samedi 12 janvier 2008

De tous les français



Voici un témoignage d'une touchante sincérité d'un militant socialiste adepte de l'ouverture. Jack nous t'écoutons, c'est à toi.

"Je n'ai pas voté pour Nicolas Sarkozy pour qu'il fasse la campagne des élections municipales mais pour qu'il travaille pour notre pays, d'autant qu'il nous a dit qu'il était le président de tous les français, ce que je veux croire.
Je n'ai pas voté pour la majorité pour que les membres du gouvernement consacrent leur temps aux municipales mais pour qu'ils travaillent pour notre pays, car si j'ai bien compris, notre pays a de nombreux problèmes qu'il faut résoudre de façon urgente.

Je suis de ceux qui ont compris que notre président et sa majorité avaient raison et que c'est fort judicieusement que souvent ils nous disent "Je vais vous dire la vérité". Mais d'un sens, comme nous avons bien compris qu'ils détenaient la vérité et ce pour notre bien, il serait aussi bien qu'ils arrêtent de le dire sinon nous allons finir par en douter, comme si eux-mêmes n'en étaient plus certains. Cette vérité est parfois comme un clou qui s'enfonce dans ma tête, mais comme le dit notre président "La vérité est parfois douloureuse à entendre". Ainsi en était-il lorsqu'il me fit découvrir que je n'étais pas moderne et que j'étais un tenant du conservatisme. J'ai longtemps, conservateur que j'étais, contesté les projets de réformes de Nicolas. Notre président nous a apporté la modernité dynamique. C'est vrai que parfois, c'est tellement dynamique que j'ai du mal à suivre ce qui explique sûrement pourquoi il y a une nouvelle loi sur le pouvoir d'achat tous les deux mois. C'est aussi certainement la raison pour laquelle, tous les quinze jours,
notre président fait un discours pour nous expliquer ce qu'il voudrait faire.

Je ne veux pas vous retenir plus longtemps mais je souhaite teminer par ces mots de Takahama Kyoshi:
Le cri du premier corbeau
surprend l'aube
au dessus des bordels"

Merci Jack. J'ai le sentiment que nous serons amenés à vous retrouver prochainement.

J'aurais tant aimé (erratum)




Après discussion en famille, il s'avère que j'ai commis une erreur d'interprétation. Le héros est un fourbe. Il fait croire à ses parents qu'il va s'inscrire à Harvard alors qu'il n'en a pas le moins du monde l'intention.

J'ai peut-être trouvé ce qui explique pourquoi je ne suis pas entré dans ce film, "Into the wilde", en plus du reste. Le héros n'entre pas dans sa vie. Il passe son temps à en sortir. Vous allez me dire que tel est le sujet du film. N'est pas le héros celui que l'on croit.
Le héros officiel ne provoque en moi aucune émotion. Il refuse la possession mais ne se donne pas aux autres. Vous allez me dire, et vous me dites beaucoup de choses, que ce n'est pas le film que je n'aime pas, c'est le héros.

Je ne vais pas en ajouter des tonnes. Souvenons nous de Jeremiah Johnson, Easy Rider...

vendredi 11 janvier 2008

J'aurais tant aimé



Hier soir je suis allé voir "Into the wilde" film de Sean Penn. J'étais dans de bonnes dispositions et muni d'un à priori favorable malgré le petit bonhomme rigolard de Télérama. J'étais parti pour aimer ce film. En règle générale, j'ai envie d'aimer les fims que je vais voir. Comme aime à le dire un de mes beaufs, un film, tu entres ou tu n'entres pas dedans. Il faut voir derrière cette expression triviale la volonté de s'abandonner, de se laisser porter par l'histoire, de suivre le chemin tracé, l'envie de disparaître, de se fondre, parfois de s'identifier au héros et de succomber au plaisir de l'histoire que l'on nous raconte.

L'environnement était favorable. Grande salle, grand écran, bon son, bonne copie, des spectateurs silencieux, bon fauteuil permettant d'allonger les jambes.

Vingt quatre heures se sont écoulées. Vous allez me dire "Attends un peu mon p'tit gars avant de donner ton avis. Laisse décanter". Je vais commencer par vous raconter l'histoire. Comme ce n'est pas un polar, cela ne vous empêchera pas d'aller le voir. Je ferai simplement l'impasse sur la fin.

L'action se déroule aux Etats Unis d'Amérique. Nous sommes invités à suivre le parcours initiatique d'un jeune garçon qui vient d'obtenir son diplôme universitaire, ce qui n'a rien à voir avec "Le lauréat". On peut penser que bon an, mal an, il a jusqu'à ce jour suivi le chemin qui lui était tracé. Il prend même l'initiative de le prolonger par lui-même quand il annonce à ses parents et à sa soeur qu'il a pour projet d'aller à Harvard. C'est un point d'équilibre. On peut imaginer une photo prise à cet instant. Elle fixerait le dernier instant du bonheur familial. Bien sûr, cette représentation serait un mensonge, une dissimulation. Compromis, renoncement?

