jeudi 9 décembre 2010

Vision (1)

Ce matin, comme d'habitude, putain d'habitude, je me suis engagé sur le pont pour le traverser. Certains jours, je regarde devant moi, d'autres fois, j'ai les yeux rivés vers le sol. Ce matin j'étais plutôt d'humeur aérienne, ce qui était risqué compte tenu du sol glissant.
Comme tout un chacun, il m'arrive de vivre des moments uniques mais sans en avoir conscience puisque j'ignore que je ne les revivrai pas. Chacun de nous peut malgré tout décider qu'un moment est unique. C'est ce que j'ai fait ce matin. Je me suis dit que je vivais un moment unique.
Après quelques pas sur le pont, j'ai levé les yeux. . Une parenthèse à propos du pont. Nous sommes nombreux, chaque jour, à traverser un pont. J'ai souvent l'impression que nous traversons un pont comme nous passons d'un trottoir à celui d'en face, sans beaucoup d'émotion. Avons nous conscience que nous passons d'une rive à l'autre.
à suivre...

mardi 30 novembre 2010

Corneille



Une certaine lassitude. C'est probablement la saison. La télé ne s'y est pas trompée. J'ai regardé quinze secondes le journal de 20h pour apprendre que le titre principal était les chutes de neige à Lyon. Ce qui veut dire difficultés de circulation (mais que fout la DDA, bordel). Annulation de trains. Trois flocons et ya plus rien qui fonctionne dans ce pays. Et une jeune journaliste qui nous dit que la neige redouble d'intensité. Pour faire plus vrai, elle est sous la neige, au cas où l'on douterait. J'ai remarqué que si l'on en croit les journalistes, beaucoup de choses redoublent et souvent d'intensité. Et pourtant, chacun sait que le redoublement ne sert à rien.

mercredi 24 novembre 2010

Je me demande

C'est fou comme le temps passe vite, même si il ne se passe rien. Comme il ne se passe rien, j'aurais tendance à penser que le temps ne passe pas. Le gouvernement et François Fillon. François a dit qu'il allait continuer les réformes. Il va continuer, ce qui veut dire qu'il avait commencé. Pourquoi ai-je l'impression que rien ne bouge? Notre président lui aussi continue. Il continue à poser des question alors qu'il devrait apporter des réponses. Alain Juppé continue lui aussi. Il était maire à plein temps. Il est maintenant également ministre à plein temps. Jean-François Copé continue comme si de rien n'était. Il continue sa marche en avant. Comment croire qu'il va patienter encore plus de six ans. Ceux qui étaient absents continuent de l'être et je continue à me dire que ce n'est peut-être pas plus mal.

jeudi 18 novembre 2010

Ennui

Hier soir, un peu par hasard je suis allé à un concert d'Isia. Je n'avais jamais rien écouté d'elle mais je m'étais laissé dire qu'elle était pleine d'énergie, que ça dépotait (expression un peu vieillotte au même titre que à toute berzingue!)

Comme il y avait des places assises paraissant confortables, j'ai pris place histoire de voir venir. Il serait toujours temps de se lever pour se rapprocher de la source.

Autant vous le dire tout de suite, je ne me suis pas levé. J'ai fait le gars à qui justement on ne la fait pas. Je me suis ennuyé. Il est vrai que la petite à de l'énergie à revendre mais elle la gaspille. Elle s'agite dans tous les sens comme une marionnette qui tenterait de ressembler à une danseuse. Elle chante mais fort. Pour tout dire, elle hurle, confondant passion et hystérie. Si elle a une belle voix, elle ne sait pas s'en servir et finira par la perdre. Peut-être peu sûre d'elle, elle noie, dissimule son talent dans le bruit et la fureur. Et puis elle est bavarde et essaye de faire de l'humour.

