mercredi 16 mars 2011

Mamie suça



Les mangeurs de yaourt sont-ils des gérontophiles?
Ce matin, seul dans l'abri bus, j'attendais. En attendant, je décortiquais une affiche publicitaire qui vantait le plaisir qu'un yaourt peut procurer. Je détectais l'affirmation d'une addiction possible. J'allais passer à autre chose lorsque je lus cette phrase "Mamie Nova, il n'y a que toi qui me fait ça". Nom d'une pipe (je sais...) me dis-je. Naïveté ou perversité? Ou simplement la prise en compte d'une réalité tant sociologique que démographique d'une population vieillissante qui se féminise? Je ne savais que penser. Je fermai les yeux et tentai d'imaginer. Tremper sa cuillère dans le yaourt n'échappait pas à la polysémie. Quel sens pouvait-on donner aux morceaux de fruit promis?
Poussant plus avant ma réfléxion, alors que je voyais poindre le bus, il m'apparus évident que, sous couvert d'un produit lacté, il y avait l'affirmation de l'existance d'une sexualité de qualité du troisième âge qui ne demande qu'à s'épanouir.

mardi 15 mars 2011

Pour rire


Ce qui suit est extrait d'un article de "Rue 89"

Carlos Ghosn expliquait sur TF1 :

« Quand un constructeur est en avance technologique, ne soyons pas naïfs, ça intéresse beaucoup de monde. »

Aujourd'hui, c'est donc l'hypothèse inverse qui se dessine : quand un constructeur est – ou se pense – en avance technologique, il peut être naïf au point de voir des espions partout – et de se faire arnaquer sans aucune difficulté.

dimanche 13 mars 2011

Confine

Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, Il n'y a pas d'inquiétude pour les populations des territoires français d'Outre-Mer après l'explosion et la fuite radioactive de la centrale japonaise de Fukushima-Daiichi.

Je me suis dit que si il n'y a pas d'inquiétude c'est qu'il n'y a pas de danger. Après avoir relu, je constate pourtant que d'un côté nous avons pas d'inquiétude et de l'autre nous avons explosion et fuite radioactive Mais je me dis que Nathalie ne peut être que bien informée. Si elle affirme qu'il n'y a pas d'inquiétude c'est qu'elle dispose des données qui lui permettent de nous transmettre une information fiable.

Elle précise:"Aujourd'hui ont été relâchées dans l'environnement des émanations de vapeurs faiblement radioactives qui, au moment où nous parlons, ne semblent pas devoir être dangereuses pour les Japonais eux-mêmes et donc forcément pas dans les territoires d'outre-mer", Si il y a eu explosion, les vapeurs sont faiblement radioactive. Bien que je ne sache pas ce que sont des vapeurs faiblement radioactives, me voilà malgré tout rassuré. Continuant ma lecture, je découvre une contradiction latente. Les vapeurs faiblement radioactives ne semblent pas devoir être dangereuses. Si je comprends bien, elle n'est sûr de rien et n'est pas loin d'en savoir autant que moi. Ce qu'elle confirme en précisant que "nous ne disposons pas de toutes les informations complètes pour avoir une vision d'ensemble de la situation".

vendredi 11 mars 2011

Pains de campagne (3)

Ce candidat de la droite a développé l'idée générale selon laquelle il y avait de bonnes idées à droite et à gauche et qu'il serait dommage de s'en priver sous prétexte qu'elles émaneraient du camp adverse. Dès l'instant où l'on défendait l'intérêt général et donc celui de la France, il n'y avait plus lieu de maintenir le clivage droite/gauche, archaïsme des temps anciens. Le président tendait la main, ouvrait les bras pour accueillir ceux qui voulaient contribuer aux changements. Voilà un président qui voulait combattre le sectarisme, qui apparaissait comme un rassembleur. Comme nous allions nous en rendre compte, c'était la première manoeuvre d'exclusion. Ceux qui continuaient d'affirmer qu'il existait des différences entre la droite et la gauche étaient les tenants de l'immobilisme, engoncés dans des préjugés d'un autre âge. Ils étaient les premiers responsables identifiés de la situation dans laquelle se trouvait notre pays. Il était nécessaire que notre pays aille mal, quelque soit le domaine.