Et puis, pour une sombre histoire de voiture neuve, qui est la goutte du détonnateur de l'étincelle, le héros abandonne le chemin. Le fait qu'il soit cultivé, sensible, profond, respecteux en fait un américain atypique. Il refuse que sa vie ne soit guidée que par la possession. Il décide de partir et laisse sa famille dans l'ignorance de son projet, son chemin devant le mener en Alaska. Au cours de son périple qu'il accomplit en partie à pieds, il rencontre divers personnages, lie des amitiés, frôle l'amour et atteint l'Alaska. Je vous la fais rapide.
Nous avons le droit aux beaux et grands paysages de la nature sauvage qui impose sa loi. On ne rigole pas avec la nature.

J'aurais tant aimé aimer ce film, j'aurais tant aimé entrer dedans. A l'évidence Sean Penn s'est donné du mal pour faire les choses bien. On sent qu'il est honnête, qu'il a donné le meilleur de lui-même. Malgré tout, ce film m'a laissé indifférent. J'ai ressenti ce film comme une autoroute truffée de panneaux lumineux nous rappelant de façon régulière les messages de l'auteur, au cas où ils nous auraient échappé. L'impression que Sean Penn a eu peur de mal faire et qu'il a suivi le chemin balisé par les standards du genre. C'est un film sérieux, rigoureux et, à y réfléchir, conservateur et bien pensant.

J'aurais tant aimé




C'est nono c'est Noël


C'est avec un peu de retard que vous trouverez ci-dessous un compte rendu du Noël qui a été organisé par le secours populaire pour les personnes qui se retrouvaient seules, isolées ce soir là. Le texte est écrit à la première personne pour lui donner une tournure journalistique, c'est du moins comme ça que j'imagine ce type de tournure.


Le Secours Popul’air de fête

Il était une fois ...la vie, notre vie est faite de ces parenthèses qui nous font voir les choses autrement.

J’étais donc prêt à vous raconter une histoire qui commençait en fin d’après-midi, place Saint Julien un 24 décembre. Nous sommes quatre comme les trois roi mages, guidés par l’envie de faire plaisir, de faire cadeau de notre temps.

Comme cette introduction vous le laisse deviner, c’est un conte de Noël, donc nécessairement enrubanné de bons sentiments, scintillant de bonne volonté et parfumé de sourires bienveillants.

Nous voici donc partis, dans notre carrosse à six roues et aux multiples chevaux, pour, de rendez-vous en rendez-vous, accueillir nos hôtes qui, n’ayant comme nous rien de mieux à faire en cette soirée, étaient en quête de lumière pour que cette nuit éclaire leur mémoire.

Ils sont montés, enfants, parents, femmes et hommes seuls. Et c’est ainsi qu’après le dernier arrêt, nous étions presque au complet. Ce presque a le goût de l’amertume. Je ne pouvais m’empêcher de penser à tous les presque pour qui le 24 ne serait pas le numéro gagnant même si mon voisin me faisait remarquer que nous ne sommes pas indispensables au bonheur des autres.

Voilà que la diversité de notre pays entamait la dernière étape vers Elbeuf, car nous allions fêter Noël à Elbeuf, le rêve de toute ma vie. Tout petit déjà... Il avait fallu attendre plus de deux mille ans pour que cela se produise. Sur le visage de nos passagers pouvait se lire la solennité du moment, l’intensité d’une pudique retenue à plonger dans le bonheur.

Ensuite tout s’est enchaîné. Tel le petit Jésus, Alain, que nous avions perdu dans les ondes de la nuit, nous est apparu en pleine lumière pour, de son anxieuse détermination, nous rassurer sur le bon déroulement de la soirée. Ils étaient en effet tous là, le service d’ordre, les portes, les lumières, le vestiaire, les serveurs, le père Noël, le magicien, les maquilleuses, le monsieur Loyal, la personnalité représentative du canton et la scène.

Après avoir fait disparaître les derniers reliefs des différents plats et laissé quelques fourmis sur la piste de danse, petits et grands, comme disait Jean Noain que les moins de cinquante ans..., chacun reçut un cadeau.

Après être tous remontés dans le car, j’ai compté et recompté, nous sommes repartis, laissant la lumière derrière nous. Si nous avons vu des sourires, entendu des rires, vu des enfants courir, nous ne pouvons oublier que nous n’avons fait qu’étirer le temps entre le passé et l’avenir pour y glisser le partage, la solidarité, pour nous rapprocher. Je garde à l’esprit l’image de cette mère seule repartant, dans la nuit, avec ses quatre enfants. Comme me disait mon voisin, ce n’est pas tous les jours Noël !

mercredi 9 janvier 2008

Chronique du matin

J'ai constaté avec surprise que la dernière chronique du matin remontait au 7 octobre dernier. D'autres ont été publiées depuis mais elles appartiennent à la sous-catégorie "plaisirs" qui est à la chronique du matin ce que la circulaire est à la loi (peu clair).
Lors de la dernière chronique je me suis laissé au rez-de-chaussée, entre deux portes, à gauche celle des toilettes et à droite celle de la cuisine. Je suis donc à nouveau face à un choix dont les deux termes ont à voir avec les exigences du corps. Pour tout vous dire, j'effectue toujours le même choix. Je pénètre dans la cuisine. Ce choix, qui dans la réalité n'en est pas un, doit répondre à l'exigence "toute décision se couple avec une action en cours". Un exemple pour vous faire comprendre.
J'entre dans la cuisine, j'allume la lumière, là encore c'est un choix mais je ne m'y attarde pas. Je saisis la bouilloire, la remplis, la repose sur son socle, appuie sur le bouton. Il y a bien sûr des matins où j'oublie d'appuyer sur le bouton ce qui est d'ailleurs curieux. Si je dépose la bouilloire sur son socle c'est pour obtenir de l'eau chaude et pour ce faire je sais que je dois appuyer sur le bouton, alors pourquoi vais-je oublier, qu'est-ce qui distingue un matin où j'oublie d'un matin où j'y pense. Puis-je déceler un signe annonciateur qui me permette de me dire "Attention mon p'tit gars, toi t'es parti pour oublier d'appuyer sur le bouton."

