lundi 11 octobre 2010

Si j'étais mort...

Si j'étais mort, j'aurais 53 ans. Je n'ai rien accompli de remarquable, mes proches n'ont, me concernant, rien à vendre. Ce qui fait que personne, absolument personne n'a rendu public cette information.

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vendredi 8 octobre 2010

Second Floor Orchestra, c'est extra

Alors que j'écoutais le nouveau disque de Robert (Plant) dont je vous parlerai un peu plus tard, s'afficha sur mon portable un message de Jorge "Salut.(Jorge est parfois un peu familier) Peux-tu écrire un texte de présentation pas trop court ni trop long sur SFO?" Tellement fier et mon égo ainsi flatté je n'ai pu que dire oui. Ayant accepté, il me fallait écrire. Je dois vous avouer que je ne savais pas comment m'y prendre. Après un premier jet, je n'ai pas tardé à me rendre compte que je n'arrivais pas à rentrer dedans. Mais avec l'aide tout en douceur de ma tendre et chère et avec celle rèche et sans concession d'un rocker de mes amis, j'ai réussi à pénétrer le coeur du sujet. Une fois n'est pas coutume, j'ai essayé d'être sobre.

Second Floor Orchestra, SFO pour les speed, est de retour avec CD sans concession. Mais pour ceux qui l’ont rencontré ne serait-ce qu’une fois, il n’était pas parti, toujours présent dans nos souvenirs, dansant dans nos regards, mélodies en boucles d’oreille. SFO est un groupe en trois dimensions. La musique, le plaisir, le partage. Libre à nous d’entrer dans la quatrième pour y retrouver Philippe guitariste entré dans les cordes, Manu touche à tout aux claviers, Jorge aux cordes vocales, Nicolas batteur à fleur de peau et Christophe bassiste toujours grave, cinq individualités qui forment un groupe. Sur scène une seule et même partition les rassemble, celle du plaisir de jouer ensemble. Chaque solo est porté par les quatre autres et contient une part de chacun. Leurs fans ne disent jamais qu’ils vont à un concert mais qu’ils participent à un concert de SFO. Leur musique nous est offerte, donnée. Généreux, ils s’en dépouillent pour sans cesse nous offrir quelque chose de nouveau, d’inconnu qui nous surprend et nous est familier.
Comme aurait pu le dire les Neil Young « SFO is walking into Clarksdale ». Malgré des parcours, des expériences qui les différencient, les musiciens de SFO partagent une même source que leur inspiration rend bouillonnante. Leur musique est durable, des mélodies qui portent et enrobent les paroles. Ils se sont frottés aux plaques diatoniques qui ont traversé l’Atlantique et la Manche pour à leur tour émerger d’un bain de blues, de rock et de pop. Ils ont pris possession de l’étage laissé vacant depuis le départ de J Geils Band, Lynard Skynard et autres Yardbirds. A l’étroit dans le monde parfois étriqué des courants, des styles et des chapelles, ils ont abattu avec élégance les cloisons pour agrandir l’espace de leur inspiration. Ils n’ont pas fait de mélange, ils n’ont pas fabriqué le lien qui les aurait enchaînés, ils ont créé un nouvel étage mélodique qu’ils nous invitent à rejoindre sans tarder.

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mercredi 6 octobre 2010

Discours pour un départ en retraite

Je pensais qu'ils allaient devenir de plus en plus nombreux mais je me trompais.

Avant que de me lancer dans la lecture proprement dite de ce discours, je ferai une déclaration liminaire. A la demande express, insistante et réitérée de la direction, j’atteste que ce texte ne contient aucun mot, aucune expression, aucun jeu de mot, aucune arrière pensée à caractère sexuel. Donc, au grand regret de M Mathé, il ne sera question ni de bites ni de couilles et je ne confondrai pas inflation et ... A la recherche d’une caution morale au dessus de tout soupçon, j’ai fait relire ce texte par M Coquebert. Ceci dit, nous pouvons maintenant entrer dans le dur.