Le groupe qu'elle forme avec ses musiciens n'a pas d'identité. Quand je sors d'un concert, je fredonne une des chansons que j'ai écoutée. Mais là, rien, j'avais tout oublié ou alors je n'avais rien écouté. En sortant, avant la fin, je chantais "J'habite tout seul avec maman..." en buvant un jus de fraise au bar.

Alors, rien? Si. En première partie, nous avons écouté un groupe local, Older, énergiquement talentueux. De cette énergie limpide qui ne transforme pas la musique en un magma de décibels. Une énergie qui se découpe en tranches dans lesquelles on mord avec gourmandise, une énergie qui vous arrache la tiédeur de la retenue, qui vous donne l'envie d'être une de ces cordes, d'être ce manche sur lequel les doigts courent pour créer la musique que l'on aime. Musique qui n'a pas besoin d'artifice. Le talent? Ce sont les compositions, les accords, l'envie de rentrer dedans, de nous balancer du riff. Older le juvénile, dont la finesse et la justesse des paroles écrites par notre ami Pierre ne font que confirmer un groupe que je suis impatient de retrouver.

dimanche 14 novembre 2010

En coin



Après toutes les spéculations, cette photo pourrait-être le résumé de son état d'esprit matinal.

samedi 13 novembre 2010

Pour rire (1)

En cette semaine de pluviosité intense, j'ai réfléchi pour trouver un sujet qui apporterait du soleil dans les coeurs, dans les esprits, dans les pensées. Je dois vous avouer que le premier sujet qui m'est venu à l'esprit et qui me semblait le plus adapté c'était moi. Afin de ne pas en rajouter, j'aurais simplement mis ma photo. Un soupçon de modestie m'y a fait (miafè) renoncer.

Ensuite j'ai envisagé de vous entretenir de ce vain G20 qui à Séoul a patiné dans la semoule (lire smoul). Ils ont l'air tellement heureux. C'est comme une photo de classe, si ce n'est qu'il manque les professeurs. Si l'on souhaitait résumer l'action de ces sympathiques garçons, on pourrait dire qu'ils font «des plans d'irrigation pendant le déluge» (Jacques Rueff)ou que ce sont "des alcooliques réunis pour décider comment ne plus boire et qui se contentent de prendre un dernier verre" (Jacques Attali)


J'ai aussi pensé au retour du cliché soviétique. L'usage de la gomme électronique. Ma copine Cricri Lagarde se recycle. Elle était dans le 12ème sans y être. Elle ne fait pas partie de la droite décomplexée.

Trouvez les différences.



mardi 9 novembre 2010

De réalité (principe)

2007
"Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’Homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes"

2010
"La France a envie de faire avancer les choses. Nous avons des valeurs à défendre, nous les défendons, mais en respectant nos partenaires, en comprenant qu'ils ont une culture différente, qu'ils viennent de plus loin et qu'il faut les encourager vers l'ouverture. Personne ne peut contester les progrès économiques de la Chine, l'ouverture de la Chine. Il faut l'encourager dans cette direction et c'est ce que nous faisons en parlant tranquillement, en se respectant, en essayant de se comprendre. C'est un gros travail."


Entre la volonté
Et la réalité
Entre le geste
Et l'action
Se glisse une ombre


T.S Eliot

dimanche 7 novembre 2010

Pomme d'Api (2)

Une voix l'informe que l'attente prendra fin dans cinq minutes. Il lève les yeux et tente de découvrir un point. Il ne sait pas trop si il doit regarder à gauche ou à droite. Il s'éloigne de quelques pas de la vitre.
Il regarde le responsable du protocole ouvrir largement la porte. Il avance et va quitter la moquette bleue du salon et il posera un premier pied sur le tapis rouge vif. Sans trop savoir pourquoi il se demande d'où vient cette tradition. Il n'aime pas se poser des questions dont il ne connaît pas la réponse. Ce chemin écarlate qui le mènera jusqu'à son invité semble émerger de l'asphalte. Comme une plaie qui laisserait affleurer de la lave. A trop rester inactif, des idées idiotes encombrent son esprit.