Je reprends donc l'explication de "toute décision se couple avec une action en cours". Pendant que l'eau est partie pour bouillir, je vais, par exemple, aux toilettes. Si à mon retour, l'eau n'est pas encore prête, je sors les bols et tout le toutime. Ensuite, je verse l'eau et pendant l'infusion je vais me raser et ainsi de suite. C'est en quelque sorte comme si je me conformais à un cahier des charges. On peut dire que je suis certifié ISO 9999. Je fonctionne en juste à temps.

A l'aise



Il y a quelque temps de cela, je vous avais invité à participer à un jeu qui consistait à me donner le nom du propriétaire d'une paire de savates quelque peu défraîchies, jeu dont le premier prix était, je vous le rapelle, un voyage d'un mois pour deux aux Etats Unis. A ma grande surprise, je n'ai reçu qu'une réponse, celle de ma femme. Le règlement étant très strict sur ce point, ce prix ne pourra être remis en jeu et sera donc, à mon grand regret, remis à l'unique participante en présence de maître Jaunace, huissier de justice.

Vous aurez remarqué ci-dessous que le propriétaire de celle du dessus a fait l'acquisition de nouvelle savate, tout fier qu'il était, de me les montrer. Il est à noter qu'en cette période de prise de conscience écologique, l'heureux propriétaire des savates neuves a transmis les anciennes à son fils aîné qui lui même... Le patrimoine est aussi citoyen.

Afin de prolonger le plaisir, je me suis livré à une étude comparée des deux paires de savates.
Sur la photo ci-dessus on peut remarquer que le gros orteil du pied droit ressort de façon significative, alors que le gauche, comme timoré, ne montre que le strict minimun. J'en ai ainsi conclu que la savate droite était trop petite car le corps humain n'engendre jamais de telles différences pour deux membres de même nature (je voulais enchaîner avec une grosse blague salace mais je n'ai pas trouvé la bonne tournure. Je devine votre déception.). Par contre, si vous observez avec attention la nouvelle paire, vous remarquerez que cette fois, c'est la savate gauche qui est trop petite, le talon du pied gauche reposant pour partie sur le carrelage.

Il ne vous aura pas échappé par ailleurs que sur la photo du haut, l'heureux propriétaire des savates porte un pantalon manifestement trop grand pour lui, alors que sur celle du bas, il est légitime de se demander si il n'a pas échangé ses vieilles savates contre le pantalon de son fils.

A la lumière de tous ces enseignements, j'ai décidé de lancer une souscription afin que A.D, c'est un indice, puisse, à l'avenir, faire l'acquisition de vêtement à sa taille.

vendredi 4 janvier 2008

Boomerang



Il est fort possible que cette information ait échappé à la majorité d'entre vous. Il est vrai que notre soif de savoir ne sait où donner de la bouche tant les sources sont nombreuses.

Vous n'êtes pas sans savoir que, tel le vent soufflant sur les grains de sable, sans cesse le désert de la misère avance. Selon les continents, selon les pays, elle est plus ou moins discrète. Si l'on prend l'exemple de la France, nous n'ignorons rien d'elle. Comme tout pays développé nous disposons d'outils statistiques qui nous permettent de connaître les moindres détails concernant nos pauvres et ce depuis des dizaines d'années. Nous sommes capables, sur simple demande, de connaître les carences alimentaires des pauvres et leurs conséquences comme le nombre de caries dentaires par pauvre, le nombre de mètres carrés par squat... Ces ressources statistiques sont devenues un patrimoine que le monde entier nous envie.

Notre pays n'ayant rien à cacher, ces précieuses données peuvent, à l'aide des moyens modernes de communication, nous ne smmes pas à l'abri d'une utilisation malhonnête du remarquable travail de nos statisticiens.

C'est ainsi qu'il y a quelques jours, les membres d'une association caritative africaine tchado-somalienne, dénommée le radeau de la cambuse, je vous laisse apprécier l'humour, ont été interpellés au moment où ils allaient quitter le territoire français à bord d'un avion dans lequel avaient pris place 200 enfants. Le directeur de cette association a, au cours de sa garde à vue, affirmé qu'il agissait dans le cadre d'une mission humanitaire dont l'objectif était de faire recueillir par des familles africaines des enfants français dont les familles sont trop pauvres pour subvenir à leur besoins vitaux, étant bien entendu que ces enfants seraient rendus à leurs parents dès l'instant où la situation en France serait normalisée.

Après enquête de la police de l'air et des frontières, il est apparu que ces enfants n'étaient pas français mais de diverses autres nationalités, mettant en évidence que cette association avait trompé les autorités françaises.