mercredi 9 mars 2011

Pains de campagne (2)

La candidate de la gauche, bien que dans une posture de maîtresse d’école, semblait vouloir solliciter le citoyen en le considérant comme force de proposition. Le candidat de la droite, quant à lui, nous proposait une République irréprochable. Nous aurions pu nous demander pourquoi irréprochable. La République ne l’est-elle pas par définition ? Quoi qu’il en soit, il semblait avoir conscience qu’elle ne l’était plus. Nous avons choisi le candidat. Alors pourquoi lui ?

Il nous a dit que tout était possible. Il nous a dit qu’il n’y avait pas de fatalité. Il nous a dit qu’il y aurait un avant et qu’il y aurait un après. Il nous a dit que les idéologies étaient mortes. Il nous a dit qu’elles étaient responsables de nos maux, de nos divisions. Il nous a dit qu’elles avaient entravé notre liberté. Il nous a dit qu’il fallait être pragmatique. Il nous a dit qu’il fallait du bon sens. Il nous a dit qu’il fallait faire preuve de volontarisme. Il nous a dit que les notions de droite et de gauche n’avaient plus de sens. Il nous a dit que mai 68 avait perverti notre société devenue permissive mais il nous a dit qu’il n’avait aucun tabou. Il nous a dit qu’il mettrait tout sur la table. Il nous a dit qu’avec la volonté on arrivait à tout. Il nous a dit qu’il fallait promouvoir la réussite individuelle.

mardi 8 mars 2011

Pains de campagne (1)

Puisque 2012 approche, puisque l’on tient à nous faire croire que l’année prochaine c’est demain, je me suis intéressé à 2007. Je me suis à nouveau demandé pourquoi, nous peuple de France, avions-nous fait le choix de ce président.
En 2007, se terminait un cycle de 19 ans d’immobilisme présidentiel. Je me souviens m’être dit que le nouvel élu du peuple aurait une responsabilité plus importante que jamais. Nous avions à nouveau besoin et envie de croire. Nous cherchions à partager un projet. Nous voulions croire en l’avenir. Peut-être n’étions nous plus en état de rêver. J’ai le sentiment que nous attendions de l’honnêteté, de la probité, de l’humilité, de la droiture, de la simplicité, de la fidélité. Nous avions besoin d’avoir confiance en ceux qui veulent nous gouverner.
Même si le programme de la gauche nous est resté jusqu’au bout inconnu et même si la droite nous rejouait un épisode de l’homme providentiel, il me semblait que nos deux candidats avaient plus ou moins confusément conscience que leurs concitoyens souhaitaient que l’action politique soit guidée par la morale. Je dois vous avouer, certainement à tort, que j’éprouve une certaine réticence à utiliser le mot valeur.

mercredi 2 mars 2011

Quel petit débat à l'enjeu faisandé au fond de la cour?

Je me souviens… Je me souviens d’un débat sur l’identité nationale. Je me souviens surtout de son intitulé. Je m’en souviens mais j’ai tout oublié. Je me souviens que cela semblait important mais je ne sais pas pourquoi. Je me souviens qu’il y avait de bons français et que l’on ferait tout pour que les autres le deviennent. Mais qui s’en souvient ?
Est-ce pour cela que JF Copé juge important de lancer un débat sur la laïcité comme l’on jette une pierre dans une vitrine ? Que nous dit JFC « Il s'agit d'un débat qui est initié par l'UMP, qui porte sur la laïcité, qui a d'ailleurs toujours porté sur la laïcité ». Pourquoi ce sujet plutôt que la politique fiscale, la politique étrangère, la politique éducative, citoyenneté et précarité…JFC nous répond qu’il « initie » des débats sur des sujets qui préoccupent les français. S’il y en a bien un qui sait ce qui nous préoccupe c’est JFC. Il nous connait tellement bien le JFC qu’il sait que ce n’est pas la laïcité qui nous préoccupe. A l’origine de son initiation il précisait "Nous allons organiser un débat autour de la thématique qui est la suivante : comment organiser l'exercice des cultes religieux. (...) Ce débat comportera deux parties, une première sur les cultes religieux en France et leur compatibilité avec les lois de la République, et une deuxième partie sur la question de l'islam de France. Comment organiser l'exercice des cultes religieux." Mais quels sont donc ces cultes religieux qui ne sont pas organisés ? Comme tout bon énarque, le JFC nous le fait en deux parties. D’abord les cultes religieux et ensuite… Et il ajoute qu’il s’agit de "poser un certain nombre de problèmes de fond sur l'exercice des cultes religieux, singulièrement le culte musulman, et sa compatibilité avec les lois laïques de la République" Singulièrement, dit-il. Il s'agit encore et toujours de désigner.
Pour ce qui me concerne, je sais que JFC est en campagne électorale depuis trois ans pour l’élection de 2017.