Décoré de son drapeau rouge aux cinq étoiles jaunes, l'avion stoppe. Distrait par ses pensées, il ne l'a pas vu atterrir. C'est pourtant un spectacle qu'il apprécie. L'oiseau d'acier qui... Le personnel de l'aéroport s'active. On finit de dérouler le tapis, on met en place l'escalier. Il ne doit pas s'avancer trop tôt. Si le chinois met trop de temps à sortir, il se retrouvera les bras ballant sans trop quoi faire.

Comme si il était dans les starting-block, il pose le pied droit sur le tapis. C'est curieux. Il a l'impression qu'il est mouillé. Lave-t-on les tapis rouge? Il appuie de la pointe de sa chaussure. Une sorte de jus rouge sort des fibres et tache le cuir de sa bottine. Curieux et inquiet, il fait un pas supplémentaire. Même jus. La porte de l'avion ne s'est pas encore ouverte. Il fait signe au responsable du protocole et lui demande ce que cela signifie.
"Sauf votre respect, monsieur le Président, vous m'avez dit qu'il était très important que dès ses premier pas sur notre sol, le Président Hu Jintao devait se sentir comme chez lui."

jeudi 4 novembre 2010

Pomme d'Api (1)

Le couple est entré dans le salon. Il ne lui reste plus qu'à attendre. L'homme ajuste les manches de sa chemise, puis celles de sa veste. Un observateur pourrait le croire nerveux. Il n'est qu'impatient. Sa femme lui caresse la main et lui sourit. Elle aime bien lui sourire. Cela semble toujours l'apaiser. Et puis, elle ne sait pas quoi faire d'autre. Il se dirige vers la baie vitrée. Restée en retrait, elle l'observe. Elle regarde ses pas. Il toujours l'air de se diriger vers quelque chose comme si chaque arrêt n'était qu'une étape vite oubliée. Pourquoi sont-ils arrivé si tôt?

Il regarde le ciel. Rien. Vide. Pas un nuage. Du bleu partout. Peut-être un peu de blanc sur le pourtour, là-bas à l'horizon, comme une ceinture d'acier qui tenterait d'échapper à la chaleur du soleil. Même si ses doigts continuent de s'agiter dans son dos, il se laisse absorber par l'uniformité qui s'offre à lui. Son esprit est en repos. Aucune pensée ne vient le perturber. Il aime ces moments qui lui donnent l'impression de n'être plus qu'un point, un ensemble d'atomes, comme une vie primaire, un commencement. Il ne se souvient plus de rien. Il n'aime pas les souvenirs.

mercredi 3 novembre 2010

Incertain

Leur regard se désagrège
Dans l’éclat de la violence
Comme le choc d’un arpège
Qui s’égrène au gré des branches.

Du quai de leurs souvenirs
Un gris inconnu ondule
Rien qu’ils ne puissent retenir
Seules les ombres les bousculent

Ils trouvent refuge entre deux mots
Frissons de leurs caresses passées
D'anciennes racines folles affleurent
Aspirent les plaisirs qui ont cessé

Les sons glissent en bas de page
La mémoire a renoncé
Ils ont abandonné la rage
Et s'éloignent de la clarté

Confusion

"La démocratie, c'est la loi de la majorité, la majorité issue des urnes"

Cette phrase a été prononcée par mon ami Eric Woerth. Mon ami Eric semble confondre démocratie et loi du plus fort. Comme l'écrivait Tocqueville, que j'encourage Eric à lire ou à relire, la démocratie peut devenir "Le despotisme radouci". La démocratie n'est pas une loi, c'est un idéal, une construction commune, un devenir. La démocratie se vit, se pratique, s'exprime. Nous avons le pouvoir de l'inventer chaque jour, de lui donner de nouvelles formes. La démocratie n'est pas une arme, une arme qui aurait pour objet de tenir le peuple en respect, de lui imposer le silence.