En réponse à ces accusations, le directeur du radeau de la cambuse, M Jéricho, on croit rêver, a argué qu'il avait été trompé par un intermédiaire local qui aurait été identifié comme étant le responsable d'une officine spécialisée dans le transport de clandestins par charter. Selon nos sources, l'identité de cet individu ne ferait plus aucun doute. Il s'agirait du dénommé Brice Hortefeux.

jeudi 3 janvier 2008

Plaisir (délicieux) 2ème partie



Muni de ma carte bleue et de ma légéreté, je plonge dans cet océan à la surface scintillante. Contrairement à ce que d'aucuns pensent, des puristes, il n'est pas nécessaire de posséder une conscience politique pour être un rebelle de la consommation. Il est par contre important de savoir qu'il est possible que vous finissiez par en acquérir une. Au début, elle pourra vous paraître encombrante, contraignante, rabat-joie, pourvoyeuse de mauvaise conscience. Rassurez-vous, on en prend vite la mesure. La conscience politique est comme toute chose, flexible et adaptable.

En règle générale, si j'ai le choix, je préfère être rebelle en centre ville car les centres commerciaux ont comme premier effet de me déprimer. J'ai rapidement l'impression d'être Patrick McGoohan dans le prisonnier, surveillé par les caméras et au moment de quitter le centre commercial, sourire aux lèvres, un gros ballon blanc engloutit ma voiture et je me retrouve cloué dans un fauteuil face à un écran sur lequel je me vois déambuler dans les rayons pendant que, dans mon dos, une voix me dit "Voyez-vous, numéro cinq, vous êtes libre, libre de ne pas acheter mais nous ne pouvons pas vous laisser dans l'illusion de la satisfaction qu'apporte cette liberté. Nous n'avons pas aménagé des milliers d'hectares, construit des centaines de magasins, aménagé des dizaines de kilomètres de rayons, rassemblé des millions de produits pour que, ne serait-ce qu'un seul individu, puisse rentrer chez lui heureux de n'avoir rien acheté".

Je suis donc en centre ville et je passe d'un magasin à un autre, d'un rayon à un autre. Je prends le temps de comparer,je demande au vendeur si il y la taille supérieure, si le modèle existe en rouge, je demande où se trouve la cabine d'essayage, je sollicite l'avis de la vendeuse que je préfère à celui du vendeur et j'aime l'entendre me dire "Tournez-vous pour voir. Non, je vous assure, il tombe très bien. Sinon, j'ai ce modèle qui nous est rentré de ce matin". Ce que je viens de vous décrire correspond à la première fois pour ceux qui aiment le risque et pour ceux qui ont besoin de prendre de l'assurance, il est préférable d'attendre avant de se lancer dans un test grandeur nature. Si vous craquez, surtout ne renoncez pas, toute tentative est un pas vers le plaisir.

Une fois cette étape passée, une fois m'être prouvé que je peux résister, je marche simplement dans les rues pour retrouver cette sensation de légèreté, comme si je reprenais ma destinée en main et je peux, de façon ostentatoire, ne pas consommer.

samedi 29 décembre 2007

Plaisir (délicieux) 1ére partie



Il est aujourd'hui aisé d'être un rebelle doublé d'un pervers. Les interdictions et les obligations foisonnent. Par exemple, un bon citoyen est un citoyen qui consomme, qui profite de toutes les heures d'ouverture des magasins, samedis, dimanches, nocturnes, jours fériés. Le citoyen de notre république laïque prie, prie pour que les magasins soient encore ouverts, prie pour que les stocks ne soient pas épuisés comme lui peut l'être en cette fin de journée où, anxieux dans l'ascenseur qui le ramène au parking (moins deux ou moins trois, allée rouge ou verte?), il récapitule à voix haute ce qu'il a acheté, associant chaque achat à un prénom tout en guettant le signe de tête approbateur de son conjoint (je te préviens, je n'y retourne pas!).


Il m'arrive donc parfois d'endosser le rôle du rebelle, ce qu'en temps normal je ne suis pas. La meilleure période est bien sûr celle de Noël mais le samedi est tout au long de l'année un moment propice à l'expression de la rebellion. Le centre ville (et non le centre bourg) et le centre commercial (et non la supérette et son kiosque à journaux) sont les lieux à privilégier si l'on souhaite retirer toute la satisfaction qu'une telle démarche recelle en son sein. Je vous concède que c'est avant tout un plaisir solitaire mais qui, contrairement à d'autres (les hommes me comprendront), est un plaisir qui se prolonge avec une égale intensité.

Il s'agit donc, pour le citoyen de notre laïque république, de traverser les temples et autres cathédrales de la consommation et d'en ressortir sans avoir rien acheté. Avantage non négligeable, cette activité peut être exercée par tout un chacun, sans préparation aucune et peut même s'improviser à tout moment de la journée. Deux options techniques sont offertes. Soit vous laissez à la maison, conseillé la première fois, tout moyen de paiement, soit vous vous munissez de votre carte de crédit. Cette deuxième option permet de se dire "si je le voulais je pourrais acheter". Une fois ce choix effectué, il ne vous reste plus qu'à vous glisser dans la peau de Mad Max au pays du consumérisme.

dimanche 23 décembre 2007

Remarquable



Le mercredi 19 décembre 2007 restera à jamais une date fondatrice de la science universelle. Il y a eu la roue, l'écriture, l'imprimerie, la relativité restreinte, la générale, la loi universelle de la gravitation, l'héliocentrisme et ce 19 décembre nous avons eu Jean-Baptiste qui nous a démontré que l'humain est à la science ce que l'oeuf est à la poule.