Et pour terminer, qui a dit:

" Moi, je veux aller plus loin : je ne veux pas de minarets, pas d'appels à la prière dans l'espace public, pas de prières dans la rue".

mardi 1 mars 2011

Erosion

Une seule pensée et tout se désagrège
Les rires, les caresses ont quitté la plage
Comme le sable emporté par la vague
Je cède, me laisse envahir par la fatigue
Le vent me rappelle que je suis en vie
Ce n’était peut-être qu’un simple cri
Une lumière sur une vie d’illusions
Je laisse au large s’éloigner mes passions
Soudain plus rien n’a d’importance
Toutes les couleurs perdent leurs nuances
S’effacent mes désirs et mes promesses
Je sais qu’un jour je ne chercherai plus sans cesse

Femme au perroquet (Eugène Delacroix)



Juste pour dire que je me sens pousser des ailes.

lundi 14 février 2011

Y a pas de raison

Notre premier ministre, de passage à Riyad, a tenu à justifier ses vacances en famille passées en Egypte au frais d'un dictateur en affirmant :

"Le président Mitterrand s'est rendu à de nombreuses reprises à l'invitation de M. Moubarak en Egypte, le président Chirac s'est rendue à de nombreuses reprises à l'invitation de M. Moubarak en Egypte, le président Sarkozy s'est rendu en Egypte à l'invitation de M. Moubarak"

Puisque les autres l'on fait, pourquoi pas moi et on ne peut surtout rien me reprocher.

La règle, à maintes fois rappelées par nos dirigeants, est de ne jamais évoquer nos affaires intérieures à l'étranger. Et pourtant...

jeudi 3 février 2011

A tous les hommes du même sexe



Je me demande toujours à quoi je pense sous la douche. C'est en prenant la serviette, le corps encore luisant, que je me dis que j'y serai attentif la prochaine fois. J'ai fini par croire que je ne pensais à rien. Je n'en suis pas convaincu. En revanche, je sais ce que je fais sous la douche. Je pense vous l'avoir déjà raconté. Le temps passé sous le jet est principalement consacré à me laver. Je savonne mon corps, quoi d'autre, toujours dans le même ordre. Le torse, le ventre, les dessous de bras que je préfère à aisselle, les bras et ensuite j'attaque le centre névralgique de mon intimité. Attaquer est peut-être un terme un peu brutal mais d'aucuns, dont je ne fais plus partie, considère leur sexe comme une sorte d'arme de jouissance massive. Alors que...

Alors que là n'est pas l'essentiel. Si l'on en croit les témoignages suivants, on constate que certains en ont pris conscience. .«Parfois, j’ai l’impression que ma queue ne sert plus à rien», «A quoi bon l’avoir grosse si elle ne procure aucun plaisir?», «Quand on voit les statistiques sur l’orgasme féminin, ça fait débander direct…»

Ces hommes qui ont compris que “La pénétration peut être source de plaisir, voire d’orgasme pour les femmes, mais ce n’est ni systématique ni obligatoire, contrairement à ce qui était affirmé avant que l’accès à l’information en matière de sexualité se démocratise (…) Une langue un peu habile, des doigts judicieusement placés ou un sextoy bien conçu apportent confirmation que le clitoris est bien la star de l’orgasme féminin.”