mercredi 27 octobre 2010

Vue du train

Même si ce n'était pas celui qui était prévu à l'origine, nous avons pris le train. Pour des raisons qui tiennent à mon rythme biologique, je choisis d'être côté fenêtre. Ce choix permet aussi d'éviter de se prendre des coups de valises ou de sacs à dos. Je reviendrai sur cet aspect du voyage.
On peut être assis dans le sens de la marche, ce qui permet de voir l'avant, ou dans le sens inverse, ce qui donne la possibilité de voir l'après. Pour avoir voyagé dans ces deux conditions, je n'ai pas décelé de préférence. La vision du paysage est pourtant influencée par le choix. Se rapprocher, s'éloigner.
La ligne Rouen-Paris est celle que je fréquente le plus. Elle est essentiellement urbaine. J'ai toujours trouvé le paysage déprimant. Se succèdent des morceaux de terrains vaguement identifiés par des grillages rouillés et avachis lentement dévorés par les herbes folles de rester là. Des hangars qui perdent leur peau de couleur claire demeurent dans des lieux désertés dont la cour est jonchée de débris, de carcasses d'engins. Les territoires qui jouxtent les voies sont comme des lieux d'oubli. La vitesse du train ne gomme pas cette succession d'abandons.

lundi 25 octobre 2010

Déflation



Au hasard de mes lectures (le hasard n'existe pas) je suis tombé, je tombe souvent, sur un article dont la fellation était le sujet. Cette pratique buccale, contrairement à la sodomie, a me semble-t-il terminé de gagner du terrain puisqu'une enquête de 2006 a révélé que 80% des français ont déjà fait l'expérience de cette pratique. Rien pour autant ne permet d'affirmer que le plaisir était au bout. On ne connaît pas le taux de récidivistes.

Vous allez me demander pourquoi aborder ce sujet. Tout comme la loi sur les retraites, la fellation met en évidence des inégalités tant générationnelles que sociales. Deux exemples suffiront. L'enquête met en évidence que les tranches d’âge entre 25 et 49 ans sont celles qui déclarent le plus avoir eu une expérience fréquente de la fellation dans les 12 derniers mois (plus de 60%), une proportion qui descend à 22% chez les femmes de 60-69 ans ce qui fait dire aux enquêteurs "Plus on est jeune, plus on suce."

Le deuxième exemple concerne le milieu social. L'enquête montre que "La sexualité orale est moins souvent déclarée par les personnes sans diplôme et les femmes de milieu populaire. En revanche, la fellation l’est beaucoup plus chez les femmes ayant un diplôme supérieur, les cadres et les professions intellectuelles. Une des explications à ce phénomène tient dans le fait que les personnes des milieux sociaux les plus favorisés ont une aptitude sociale à se distancier de la norme dominante, en l’occurrence celle d’une sexualité pénétrative." Ce dernier mot a été inventé pour les besoin de la cause.

Comme il existe le minimum vieillesse, le seuil de pauvreté ou la pension de réversion, la classe défavorisée n'a que très peu voie au chapitre.

Ou alors demain

Notre ami Eric Woerth, le ministre calme et serein, a déclaré "La loi est votée. Il est inutile de faire la grève aujourd'hui." Nous pouvons bien sûr en conclure que c'était utile hier. Il est rassurant de pouvoir compter sur un ministre qui nous indique quand il est judicieux de faire grève, de manifester, de nous exprimer.

Merci Eric.

mercredi 20 octobre 2010

Strict

Comme me le faisait judicieusement remarquer une de mes collègues, l'emprise de la communication a réduit la situation sociale à quelques chiffres dont certains sont le sujet de controverses, l'ensemble pouvant faire un excellent exercice de mathématiques pour cm2. Nous avons 40, 42, 44, 60, 62, 65, 67, 1 million, 3 millions, des taux pleins (de quoi?), 224 défilés, deux leaders syndicaux, un ministre, un mouvement, un certain nombre de pédagogues, une prise d'otage, un blocage, des marges de manifestations dans lesquelles se baladent des casseurs... C'est alors que l'utilisation déraisonnable d'un flashball a donné une incarnation, sous la forme d'un visage meurtri, à ce mouvement social.