Pour tout vous dire je suis allé à sa soutenance de thèse avant tout pour lui faire plaisir car l'histoire de la perturbation phonique sur le jet aquatique ne m'a jamais passionné, à telle enseigne que je m'étais muni de mon lecteur mp3, prêt à accomplir ce bienveillant dodelinement de la tête qu'accompagnerait un sourire d'approbation.

Et bien non, je n'ai rien fait fait de tout cela, subjugué que j'ai été dès la première seconde. Jean-Baptiste a bien évidement fait preuve d'une maitrise scientifique et technique mais il a surtout réussi à me captiver, à tel point que sa goutte a fait déborder le vase de ma passion. Et oui, je n'avais d'yeux que pour ce divin docteur. J'avais l'impression que c'était à moi qu'il s'adressait. Chacun des mots qu'il prononçait trouvait sens et, seconde après seconde, complétait le puzzle qui, une fois constitué, transformerait l'énigme en révélation. Jean-Baptiste m'a rendu plus intelligent. Jusqu'à ce 19 décembre, il faisait l'objet de mon admiration. Depuis, toutes choses égales par ailleurs, il partage avec Robert le sommet de mon Panthéon.

Une fois terminée la démonstration, les membres du jury, comme sonnés par l'évidence, n'ont pu, pour certains, que bafouiller quelques critiques balayées avec élégance par Jean-Baptiste, les autres risquant des questions qui, à peine formulées, faisaient l'objet d'une réponse définitive, Jean-Baptiste finissant de mettre k.o cette brochette de mandarins dont les regards traduisaient le respect et l'humilité retrouvée.

Je n'aurais qu'un regret, qu'il n'est pas une fois été fait référence à la goniométrie qui je le concède est une matière ardue mais injustement ignorée. Ainsi, l'angle de propagation de la source phonique a-t-elle une influence sur la nature et l'ampleur de la perturbation du jet, car je le rappelle, il ne faut pas confondre résultat calculé et résultat mesuré.

Pour terminer, il ne m'a pas échappé que la thèse de Jean-Baptiste recélait en son sein un érotisme que ne manquaient pas de confirmer croquis et vidéos.
Chaque mot était une note née des cordes de ton esprit.

Chapeau!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

jeudi 20 décembre 2007

Coupable(s)



Aujourd'hui un témoignage de Martin. Vous en jugerez par vous-même, mais il me paraît un tantinet pleurnichard et moralisateur. Martin, nous vous écoutons.

"Comme peut-être certains parmi vous, dès la nouvelle connue, j'y suis allé franco, sans retenue, j'ai sauté dessus à pieds joints, j'ai fait part de mon indignation, je me suis joint au concert de réprobations. Avec les autres, j'ai jeté la pierre, j'ai crié au scandale. Je tenais mon coupable et je n'allais pas le lâcher. Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de Christine Boutin, était jeté dans la cour des lamentations. Il était coupable et responsable. Dans le domaine du logement, comme dans d'autres, les responsables de la pénurie sont toujours ceux d'avant, ce qui est frustrant pour le citoyen, alors que ceux du moment, eux, vont mettre le paquet et se font fort de rattraper le retard. Il arrive que ceux du moment soient ceux d'avant mais bien décidés à ce que ça change. Si vous leur parlez de ce qui n'a pas été fait par le passé, ils vous répondent que ce qui les intéresse c'est l'avenir et que les français ne les ont pas élus pour parler du passé. Donc je tenais mon coupable.
Bien sûr, il affirmait avoir oublié le montant de son loyer, bien sûr, il justifiait l'avantage dont il bénéficiait par le fait que d'autres, et non des moindres, en bénéficiaient aussi, bien sûr il affirmait le 16 novembre dernier "Qu'aujourd'hui se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être, et que se trouvent dans la rue des gens qui devraient être dans les HLM, je considère que c'est un véritable scandale.", mais le bras droit de la ministre avait bon dos. Nous faisons tous partie de la même société. Election après élection nous élisons ceux qui vont décider et agir en notre nom. Alors je vous propose que nous partagions à due proportion cette culpabilité."

Merci Martin. Bel effort pour nous faire porter le chapeau mais je tiens à rappeler que notre vie est ce que nous en avons fait et que nous sommes tous logés à la même enseigne. Il ne faudrait pas oublier non plus que Nicolas Sarkozy a été élu avec 53% des voix.

mardi 18 décembre 2007

J'ai honte

Depuis quelque temps, je vais au bureau à pied. Comme je suis fonctionnaire et que j'ai le sens de la retenue, je dis au bureau et non au travail. Chemin faisant, ma pensée se nourrit de choses et d'autres, d'autres choses. C'est ainsi que parfois je me sens tout chose jusqu'à devenir petit.
Ce matin, accompagnant chaque pas, ma pensée s'est penchée pendant quelques minutes sur la vie sexuelle de notre président. Je me demandais si, comme c'est le cas pour les autres sujets, il avait mis les choses sur la table.