A suivre

Il revient au galop

Ce matin, à l'heure où ne blanchit plus la campagne, j'attendais le bus dans l'abri bus, lieu dans lequel le nombre d'activités proposées est réduit. Il est possible de lire et de relire les horaires, les tarifs. Vous avez tout le loisir de découvrir l'itinéraire sur le plan. Vous pouvez compter le nombre de mégots, de chewing gum écrasés. Il peut aussi être intéressant de détailler les autres usagers. Certains amènent leur propre activité. Vous avez les fumeurs, les cracheurs, les deux en un qui cumulent. Plus rares et plus personnels, il m'est arrivé de côtoyer des pourvoyeurs et pourvoyeuses de flatulences et autres manifestations de digestion en bonne voie. L'occupation la plus pratiquée est l'observation attentive de l'horizon avec l'espoir d'y voir apparaître le bus.

Ce matin rien de tout cela. J'étais seul à attendre. Lorsqu'il en est ainsi, je regarde le panneau publicitaire, qui se trouve sur la partie droite de l'abri. L'affiche du jour vantait une crème Nivéa du nom de "Pure et natural". Il faut prononcer pioure puisqu'il s'agit d'une campagne internationale, l'anglais s'impose donc. Mais je lis et comprends pure et naturel. Je me suis demandé quel était le sens du mot naturel et j'ai trouvé "qui n'est pas modifié par l'intervention de l'homme" Faut-il comprendre que cette crème existe telle quelle dans la nature? Je me suis ensuite intéressé à pure qui veut dire "sans mélange, sain, propre, non pollué, non vicié" Donc, Nivéa récolte la crème dans la nature et la conditionne dans un milieu aseptisé.

Mais, continuant ma lecture, je découvre que la crème pioure et naturelle est à 95% d'origine naturelle (94% dans la version anglaise). 95%. Si Nivéa tient à ce que nous le sachions c'est que c'est certainement remarquable. Pourtant, sitôt lu une question s'impose: qu'en est-il des 5%? Si je comprends bien, ces 5% ne sont pas naturel, ce qui veut dire que la crème n'est ni pioure ni natural. Je me suis ensuite penché sur l'appellation "d'origine". Cela veut dire que la crème provient à 95% de la nature sans que l'on puisse pour autant dire que ces 95% n'ont pas été transformés donc dénaturés.

Les mots ont un sens.

vendredi 28 janvier 2011

Encore elle

Le matin était de sortie. J’étais encore dans mon sommeil. Une mouche passait et repassait devant mes yeux. Une mouche de bonne taille qui volait sans bruit. Elle semblait hésiter à se poser. Je ne bougeais pas, dissimulant l’intérêt que je lui portais. Sur la table étaient disposées les denrées du petit déjeuner. Pots confiture, échantillons de ces mêmes confitures qui, faute d’avoir pu atteindre la tartine, s’étaient écrasés sur la nappe. Un pot de miel que j’hésitais à ouvrir. Je me fondais dans cet ensemble comme un élément d’une nature morte dont, je l’espérais, ferait bientôt partie l’insecte. Pendant ce temps mon thé refroidissait. Comme vous le savez, autant nous ne sommes jamais pressés le soir, autant le matin, chaque activité est minutée. Je n’avais plus beaucoup de temps à consacrer à la mouche sauf à grignoter le temps consacré à plonger le sec dans le mouillé. Et, allez savoir pourquoi, ma vigilance de prédateur fut détournée de son objet par une information émanant de la radio.
Pendant que la mouche cherchait encore un point de chute, notre ministre des affaires qui lui sont étrangères déclarait que la situation en Egypte réclamait un peu plus de démocratie. Si sa connaissance de la situation en Egypte était de la même qualité que celle concernant la société tunisienne, je mettais en doute sa capacité à émettre le moindre jugement pertinent. Mais surtout "un peu plus de démocratie". Quel peut être le sens de cette phrase si jamais elle en possède un. Un peu plus de démocratie comme elle dirait un peu plus de sucre comme si il suffisait d'un peu plus de démocratie pour que la dictature de Moubarak soit moins amère. Un peu plus de démocratie. Les égyptiens seraient certainement contents de se savoir qu'il bénéficiaient déjà d'un peu de démocratie. Comme nous avons les pays en voie de développement, nous avons maintenant les pays un peu démocratiques. Mme Alliot-Marie venait sûrement de découvrir la dictature démocratique.