Cher Didier, si tu me permets de t’appeler Didier, tu fais partie de ces centaines de milliers de victimes qui chaque année jonchent les bas-côtés de l’autoroute du jeunisme sur laquelle, les mains vides, errent les moins de trente ans. Entre deux découragements, ils jettent un œil vers ces vieux, comme autant d’objets de curiosité, qui ont côtoyé le travail. Se mêlent dans leur regard l’envie de rejoindre ce monde du travail et la peur de finir comme vous. Donc Didier, puisque c’est de toi dont il s’agit, tu es la victime d’un système discriminatoire qui oblige même les plus talentueux à disparaître. Reste à savoir si tu faisais partie de cette catégorie. Quand bien même tu n’aurais pas fait partie des cadors de l’institution, au sein de laquelle les aboiements sont par ailleurs fréquents sans que pour autant passe quoi que ce soit, rien ni personne ne pouvait t’obliger à partir car, à l’évidence, si tu es resté si longtemps c’est que tu devais servir à quelque chose. Quand bien même ce n’était pas le cas, ce n’était pas une raison pour ainsi, du jour au lendemain, te retirer à l’affection de tes collègues. Car quoi qu’on en dise, tu vas disparaître. Tu ne seras bientôt plus qu’un souvenir avant de tomber définitivement dans l’oubli.
Avant qu’il en soit ainsi, j’ai fait un sondage auprès de tes collègues pour savoir ce qu’ils retiendraient de toi. Ce sondage a été réalisé selon la règle des quotas. Quand j’ai prononcé ton nom les réponses ont été variées : de « Je ne fais pas de politique » à « je ne regarde pas Kho lanta » en passant par « Didier qui ?». Il y a bien sûr eu les « C’est pas trop tôt », les « Je croyais qu’il était déjà parti ». Je pourrai te donner les noms si tu le souhaites. Ce qui ressort de ce sondage, fortement marqué par notre histoire récente, c’est que, comme l’a fait si justement remarqué mademoiselle Molocco, fine observatrice du monde contemporain, si nous avons fusionné nous ne nous sommes pas pour autant mélangés. Je ne sais pas si elle exprimait là un regret, mais force est de constater que la fusion n’a pas permis à certains de se placer alors que d’autres ont été bien indemnisés.

Mais revenons à toi, puisque c’est toi qui pars.

Tu as posé le premier pied dans une agence, sans savoir que ça allait te porter bonheur, le 1er juillet 1973, point de départ d’une réussite professionnelle exemplaire. Si certains ont choisi l’ascenseur, au risque de rester bloqués, toi tu as opté pour l’échelle dont tu as gravi patiemment chaque barreau. Ta carrière fût si riche de succès en tous genres que j’ai rapidement renoncé à en faire ne serait-ce qu’un résumé. Ce n’est pas un chapitre qu’il aurait fallu écrire, mais un tome, voire une saga intitulée « Didier Evrard, un autre regard ». A ce propos, je suis intimement persuadé que tu étais prédestiné à rentrer à l’agence. Un seul élément donnera corps à cette intuition. Tes initiales ne sont-elles pas D.E ? Malgré cette somme que représente ta vie professionnelle, j’en ai extrait un élément qui pourrait la caractériser, qui serait l’élément qui a sous-tendu toute ton action. Cet élément c’est le partenariat. On peut dire, avec la queue de cheval en moins, que tu es le Karl Lagerfeld du partenariat. Virtuose ciselant les relations jusqu’au moindre accessoire. Je sais que tu t’es souvent interrogé, sans t’appesantir outre mesure, sur le sens de ton action, te demandant souvent « Mais qu’est-ce que le partenariat ? » Poser la question c’est y répondre. Comme le disait Staline, cet homme à l’humanisme tout en retenue, « Le partenariat, c’est ce qu’on nous vend comme étant indispensable mais dont tout le monde aimerait se passer. » Le partenariat c’est : on se réunit, on boit un café, on fait un tour de table, on fait le compte rendu de la réunion précédente à l’écoute duquel on est étonné d’avoir décidé de faire tant de chose et d’en avoir fait si peu. Ensuite, nouveau tour de table pour savoir où chacun en est. Vous avez complètement oublié ce que vous deviez faire. Vous répondez que c’est en cours. Les deux grands classiques sont : je dois finaliser et j’attends des infos de machin, je vais le relancer. Personne n’est dupe, mais on fait comme si. Ensuite, comme on les a oubliés, on rappelle les objectifs. On papote. On cherche une date pour la prochaine réunion, ce qui prend de 15 à 30 minutes. Tout le monde est content genre « Dis donc, on a bien bossé ». Et chacun reprend ses habitudes car ce n’est quand même pas les autres qui vont nous dire ce qu’il faut faire.