lundi 17 décembre 2007

Minnie



Ce matin, un journaliste bien informé m'a appris que non seulement Carla Bruni était une artiste de renommée internationale mais qu'en plus elle était de sensibilité de gauche. Moins glamour, il n'a pu s'empêcher de préciser que même dans ce domaine notre président pratiquait l'ouverture.

lundi 10 décembre 2007

Robert et moi (boom limonade 4)



Donc pour pouvoir aborder Hélène dans ce que vous pensez être des conditions favorables, vous avez décidé d'organiser une boom. Vous voici au pied du mur. Comme vous êtes un piètre danseur, vous estimez que le slow est la meilleure porte d'entrée. Vous savez qu'en règle générale ce type de morceau dure de trois à cinq minutes, ce qui, selon les circonstances, peut paraître court ou long. Malgré tout cela vous laisse une fenêtre de tir relativement réduite. Vous estimez que c'est aujourd'hui ou jamais. Vous devez donc trouver un slow qui soit suffisamment long pour que, sans équivoque, soient posés les jalons d'une future relation. Un de vos copains vous a parlé d'un groupe, Led Zeppelin, et d'un super slow, suffisamment long pour s'installer et qui laisse place à l'hésitation. Vous lui avez demandé d'apporter le disque.

Vous avez bien conscience d'être dans la préméditation mais vous avez besoin d'être rassuré, vous avez besoin de croire que c'est en pensant à tout qu'on n'oublie rien, vous avez besoin de croire que vous avez du courage, le courage de dire, le courage de vous tromper, le courage d'avoir un corps.

Toutes les étapes sont ainsi planifiées mais vous avez peur. Vous avez beau creuser en vous, vous ne découvrez pas une once de courage. Par contre vous trouvez toutes les bonnes raisons pour retarder le déclenchement de votre offensive. Hélène, que vous rêvez sur une île, est à portée de regard. Si la vie était plus simple.

Une des caractéristiques de la boom limonade, qui est à la boom matelas ce que le sucre en poudre est à la cocaïne, c'est l'absence d'alcool et l'abondance de boissons sucrées à bulles trônant au milieu des gâteaux au chocolat, des bonbons multicolores que le soleil fait briller en un désespérant camaieu de bonnes volontés.

A défaut de courage, vous vous laissez guider par le désir. Vous avez attendu que ce qui fait office de piste de danse soit garnie pour déposer le disque de votre copain sur la platine et se font entendre les premières notes de "Since have been lovin' you". Il vous faut rejoindre Hélène avant qu'un autre ne l'invite mais sans avoir l'air de vous précipiter. Votre choix doit donner l'impression d'un heureux hasard.

Et vous voilà dansant avec elle mais vous avez oublié un détail.

vendredi 7 décembre 2007

Je hais le téléthon

Je vous livre un point de vue plutôt qu'une opinion de Thierry sur le téléthon. Je tiens à mettre en garde les personnes de coeur que certains des propos qui suivent peuvent choquer les âmes sensibles. Thierry c'est à vous.

"Je hais le téléthon d'une haine viscérale et définitive.

Le téléthon est un énorme gâteau recouvert de chantilly, imbibé de crème, de chocolat, sucré jusqu'à l'écoeurement et qui, poisseux, dégouline jusqu'au sol. Comme on a peur de ne pas en mettre assez, on en met trop.

Quand revient le temps de cette obscène manifestation, je suis comme une bouteille de limonade avec pulpe que l'on aurait secouée. Il faut laisser reposer avant d'ouvrir sinon ça gicle.

Vous allez me dire "Why so much hate?". Je ne supporte pas que l'on exhibe les enfants malades devant la caméra, que l'on se vautre dans les bons sentiments et la bonne conscience. Je ne supporte pas le fait que l'on mette en vitrine les maladies génétiques attendrissantes et propres qui font pleurer les ménagères de moins de quelque chose et qu'on laisse dans l'arrière cour le SIDA qui récolte trois francs six sous et dont les victimes en plus de la maladie doivent au choix supporter l'exclusion, les jugements moraux, l'indifférence, le rejet...

Je suis pour le téléthon si il s'agit de sauver le thon en voie de disparition dans la Méditérranée ou s' il s'agit d'aider les jeunes filles au physique ingrat à bénéficier de la chirurgie esthétique."

Je prends acte de cette contribution mais je tiens à rappeler que Nicolas Sarkozy a été élu avec 53% des voix.

jeudi 6 décembre 2007

Merci Laurent


Aujourd'hui, je vous propose une contribution de Joseph qui exprime une opinion quelque peu extrémiste, qu'un peu de pédagogie devrait ramener à la raison. Mon cher Joseph, nous vous écoutons.

" Il semble qu'il n'y ait rien de plus urgent aujourd'hui que d'augmenter le pouvoir d'achat des français. Nous avons donc un pouvoir, celui d'acheter plus, pouvoir qui se transforme en devoir d'achat. Acheter est devenu un acte civique, un deuxième bulletin de vote. Notre président a-t-il le pouvoir de nous acheter? Sommes-nous devenus des cimoyens de consommer?

