous les français sont blancs. Claude s'approche au plus près du précipice, jusqu'à son extrême bord. A force d'immigration incontrôlée. On sent poindre les hordes qui violent nos frontières. De quelle immigration parle-t-il? Il n'ose pas la nommer, la définir. Qui n'aurait pas contrôlée cette immigration?

Les français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux. Ce parfois tempère ses propos. Claude, comme les français, serait un intermittent de la xénophobie. C'est moins grave. La question se pose de savoir dans quelles circonstances les français ne se sentiraient-ils plus chez eux? Je suppose que ce sentiment naîtrait au contact des autres, dans un lieu public. Mais comment le français dicerneraient-ils ceux qui proviennent de l'immigration incontrôlée? Claude a son idée sur la question mais il n'ose pas aller jusqu'au bout. L'éminence n'aurait-elle pas de couilles (oui, je sais...)?

Les français ont parfois le sentiment L'emploi du mot sentiment vient atténuer la force du propos. Ce que ressentiraient les français ne reposerait pas sur une réalité. Claude et les siens ont tellement fait peur aux français que ces derniers ont fini par avoir peur d'un fantasme. Claude doit faire quelque chose pour que les français n'aient plus peur sans qu'ils soient pour autant rassurés.

Faux-cul jusqu'au bout, Claude nous parle de pratiques. Il ne dit pas lesquelles mais suivez son regard.

Comme j'ai de la chance et comme je suis heureux de ne pas être français.

jeudi 17 mars 2011

Décence




Quelques heures après ce que l'on appelait encore un incident nucléaire, les écologistes ont réclamé un débat sur cette énergie. Notre premier ministre a qualifié ces propos d'indécents. Les verts profitaient d'un drame humain pour polémiquer.

Ce matin, après avoir pris ma douche dont l'eau est chauffée par l'énergie solaire, je suis descendu dans la cuisine. J'ai allumé la radio qui fonctionne à l'énergie nucléaire. J'entends Anne Lauvergeon nous dire :"Si il y avait eu des EPR à Fukushima, il n'y aurait pas de fuite possible dans l'environnement."

J'avais une tripotée de commentaires à faire et puis je me suis dit "A quoi bon."

mercredi 16 mars 2011

Doré sur tranche

J'ai le souvenir que François Fillon avait mal vécu de ne pas faire partie du gouvernement de Villepin. Amer et revanchard, il avait eu des propos peu amènes pour le président de l'époque. Il avait, la même année, perdu la présidence du conseil régional des Pays de Loire. Il s'était retrouvé désoeuvré. S'étant découvert des atomes crochus avec l'éternel ministre de l'intérieur, il consacra son temps à préparer les réformes qui allaient sauver notre pays. Je me souviens l'avoir entendu nous dire qu'il avait pris le temps de réfléchir et de concevoir un programme complet de réformes. Il ne restait plus qu'à le mettre en oeuvre.

La première réforme concerna la fiscalité. Pourquoi pas puisque tout un chacun s'accordait à dire qu'elle était notamment incompréhensible et injuste. Mais friand de symboles et impatient, notre président ne réforma pas la fiscalité. Il fit voter la loi TEPA qui contenait le bouclier fiscal. Avide de formule, le même présenta ce bouclier comme un marqueur de son quinquennat. Jamais, nous dit-il, il ne reviendrait sur cette décision. Et puis...

C'est François qui s'y est collé en déclarant Le bouclier fiscal a été mal compris. Donc nous voulons mettre fin au défaut de l'ISF dont le bouclier était le remède imparfait Ces deux étonnantes phrases méritent d'être décortiquées.

Le bouclier a été compris mais pas comme il aurait fallu. Si nous l'avions bien compris nous aurions été favorables à son instauration et à son maintien. Ce bouclier a trois ans, ce qui donne une idée de la capacité de François à se faire comprendre. Il ne lui vient pas à l'esprit que si nous n'avons pas bien compris, c'est qu'il n'a pas bien expliqué.
François nous dit que le bouclier a été institué pour pallier les défauts de l'ISF. Pourquoi avoir inventé un système imparfait sensé compléter un autre système imparfait? Pourquoi, faisant preuve de bon sens et de pragmatisme, François n'a-t-il pas simplement corrigé les défauts de l'ISF?