Ainsi s’approche la fin et c’est avec respect et déférence que nous t’accompagnerons jusqu’à ton dernier jour…parmi nous.

vendredi 10 septembre 2010

vendredi 3 septembre 2010

En passant (suite)

Toujours sur mon vélo, j’appuyais machinalement sur les pédales. Concentré sur le présent, je regardais tourner la roue avant, résultat concret de mes efforts. La transmission d’une énergie nécessaire à l’équilibre. J’ai peu l’occasion de voir la roue arrière, le plus souvent c’est lorsque je vérifie le pignon ou que je déraille. J’existe dans le mouvement circulaire que je provoque, que je crée. Allez savoir pourquoi, en pleine montée, le souffle court, la sueur, goutte à goutte, dévalant les rides de mon visage, je me suis dit que tout cela, toutes ces manifestations de la vie pouvaient s’arrêter. Il y a si peu entre maintenant et après. Je pensais à cet instant, le dernier avant que l’on devienne un souvenir. J’ai ressenti une peur qui m’était inconnue à l’idée que dans un même souffle je passerai de la vie à la mort. C’est une certitude que j’ai depuis longtemps intégrée mais prendre le temps d’y penser, d’une certaine façon de le vivre me rapproche de la violence de la disparition. Je ne parviens jamais à rejoindre ce point avant que la vie ne s’éparpille.

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jeudi 2 septembre 2010

En passant

L’autre jour je faisais du vélo et, comme souvent, pédaler était la seule chose que j’avais à faire, ce qui en soi, n’a rien d’étonnant. Je fais du vélo principalement pour pédaler. C’est du moins ce que je crois. Pour tout vous dire, c’est un sujet que je n’ai pas réellement développé. Comme souvent, réservant un peu d’oxygène pour mon cerveau, je me suis mis à penser. L’amorce de cette activité cérébrale a été déclenchée par l’expression « Les jours se suivent et se ressemblent. » Je mets de côté la nature fataliste de cette expression.
Il est banal de dire que la vie est courte, que le temps passe vite. Cela n’a pas de sens et surtout pas celui de la vie. Je me suis pourtant demandé si j’avais vécu tous les jours de ma vie. Si ma vie était un livre, pourrait-on y découvrir des pages blanches, des bouts de phrases, des paragraphes dénués de sens, des mots sans lien les uns avec les autres. Je ne vais pas vérifier. Je n'ai pas envie de relire ma vie. Je pourrais en faire une version expurgée, morceaux choisis. Un fragments parmi d'autres.

mercredi 25 août 2010

Qui a dit

«J'ai fait un choix. Ce choix, c'est de jouer pleinement, le plus utilement possible ces cinq années et de m'interdire d'imaginer même la perspective d'un second quinquennat». Et d'ajouter : «Si on regarde les choses, avec le recul historique on voit que bien peu de choses ont été faites au moment du deuxième mandat, et ça quelle que soit la qualité des personnes».

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mardi 24 août 2010

Point (faire le)

Ce matin, au gré de mes va et vient quotidiens d'un site à l'autre, je tombe sur le titre "Où se trouve le point G chez l'homme?". C'est vrai, où? Comme je suis constamment à ma disposition, je n'ai, depuis l'âge de cinq ans, laissé passer aucune occasion de partir à sa recherche. Je dois vous avouer que, et j'ai pourtant le bras long, je n'ai jamais trouvé ce point. Pour être plus précis, je ne l'ai jamais identifié comme tel.

Si je m'en réfère à mon expérience personnelle, intime devrais-je dire, je serais tenté de croire que ce point est soit nomade soit possède le don d'ubiquité. J'ai parfois l'impression de n'être qu'un point G. Un souffle, un regard, l'ébauche d'une caresse, une pensée que je devine et je frissonne, comme une étoile en fin de vie, mon énergie se concentre avant de s'éparpiller comme une pluie d'atomes. D'autres fois, je suis de ce bois dont on ne fait rien et dont je ne peux rien faire et je finis, en vain, par m'acharner.