Vous allez dire "Encore un donneur de leçon qui a les moyens de s'indigner". C'est vrai, je ne fais pas partie des plus malheureux, bien que, comme le dit fort justement un de mes beaux-frères, on adapte son train de vie à son salaire, ce qui veut dire que, quelque soient les augmentations de salaires, à la fin du mois il manque toujours quelque chose pour faire la soudure. Mais je quitte volontiers le terrain du pouvoir d'achat qui n'est pas le sujet de cette chronique.

Je souhaite vous faire partager les propos de Laurent Wauquiez, porte parole du gouvernement. Il s'exprimait sur le pouvoir d'achat. Comme beaucoup d'hommes politiques de la majorité, il emploie l'expression "On met les choses sur la table" ce qui est prendre le risque de provoquer des déceptions. Cette expression n'est pas utilisée par les femmes. Ensuite, concernant la rémunération des heures supplémentaires exonérées de charges sociales, il précise "Quand un employeur met cet argent-là pour son salarié, personne ne va se servir au passage". Un peu plus loin, il croit pouvoir affirmer "La plupart de ceux qui travaillaient avaient le sentiment qu'on leur reprenait ensuite le fruit de leur labeur, via notamment les impôts et les charges sociales". En deux petites phrases il remet en cause les symboles de la solidarité, de la cohésion que représente l'impôt, cet outil de redistribution des richesses. Dire que "personne ne va se servir au passage" donne un caractère illégitime à l'impôt, l'assimile à du vol. L'injustice supposée de l'impôt est renforcée par l'utilisation de l'expression "qu'on leur reprenait ensuite le fruit de leur labeur". On pense à ce dessin qui représente le tiers-état qui supporte sur son dos le clergé et la noblesse. Une société qui ne repose pas sur la solidarité est une société qui n'a pas de projet, pas d'avenir, qui n'a rien à transmettre. Les propos de Laurent Wauquier sont une brique de plus dans l'édification de l'individualisme".

Bien. Nous remercions Joseph mais je tiens à rappeler que Nicolas Sarkozy a été élu par 53% des français. Il fait ce pour quoi il a été élu. Les choses sont sur la table.

dimanche 2 décembre 2007

Robert et moi (boom limonade 3)

Vous êtes donc dans ce groupe de garçons mateurs hableurs. Vous faites partie de ceux qui se taisent. Vous aimeriez bien vous mêler à la conversation mais vous manquez de confiance en vous. Votre vocabulaire technique est limité et vous n'êtes pas certain d'en connaître la signification exacte et rien n'est pire que d'être la risée de ceux qui "savent". Les initiés qui se lancent des regards entendus qui vous maintiennent dans l'enfance comme à la piscine où est toujours présent un "en avance sur son âge" pour vous maintenir la tête sous l'eau.

Cela fait quelques semaines que vous l'avez repérée. Appelons la Hélène. Au début, vous n'y avez pas apporté une attention particulière. Elle occupait un espace dans la classe mais plutôt comme une silhouette. Et puis un jour, couché sur votre lit, à la recherche d'un fantasme instantané, sans trop savoir pourquoi, vous passez en revue les "filles" de votre classe. Des visages défilent et le diaporama s'arrête sur la photo d'Hélène. Vous glissez ailleurs, votre main droite retombe sur le couvre lit en tricot amoureusement confectionné par votre grand-mère. Hélène! Vous essayez de fixer son visage en fermant les yeux. C'est ainsi que vous vous trouvez amoureux.

Plaisir, douceur et souffrance. Chaque jour est celui qui vous donnera le courage de lui parler. Mais pour lui dire quoi? Pendant les cours, vous la regardez, vous lui souriez en espérant qu'elle comprendra, qu'elle viendra vers vous pour prendre votre main. Même si votre main continue de se balancer orpheline au bout de votre bras, vous avez l'impression qu'elle a compris. Vous n'avez surpris aucune manifestation tangible d'un quelconque intérêt à votre égard mais l'indicible naissance de ce qui n'est encore qu'une onde vous rend plus léger. Après avoir espéré un miracle, vous allez devoir faire un geste. L'idée de lui écrire est rapidement éliminée. Vous en êtes encore au stade où vous voulez lui dire sans utiliser les mots. Votre courage du matin est comme le sable d'un sablier que l'on retourne. Vous allez opter pour une approche physique qui ne vous exposera pas à l'humiliation du refus.

lundi 26 novembre 2007

Droit du sang




Voici le témoignage de Laurence l'insurgée, qui nous fait par de son indignation, de sa révolte, de son refus de l'injustice. Laurence, c'est à vous.

" Je tiens ici à exprimer mon indignation, à vous faire part de mon refus du conservatisme, à affirmer ma farouche volonté de combattre les idées reçues, à fustiger l'obscurantisme que l'on voudrait nous imposer comme une valeur universelle. Je vous le dis tout net, nous en avons assez des donneurs de leçons. Je dis nous car je ne suis pas seule. Nous avons jusqu'ici fait preuve d'une bienveillante et compréhensive patience. Nous avons toujours accepté la discussion, respecter les différents points de vue même si nous ne les partagions pas. Nous avons toujours eu le souci d'écouter, d'entendre, de comprendre les arguments, car, contrairement à ce que j'entends ici ou là, nous sommes pour le débat d'idées, pour les échanges francs et constructifs qui nous enrichissent mutuellement et sont l'honneur de notre société.