mardi 18 janvier 2011

Barreau

Nous n’avons pas bien mesuré le degré d’exaspération du peuple tunisien. Ainsi s'est justifiée Mme Alliot Marie. Voici un peuple qui vivait sous une dictature depuis des décennies, qui subissait la rapacité, la violence, le mépris de la belle-famille du dictateur, la répression, l'arbitraire du pouvoir, qui vivait dans la peur, la frustration et peut-être la haine des gouvernants étrangers qui se déplaçaient pour louer la fibre sociale du dictateur, pour le féliciter de ses efforts de démocratisation qui allaient dans le bon sens, qui distribuaient les éloges à ce chantre de l'émancipation de la femme. C'est ce peuple là qui a continué à manifester malgré la répression, malgré les morts et Mme Alliot n'a pas été en capacité de mesurer quoi déjà? Ah oui, le degré d'exaspération. Mme Alliot-Marie a-t-elle un thermomètre qui permet de mesurer le degré d'exaspération des peuples? Et pour effectuer la mesure où place-t-elle ce thermomètre?
Mme Alliot-Marie ne semble pas comprendre qu'un peuple n'est pas une entité abstraite ou un concept juridique à l'encontre de qui la violence d'un Etat serait justifiée, acceptable dès l'instant où elle serait jugée proportionnée et pourquoi pas raisonnable. Mme Alliot-Marie ignore-t-elle que la répression n'a pas besoin de tuer pour faire souffrir? Mme Alliot-Marie est-elle capable de faire preuve de compassion, pense-t-elle qu'elle ferait preuve d'ingérence si elle s'associait à la douleur d'un peuple, de femmes et d'hommes qui ont relevé la tête pour reconquérir leur liberté, leur dignité?

lundi 17 janvier 2011

d'anévrisme



En ce qui concerne la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie (1), qui avait proposé à la Tunisie le savoir-faire de la France pour "régler les situations sécuritaires", M. Guaino a déclaré : "Je crois qu'elle l'a fait sans mauvaise intention du tout, à partir d'une analyse qui était la sienne." Quant à savoir si elle doit présenter des excuses, "vous lui poserez la question", a-t-il dit.

Je n'ai rien à ajouter si ce n'est que dans cet entretien du jour M. Guaino a admis qu'"il y ait pu avoir des maladresses ou des incompréhensions", de la part de la France face à la crise en Tunisie.

(1) "Il y avait des tirs à balles réelles, des morts. Pour que de telles situations ne se reproduisent pas dans l'avenir, j'ai donc dit que nous étions prêts à aider à former les forces de l'ordre tunisiennes, comme nous le faisons pour d'autres pays, au maintien de l'ordre en veillant à la préservation des vies"

Rupture



En 1991, François Mitterrand en visite à Tunis, déclare : "La Tunisie est un pays accueillant et les Français qui aiment venir en Tunisie pour leurs vacances auraient bien tort de s'écarter de ce chemin. C'est un pays où l'on peut vivre dans des conditions de confort et d'agrément très grandes."

En 1995, c'est le président Chirac qui rend hommage à Ben Ali, affirmant qu'il a engagé son pays "sur la voie de la modernisation, de la démocratie et de la paix sociale en ouvrant le Parlement aux représentants de divers courants d'opinion" et loue son "audace économique et sociale".

En 2008, Nicolas Sarkozy confie "Certains sont bien sévères avec la Tunisie, qui développe sur bien des points l'ouverture et la tolérance, l'espace des libertés progresse".

On remarquera que sur la photo, Ben Ali tient fermement les doigts de notre président.

mardi 11 janvier 2011

La femme de trente ans

Voici le dernier discours en date qui m'a été demandé par une mère pour l'anniversaire de sa fille. Peu d'humour mais de l'amour. A hu et amour. Comme un fleuve charriant les sentiments de toute une vie. Ouverture du barrage et attention aux larmes de fond.