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out of my window. SECOND FLOOR ORCHESTRA



Un avant goût du prochain disque de Second Floor.

dimanche 22 août 2010

Ordre et autorité (1)




Le cerveau, partie mauvaise foi, liquéfié par les fortes chaleurs, j'ai négligé la confection de quiches. Il y avait pourtant de quoi faire. Il me manquait la gourmandise.
Sur le menu, la quiche de la semaine s'appelle "Ordre et autorité". Je la destine au lampiste Brice, notre ministre de l'intérieur en second.

C'est ainsi que j'ai commencé à écrire cette chronique il y a trois semaines. Comme chaque jour il se passait quelque chose, je me disais, pour coller à l'actualité, "je la publierai demain". De lendemain en lendemain, je repoussais. Le style feuilleton aurait été adapté. Le feuilleton des trois mousquetaires Brice, Eric (Besson) et Christian (Estrosi)qui font quatre avec Nicolas.

Pour être un tantinet crédible, la première précaution est de tenir compte du contexte sinon vous êtes hors contexte et si vous êtes hors contexte il vous est interdit de vous exprimer au risque de déformer la réalité.

vendredi 13 août 2010

Une journée au musée



Nous étions donc dans une des pièces de la Monnaie de Paris. Même si en général il n’y a pas de sens imposé à la visite, sauf chez Ikéa, le visiteur a tendance à adopter un déplacement rationnel comme si il avait peur de voir deux fois la même œuvre. Mais, me dit-on, c’est pour éviter d’en oublier une. Il faudrait donc tout voir. Toujours est-il que, sans esprit de contradiction aucun, j’ai butiné, musardé, batifolé d’une photo à une autre et j’ai découvert Willy Ronis, du moins ce qui était exposé.

L’œuvre d’un artiste est-elle l’artiste ? L’ensemble était en noir et blanc. Le monde est fait de couleurs mais je me demande si pour la photographie elles ne sont pas inutiles, comme les adjectifs en littérature.

Ronis a photographié des personnes. Elles sont présentes dans l’exposition. Même si elles le sont, les photos ne donnent pas l’impression de devoir à tout prix être belles. Tout compte fait, ce ne sont peut-être pas des photos mais l’amour des autres, de ce qu’ils font, de ce qu’ils vivent. Les autres sont une ou la raison de vivre. Sur chaque photo, Ronis dépose son âme, sa sensibilité, sa proximité. Il nous montre la nécessité, le bonheur d’être ensemble sans être un parmi d’autres. J’ai découvert une conscience, un idéal en harmonie avec la réalité. Je me suis senti proche.

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jeudi 12 août 2010

Une journée au musée

Marchant le long de la Seine, sans avoir à aucun moment l’envie d’y plonger, je me retrouve face à la Monnaie de Paris, sise quai de Conti à quelques pas des immortels. De fait, je n’étais pas là par hasard mais pour découvrir des photographies de Willy Ronis exposées en ce lieu. Comme j’ai déjà dû vous en faire part, je vais toujours contraint et forcé dans les musées et autres lieux d’exposition. Je ne sais pas pourquoi, mais il ne se passe jamais rien entre ce qui est exposé et moi. J’écris moi car c’est de moi dont il s’agit. Je grossis le trait. Il arrive que des œuvres retiennent mon attention mais la visite d’un musée est toujours au mieux et à mon grand regret accompagnée d’une indifférence. A chaque fois, je me dis que j’ai dû passer à côté de quelque chose.Même en faisant du vélo, je n’ai jamais entamé de réflexion à propos de l’art ou du concept de musée. L’œuvre d’un artiste est peut-être la traduction de sa vie. Pour une exposition elle est, pour tout ou partie, rassemblée en un seul lieu que je vais parcourir somme toute rapidement. En quelques minutes je vais passer d’une œuvre à une autre même si plusieurs années les séparent.

La prochaine fois je vous parle de Willy Ronis.

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lundi 9 août 2010

Tendres



Une étendue blanche, toute blanche. Je la traverse. C’est une sorte de désert qui a la forme d’un rectangle et qui pourrait faire croire à l’absence de pensée. Peut-être pourrait-il servir de drap aux fantômes de mes idées. Comme l’eau disparaît dans le sable, mes idées se sont perdues entre des lignes imaginaires. Pourtant, les pensées ne sont pas un flot. Elles sont intimes et vagabondent. Elles naissent d’images, de presque rien. C e sont des créations que je stocke ou que j’expose. Je dois trouver les mots pour les faire apparaître, pour les partager.
Je noircis de mes pensées l’écran blanc. Ce n’est après tout qu’une tentative. A petit pas mon esprit s’est éloigné de ma plume. Livrée à elle-même, elle s’est laissé aller. A plat sur le bord du bureau, elle s’est fait oublier sans laisser de trace. Il me faut retrouver le désir pour qu'à nouveau je reprenne le fil.

dimanche 18 juillet 2010

Le rock est dans le pré 2010

C'est avec beaucoup de retard que je commence à rendre compte du rock est dans le pré 2010. Vous trouverez ci-dessous le texte de présentation.
Suivra une série de photos.