A la suite de cet incident, notre ami Brice Hortefeux a envoyé un télégramme aux préfets dans lequel il précise notamment:
« J'attire votre attention sur la nécessité d'être particulièrement vigilant sur les conditions d'intervention et de limiter l'usage de la force au strict nécessaire » Faut-il comprendre que d'habitude l'usage de la force n'est pas limité au strict nécessaire?
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mardi 19 octobre 2010

Fond (article de)

Dans une des pub Nespresso, George Clooney demande à une jeune fille "Is there a back door?"



Au moment où l'on annonçait la sortie imminente des mineurs chiliens, je lisais un article intitulé "La sodomie gagne du terrain". Cette affirmation est tirée d'une enquête sur la sexualité des américaines. Cette enquête concerne également les américains mais sur ce point précis, confiance a été faite aux femmes.

Constatant un recours de plus en plus fréquent à cette pratique, l'auteur de l'article s'interroge "Alors pourquoi tant de sodomies? Sont-elles contraintes et forcées? Est-ce un fantasme masculin inspiré des films porno au détriment des femmes?" Demeure dans les esprits la femme qui subit la sexualité débridée de l'homme pervers qui se répand. Dans un premier temps l'auteur répond que non, la femme ne subit pas. Lorsqu'il développe, c'est moins net: "Les femmes qui ont obtenu ce qu'elles voulaient étaient davantage susceptibles de céder aux désirs de leur partenaire. Ce n'est pas la sodomie qui a mené à l'orgasme. C'est l'orgasme qui a mené à la sodomie."

Morale de l'histoire: George sait maintenant pourquoi la jeune fille dit non.

lundi 18 octobre 2010

Mauvais français

Lorsqu'un journaliste a demandé à notre ami Eric Besson quelle était sa définition du bon français, il a répondu qu'un bon français était celui qui respectait, et j'ajouterais qui fait siennes, les valeurs de la République. La solidarité est une de ces valeurs. Cette valeur n'est pas à géométrie variable. Je suis ou je ne suis pas solidaire. Je ne peux l'être à moitié, à mi-temps. Certainement conscient qu'il n'est pas facile d'être un bon citoyen, notre ministre se fait fort de fabriquer les bons français.

Hier, je me suis dit qu'il allait avoir du boulot. Vendredi j'ai utilisé ma voiture. Comme le réservoir était loin d'être vide j'ai fait confiance au gouvernement qui affirmait à plusieurs voix qu'il n'y aurait pas de pénurie de carburant et j'ai été solidaire avec ceux qui avaient vraiment besoin de faire le plein. Afin de ne pas participer à la fabrication de la pénurie, je ne me suis pas arrêté à la pompe. J'ai attendu, bêtement, d'en avoir besoin, c'est à dire dimanche soir. Comme vous vous en doutez, toutes les stations étaient fermées. Je me suis demandé ce qu'allait faire notre ami Eric pour que tous ceux qui n'ont pas été solidaires avec moi deviennent de bons français. Va-t-il faire comme son collègue le ministre des transport? Ayant appris que des malins avaient profité de la situation pour augmenter leurs prix, il a répondu en substance que ce n'était pas un geste civique.
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jeudi 14 octobre 2010

Fond (article de)

Dans une des pub Nespresso, George Clooney demande à une jeune fille "Is there a back door?"



Au moment où l'on annonçait la sortie imminente des mineurs chiliens, je lisais un article intitulé "La sodomie gagne du terrain". Cette affirmation est tirée d'une enquête sur la sexualité des américaines. Cette enquête concerne également les américains mais sur ce point précis, confiance a été faite aux femmes.