Pour autant il faut savoir faire la part des choses et avant tout il faut savoir rester modeste. Nous ne pouvons, au risque d'être contreproductifs, nous ériger en donneurs de leçons car nous-mêmes ne sommes exempts de tout reproche. Nous nous devons de prendre en compte la sensibilité de nos interlocuteurs qui ont vocation à devenir nos partenaires. Des relations équilibrées reposent sur la confiance, la non ingérence et le respect de l'autre, de sa culture, de ses aspirations. Même si le souci de la franchise doit guider nos propos ils ne doivent pas humilier mais concourir à l'établissement d'une relation durable et équilibrée.

Alors, bien sûr, il y aura toujours de beaux esprits pour trouver à redire, qu'on en fait trop, qu'on en fait pas assez, qu'il ne fallait pas y aller. N'en déplaise à ceux qui s'érigent en conscience et s'auto-proclament défenseurs de l'humanisme, j'approuve sans réserve le voyage en Chine de notre président. Si notre pays n'avait pas vendu ses avions et ses centrales nucléaires, d'autres, moins scrupuleux que nous ne le sommes, l'auraient fait à notre place. L'histoire montre que démocratie et développement économique vont de pair, car ne nous y trompons pas, les droits de l'homme progressent en Chine même si c'est de façon imperceptible. Les moralisateurs auront beau jeu de dénoncer la peine de mort, les arrestations arbitraires, l'absence des libertés fondamentales, l'exploitation des ouvriers, les conditions de travail, le soutien financier, politique et militaire à d'autres dictatures. Notre président sait tout cela et il s'est fait fort de le rappeler à ses interlocuteurs en mettant sur la table l'ensemble des dossiers et ce sans concession. Notre président sait que la démocratie finira par s'établir en Chine, mais qu'il faut du temps et la patience n'est pas la moindre des qualités de ce grand peuple que sont les chinois qui sait pouvoir compter sur notre soutien".

Merci Laurence. Il est parfois nécessaire que les choses soient dites et bien dites. La vérité doit avoir droit de cité.

vendredi 23 novembre 2007

En un mot comme en cent


C'est avec fierté que je vous présente la centième chronique sortie de mon cerveau. Afin de récompenser mes fidèles lectrices et lecteurs, je vous propose de gagner l'original de cette chronique dédicacée par son auteur. Pour ce faire, il vous suffit de répondre à la question suivante : à qui appartiennent les pantoufles ci-dessus?

J'aimerais écrire une chronique par jour mais je dois vous avouer que je suis parfois victime de coup de mou, victime d'une volonté qui s'effiloche et disparaît entre les coussins du canapé sur lequel je m'allonge pour regarder la télé. A chaque fois, la mauvaise conscience se refléte dans l'écran comme un message subliminal que vous m'adresseriez "Que fais-tu, affalé comme un veau, corps sans cerveau au regard qui s'emplit d'images qui finissent par se perdre dans les méandres de l'oubli". Je prends alors conscience que je me fourvoie sur le chemin de la facilité, du renoncement, que les images sont l'acide qui ronge mots et idées qui sont nos liens qui, si je n'y prends garde, vont se dissoudre dans le flot de la médiocrité. La honte alors m'envahit et je prends la résolution de ne plus sombrer dans les eaux fangeuses du renoncement.

Mais chaque soir, je passe à proximité du canapé. Alors, comme une planète à proximité d'un trou noir, je me laisse attirer. Comme si j'étais certain de dominer la situation, je "décide" de simplement m'asseoir. Je suis dans la situation de l'enfant qui a une tablette de chocolat et qui se jure qu'il ne mangera qu'un carré.

J'ai honte.

mercredi 21 novembre 2007

Robert et moi (boom limonade 2)

Comme il se doit, la mère de famille insiste pour que la salle soit bien décorée. Nappes, petits bouquets de fleurs, serviettes en papier festives, agencement artistique des bouteilles de soda et des gâteaux. Vous naviguez entre la honte et la haine qui va se prolonger tout au long de la boom. La mère de famille se fait un plaisir d'accueillir tous les invités les gratifiant au passage d'un enjoué "Amusez-vous bien les enfants mais ne faites pas trop les fous". Ensuite, elle ne pourra s'empêcher d'intervenir régulièrement pour voir si tout va bien, pour préciser qu'il reste du coca dans le frigo, pour remettre un peu d'ordre sur les tables, pour embrasser son grand fils qu'une telle attitude emplit de désespoir.

Mis à part cette pollution affective, la boom limonade se caractérise par la stratégie de l'attente niaise. Au début, les filles forment un groupe homogène que ne quittent pas des yeux les garçons. Les filles minaudent et les garçons rient très fort. Ils évaluent, notent, faisant le tri entre les envisageables et les "faute de mieux". Vous faites peut-être partie de ceux qui jusqu'à ce jour n'ont fait que regarder, espérant secrètement qu'elle ferait le premier pas. Elle est là dans le groupe de filles. Vous la regardez le plus discrètement possible mais bien décidé à tenter quelque chose. Comme toujours dans un groupe de garçons, il y a ceux dont vous êtes persuadé qu'ils ont fait le grand saut et qui font tout pour vous conforter dans cette idée.