C’est aujourd’hui la troisième édition du rock est dans le pré, édition originale,unique, ferme et définitive. De vos mémoires éthyliques émerge peut-être le souvenir que nous nous étions séparés un soir d’août 2008. Il y a donc...deux ans. Le rock est dans le pré, adoptant le système de la jachère musicale, fonctionne sur un rythme binaire et non bissextile comme a pu me
le dire notre Rocco local Jamal. Mais comme vous le savez et comme vous l’espérez, le sexe, qu’il soit bi ou pas et quelque soit sa couleur et sa taille, nʼest jamais bien loin, autrement dit il est à portée de main. Vous vous demandez pourquoi j’aborde ce sujet. Outre que j’aime bien, c’est avant tout pour vous informer que du dernier rock est dans le pré, pile et surtout poil neuf mois plus tard sont nés, comme deux accords fruits d’une caresse sur le manche d’une guitare à deux jack comme il se doit, sont nés disais-je deux enfants dont l’une, Angèle, est l’harmonieuse et charmante fille de Cathy et Emmanuel qui ce soir nous accueillent en leur champêtre propriété.
Souhaitant présever le caractère prolifique du rock est dans le pré, L’organisation a, d’un commun accord, renoncé à distribuer des préservatifs. Malgré tout pour les accrocs il m’en reste quelques uns goût orange amères. Pour en venir au vif du sujet, vous constaterez que le rock est dans le pré S’est, raisonnablement, renouvelé. Entre plusieurs groupes qui se tapent L’incruste, vous découvrirez des nouveautés, des revenants sur le retour, des innovations. La programmation d’un tel festival n’est pas une sinécure et les pressions sont multiples, nombreux étant les groupes qui sont prêts à tout pour se produire sur cette scène. Soucieux d’éviter toute collusion et tout conflit d’intérêt qui auraient pu surgir à l’occasion de dîners ou autres rencontres fortuites, l’organisation du festival tient à rappeler son indépendance et son intégrité qui lui ont permis de résister aux amicales et néanmoins insidieuses pressions politiques qui ont pu s’exercer. Quoi qu’il en soit, sachez que c’est avec beaucoup de plaisir que nous avons préparé, organisé ce festival et nous souhaitons que vous partagerez ce plaisir sous toutes ses formes et comme aime à le dire mon ami Jamal, dégustez ce rock bien frais et bonne bourre à tous.

vendredi 16 juillet 2010

あくてん, あくてんこう, きびしさ, げんかく, 厳しさ, 厳格, 厳重, 悪天, 悪天候




Le 25 juin, François Fillon disait :"Il y a des pays qui baissent les rémunérations des fonctionnaires, il y a des pays qui licencient des fonctionnaires, il y a des pays qui réduisent de façon drastique, il y a des pays qui augmentent de plusieurs points la TVA. Si on était amené un jour à mener une politique comme celle-là, oui je dirai que c'est une politique de rigueur"

Le 16 juillet il a dit "Dans tous les budgets de l'Etat, le seul qui n'est pas soumis à la rigueur, c'est le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche"

Pourquoi aller au Japon pour utiliser le mot rigueur?

jeudi 15 juillet 2010

Tournée

Hier soir, je suis allé voir le film de Mathieu Amalric.