Tendre Aurélie, si tu me permets de t’appeler Aurélie, nous sommes là aujourd’hui pour fêter ton anniversaire. C’est un rappel pour ceux qui se demandent pourquoi on les a amenés ici. Tu es née il y a de ça plusieurs années, un 4 janvier. Si il fallait être plus précis, je pourrais l’être puisque j’étais présente. Toi aussi Aurélie tu étais là mais je crois savoir que tes souvenirs sont plus flous mais pour une fois, tu n’étais pas en retard. Te laisser rejoindre le monde en ce 4 janvier fut mon premier cri de mère. Un cri de peur de te voir ainsi déjà t’éloigner un peu mais surtout un cri d’amour pour toi, pour ce monde avec qui j’acceptais de te partager. Oui, je sais, je n’avais pas le choix. Je donnais vie à cet amour que j’avais si longtemps gardé en moi. Comme pour fêter la féminité de cette naissance, quelques mois plus tard de cette même année, une vague de couleur rose submergea la France. Ceci pour donner un indice.
C’est comme si je te connaissais depuis toujours. Je n’ai pourtant appris à te connaître qu’au long des jours. Chaque jour est un nouveau livre qui me parle de toi. Je laisse le temps sécher l’encre de chaque lettre, de chaque mot, de chaque phrase, de chaque page. J’en relis certaines, d’autres sont à jamais imprimées dans ma mémoire mais, même si j’en avais le pouvoir, je n’ai pas envie de changer ne serait-ce qu’un mot même si je dois t’avouer que j’ai parfois eu la tentation d’utiliser une gomme. En feuilletant ces livres je rencontre des pages froissées, d’autres qui ont été arrachées et puis remises, certaines sont traversées par des ratures. Ce sont les pages de ta vie, traversées par d’autres vies. Des pages couvertes de mots écrits à l’encre des sentiments, des épreuves, des doutes, des espoirs.
Ne sachant pas trop comment faire, je me suis dans un premier temps dit que j’allais tout simplement raconter ta vie. Le début, le milieu et la fin...provisoire. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence que trois minutes seraient pour moi trop courtes et qu’une heure serait pour vous trop...long. C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir les livres et de lire les pages choisies par le hasard de ma mémoire.

Chapitre 1 capillaire
Mamie, Barbie, mise en plis

Marquant une page de ton enfance, souple et soyeux, un cheveu de ton arrière grand-mère brille. Il représente cette chevelure que tu aimais coiffer. C’était la rencontre de deux extrémités du temps qui se terminait par un amas de cheveux que tu appelais un chignon. Avec ta mamie, vous ignoriez le temps, vous le laissiez s’écouler pour qu’il vous rapproche. Comme si elle en avait enfin terminé avec sa vie d’adulte, elle jouait avec toi à la poupée Barbie.
J’ai toujours eu cette impression que tu jouais avec le temps, que tu en jouais, que tu te jouais de lui.

Chapitre 2 Amour

Architecture, lecture, murs
A force d’être chez toi, tu as souhaité être chez vous, mais le chemin est long. Un jour, comme sur l’écran de ta vie, dans le studio est arrivé Serge mais ce n’était pas du cinéma. Il est pourtant devenu ton héros, comme si à la loterie de la vie tu avais coché le nombre d’or. Comme un héros romantique à la Balzac, Serge en te découvrant a cueilli le lys dans la vallée. A l’étroit à trois, après un passage à St Cyr l’Ecole occasionné par l’apparition de Stan, vous avez fait l’acquisition de votre nid où peut s’épanouir votre amour.