Constatant un recours de plus en plus fréquent à cette pratique, l'auteur de l'article s'interroge "Alors pourquoi tant de sodomies? Sont-elles contraintes et forcées? Est-ce un fantasme masculin inspiré des films porno au détriment des femmes?" Demeure dans les esprits la femme qui subit la sexualité débridée de l'homme pervers qui se répand. Dans un premier temps l'auteur répond que non, la femme ne subit pas. Lorsqu'il développe, c'est moins net: "Les femmes qui ont obtenu ce qu'elles voulaient étaient davantage susceptibles de céder aux désirs de leur partenaire. Ce n'est pas la sodomie qui a mené à l'orgasme. C'est l'orgasme qui a mené à la sodomie."

Morale de l'histoire: George sait maintenant pourquoi la jeune fille dit non.

Unique pensée

Le toujours jeune François Baroin, ministre du budget, a déclaré que le bouclier fiscal créait un sentiment d'injustice. Ni une ni deux, je me suis dit qu'enfin il se rendait à l'évidence et avec lui toute la majorité car je ne pouvais penser qu'une telle déclaration n'ait reçu l'aval de notre président. Ces propos ont, peu de temps, fait la une. Perfides, les journalistes sont allés demander leur opinion à ce que l'on appelle les leaders de la droite. Xavier Bertrand a répondu mais à côté. Son meilleur ami, Jean-François Copé a lui répondu qu'il ne fallait pas faire dire aux gens ce qu'ils ne disaient pas.
Je me suis interrogé sur le sens de cette phrase. J'ai d'abord pensé que Jean-François nous expliquait que François ne s'exprimait pas à titre personnel et donc qu'il ne l'avait pas dit mais se contentait de dire ce que d'autres pensaient. Poussant la réflexion plus avant, je me suis dit que je faisais erreur. Jean-François nous a en fait expliqué qu'effectivement François traduisait un sentiment exprimé par la pensée par certains français, du moins je suppose, mais comme ces même français ne l'avaient pas exprimé avec des mots, l'on ne pouvait effectivement leur faire dire ce qu'il n'avaient pas dit.

Quel courage!

En fin de semaine dernière notre premier ministre est allé rendre visite aux soldats français qui ont été blessés en afghanistan. Si je le sais c'est qu'il nous l'a dit. Pourquoi maintenant? Un trou dans son emploi du temps, la patrie reconnaissante ou peut-être un message à nous transmettre.
A la sortie de l'hôpital ou un peu plus tard, notre ami François nous fait part de ses impressions car il est semble-t-il très impressionné. Il a découvert de jeunes hommes qui, par idéal, sont allés défendre la paix et la liberté au péril de leur vie. Ils ont été blessés et souffrent dans leur chair. Et malgré cela qu'ont-ils dit à François? Qu'ils étaient impatients de repartir au front pour continuer leur mission.
Après avoir fait le compte rendu de sa visite, François nous fait part de son sentiment. Il se dit impressionné par la détermination de ces jeunes soldats. C'est pour lui une véritable leçon de courage et un sujet de réflexion. Il se sent lui-même galvanisé. Il ne précise pas que l'idéal de ces jeunes soldats est mis au service d'un des pouvoirs les plus corrompus.
Mais peu importe. Notre ami François a une idée en tête que l'on finit par découvrir. Il termine son intervention par "Dans une société qui parfois donne le sentiment d'être plus revendicative que constructive, ces dix blessés m'ont donné un formidable message d'espoir et une très grande leçon de courage", Vous allez me dire que c'est de bonne guerre.
Créer des catégories de français pour les opposer est devenu un élément de dialogue social. Les bons et les mauvais, ceux qui travaillent et ceux qui font grève, ceux qui sont silencieux et ceux qui s'expriment... Mais ce qui m'a choqué dans les propos de notre premier ministre c'est qu'il utilise, dénature, détourne à son profit la souffrance et l'engagement d'autrui.