Ma scène préférée. Une des héroïnes, peut-être la principale, entraîne un homme dans les toilettes. Elle ne ressent pas de désir particulier pour lui. Comme une sorte de sextoy sur pattes, il n’est que le moyen d’assouvir son désir. Pour la décrire sommairement, on pourrait dire qu’elle est plantureuse. Son désir est à son image, lourd et puissant. Ils sont tous les deux debout mais on devine qu’il ne va pas être à la hauteur. Cet homme objet s’avère moins pratique, moins fiable qu’un sextoy. A peine a-t-il respiré l’odeur de celle qui s’offre que, émotion, abstinence prolongée, c’est dans son slip qu’il liquide son plaisir. Après quelques secondes de flottement, elle décide de reprendre l’initiative pour ne pas repartir avec son désir. Elle prend place sur les toilettes, oblige le précoce à se mettre à genoux entre ses cuisses. Elle le tient d’une main par les cheveux et imprime à sa tête un va et vient jusqu’à ce que jouissance s’en suive. Il n’est plus qu’un objet. Ce que j’aime dans cette scène, c’est que cette femme prenne son désir en main, qu’elle veut coûte que coûte l’assouvir. Elle veut ressentir un plaisir qui soit déconnecté de toute autre considération. Elle est puissante, barbare, dévoreuse, affamée. Le lieu exclut tout sentiment, tout prolongement. L’homme n’est pas en mesure de lui offrir ne serait-ce qu’un soupçon de tendresse. Même le peu qu’elle lui demande, il est incapable de lui donner. A la réflexion, je suis satisfait qu’il se soit contenté de souiller son slip.
Mais comme nous tous, elle a besoin d’amour et de tendresse.

mardi 13 juillet 2010

Comme un ver



"La chair est triste hélas". C'est, comme Stéphane, ce que je me dis parfois. Mais contrairement à lui, je suis persuadé qu'il me reste des livres à lire. Elle peut être flasque et ne pas donner envie. En tout état de cause, je n'aime pas quand elle s'expose, quand elle se donne à voir. Lorsque le matin je m'aperçois subrepticement dans la glace, je suis convaincu que l'imagination est indispensable. Pour ce qui me concerne, j'ai commencé à me regarder avec attention dès l'instant où le temps m'a poussé sur la pente d'une lente dégradation. C'est comme si j'étais passé à côté de moi pendant ma jeunesse.

Il y a des matins où je fais semblant de ne pas me voir. Ce que j'évite autant que faire ce peut, c'est de me voir de profil qui n'est pas trompeur. Quand je me regarde de face, c'est comme si j'avais donné des coups de gomme ici et là. C'est une vision à deux dimensions. A deux, c'est aussi comme cela que les livres se lisent.

lundi 12 juillet 2010

Ca rend sourd



Je me demandais pourquoi notre président n'entendait plus les français. La réponse est sur la photo qui nous montre Nicolas au concert d'AC/DC au stade de France. Poussant le bouchon un peu loin, il n'a pas pu le mettre.

jeudi 8 juillet 2010

Il le fallut

J'ai découvert, au détour d'une lecture, que j'étais un phallophore. Pour être plus précis, je savais que je l'étais mais j'ignorais cette appellation. Si je sais depuis de nombreuses années que je le suis, cette réalité ne m'est pas apparue depuis le premier jour. Je ne saurais pas dater cette prise de conscience. C'est une réalité qui s'est bien sûr imposée à moi sans que, dans un premier temps, cela ne prenne pour autant dans mon esprit la forme d'une particularité.
Je suis un phallophore à vie et peut-être même par delà la mort. C'est un état qui n'évolue pas même si le temps modifie le corps et chacun de ses éléments.

mardi 6 juillet 2010

Par ici la...




"C'est tout à leur honneur d'avoir tiré les conclusions de ces incidents, ces maladresses qui mettaient en difficulté le gouvernement... Il s'agit là de maladresses, pas de malversations."

Ci-dessous quelques réactions de membres de la majorité.

«Je salue le sens de la responsabilité de Christian Blanc», qui «manquera au Grand Paris». «Il avait une vraie vision d'avenir de l'aménagement de la région parisienne. Il était un remarquable maître d'œuvre de ce grand projet présidentiel, qu'il aura porté avec succès sur les fonts baptismaux».

«Alain Joyandet et Christian Blanc avaient commis des maladresses» mais le fait qu'ils en «tirent les conséquences et démissionnent: cela les honore»

Alain Joyandet a été «mis en cause de manière insupportable» et a été «l'objet d'attaques incessantes et d'amalgames».

Que pourrions nous en conclure? Qu'ils ont le sens de l'honneur, le sens de l'Etat, le sens du service public, le sens de l'intérêt général, le sens de la mesure, le sens du ridicule, le sens interdit? Comme le chantait Alain Bashung "Vos luttes partent en fumée".