Chapitre 3

Cheminée, adoré, bébé
Vous étiez deux. Mais allez savoir pourquoi, une fois deux, très rapidement on ne pense plus qu’à être trois. Pour vous multiplier, vous n’avez plus fait qu’un. Et c’est ainsi, qu’entouré d’un ruban bleu et d’affection, est arrivé ce chérubin Stanislas, présent du 25 décembre. Contrairement à ces jouets que l’on casse, de Stanislas jamais on ne se lasse. Depuis que Stanislas fait partie de notre famille, le mercredi est pour moi, sa jeune mamie, devenu un jour que j’attends toujours avec impatience. Le jour du petit fils et de la mamie, un jour d’amour, de bonheur, de joie, de sourire, de bras qui serrent fort, de regards complices, un de ces jours que l’on voudrait sans fin. Aurélie et Serge, je vous remercie pour ces mercredis. Vivement la semaine des quatre mercredis

Chapitre 4 Aurélie, ma fille,

Pour ce chapitre, je n’ai pas choisi de mot. Quand je prononce ton prénom, je suis heureuse. J’ai le souvenir des histoires que le soir je te lisais. Je t’offrais ces mots qui allaient t’accompagner vers le sommeil. Mes baisers sur ta joue étaient l’épilogue des contes et légendes. J’allais sortir de ta chambre quand, une fois, deux fois, trois fois tu me demandais de relire cet épilogue. Nous le connaissions par cœur mais nous le révisions sans cesse avec ce plaisir dont nous ne pouvions ni ne voulions nous passer. Même si les mots ne sont qu’une pâle traduction de mes sentiments, je veux que tu saches que ma vie ne serait rien sans toi, que tu éclaires chacun de mes jours qui se lèvent. Je suis heureuse et fière d’être ta maman, heureuse d’avoir la chance d’avoir une fille telle que toi.

Ta vie est aujourd’hui un pas de trois. Tu ne marches plus sur la pointe mais d’un pas assuré. Tu as dessiné les perspectives de ta vie. Le bonheur n’est plus à l’horizon, il est dans tes mains, dans ton cœur, dans ton regard. Il me rapproche de toi.

Même si je te préfère proche, tu vas partir en voyage au soleil et pour que tu puisses choisir l’endroit où ce soleil t’accueillera, chacun pourra déposer sa rayonnante enveloppe dans le coffret prévu à cet effet.

samedi 8 janvier 2011

Que veux-je?

C'est la question qu'un soir je me suis posé. J'étais affalé dans le canapé et je regardais la télé, un état et une action qui sont indissociables. Pourquoi me suis-je demandé ce que je voulais?
Sur l'écran est apparu le directeur du FMI. Il pénétrait dans un couloir qui le menait vers une réunion. Son aspect général donnait l'impression que, trente secondes auparavant, il sautait sa collaboratrice avant que sa secrétaire ne l'interrompe pour le rappeler à ses obligations professionnelles. Les pants d'un manteau lui battaient les flancs. Tout en lui semblait dire "Regardez comme je suis cool. On ne dirait pas que je suis directeur du FMI, hein?" Un sourire de proximité accompagnait une démarche guimauve sensée dans son esprit symboliser l'assurance décontractée au service de l'économie mondiale. Je m'attendais à ce qu'il balance aux journalistes "Salut les mecs, ça baigne?".
Allez savoir pourquoi, mais si l'occasion se présentait, plutôt que lui, je ne voterais pas pour lui.

jeudi 6 janvier 2011

Ce dont j'ai envie

Allez savoir pourquoi, j'aime ne pas satisfaire mes envies. En écrivant cette phrase, j'ai tout de suite identifié la confusion qu'elle pourrait engendrer. Mes envies regroupent tout ce dont je n'ai pas besoin. Cela peut se traduire par la traversée d'un centre commercial dont je ressors sans avoir rien acheté. Reste à déterminer ce dont je n'ai pas besoin.

mercredi 5 janvier 2011

La mémoire qui...

J’ai des souvenirs qui n’existent pas. A l'occasion des fêtes, j'ai voulu me souvenir des Noël de mon enfance. Le sapin, les jouets, le père Noël, le papier cadeaux, les chocolats, les déceptions. Au début, je me suis dit qu'ils étaient certainement rangés quelque part. J'ai cherché mais j'ai dû me résigner. Je n'ai rien retrouvé. Tout avait disparu comme si ma mémoire n'avait pas jugé utile de garder ces souvenirs. C'est peut-être un moment de bruits et de fureur, une sorte de gloubi-boulga de sentiments, d'images, de lumières et de sons. Face à cette confusion, la mémoire renonce.